Il était grand, de teint sombre, et portait sur le visage une marque de variole. Généreux et loué pour ses qualités, il aimait les poètes et leur accordait d’abondantes sommes d’argent. Il laissa derrière lui six fils.
Après lui, son frère ‘Abd Allâh ibn Muḥammad prit la succession. Sous son règne, al-Andalus fut en proie à de nombreux troubles et maux, jusqu’à sa mort, comme il sera mentionné plus loin.
[Parmi les notables décédés cette année-là]
Abû Bakr Aḥmad ibn Muḥammad ibn al-Ḥajjâj (1), al-Marrûdhî, disciple de l’imâm Aḥmad. Il comptait parmi les érudits sagaces ; l’imâm Aḥmad le plaçait au-dessus de tous ses compagnons, se sentait à l’aise en sa présence et l’envoyait régler diverses affaires en lui disant : « Dis ce que tu veux. » C’est lui qui ferma les yeux de l’imâm Aḥmad après son décès et participa également à ses funérailles. Il transmit de nombreux propos et jugements attribués à l’imâm Aḥmad, et acquit un grand prestige (2). Cinquante mille hommes le suivirent jusqu’à Sâmarrâ lorsqu’il voulut partir en expédition.
Aḥmad ibn Muḥammad ibn Ghâlib (3), fils de Khâlid ibn Mirdâs, Abû ‘Abd Allâh al-Bâhilî al-Baṣrî, également appelé « Ghulâm Khalîl », résida à Bagdad. Il apprit auprès de Sulaymân ibn Dâwud al-Shâdhakûnî, Shaybân ibn Farukh, Qurrat ibn Ḥabîb et d’autres encore. Ibn al-Sammâk, Ibn Makhlad et bien d’autres ont rapporté de lui. Abû Ḥâtim et d’autres lui ont reproché d’avoir transmis des hadiths réprouvés, issus de maîtres inconnus. Abû Ḥâtim (4) déclara toutefois qu’il ne faisait pas partie de ceux qui les inventaient volontairement, ajoutant qu’il était un homme pieux. Abû Dâwud (5) et d’autres l’ont cependant accusé de mensonge. Ibn ‘Adî (6) rapporta ensuite qu’il aurait reconnu avoir fabriqué des hadiths afin d’attendrir le cœur des gens.