Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis survint l’année deux cent soixante-quinze (275). Au mois de Muḥarram de cette année, un différend opposa Ibn Abī al-Sāj à Khumārawayh, et ils s’affrontèrent près du col d’al-ʿUqāb (1), à l’est de Damas. Ibn Abī al-Sāj fut vaincu et prit la fuite. Ses approvisionnements se trouvaient à Ḥimṣ (Homs) : Khumārawayh envoya alors des hommes qui l’y précédèrent, saisis ces biens et l’empêchèrent d’entrer à Ḥimṣ. Ibn Abī al-Sāj se dirigea vers Ḥalab (Alep), et Khumārawayh le poursuivit (2). Il partit ensuite pour ar-Raqqa, toujours talonné par Khumārawayh, puis gagna Mossoul dont il s’enfuit à son tour, craignant l’arrivée de Khumārawayh. Celui-ci parvint jusqu’à Balad, où il fit installer un trône aux pieds très hauts, d’où il avait coutume de s’asseoir sur l’Euphrate.

À ce moment, Isḥāq ibn Kundājīq le convoita également (3) et marcha à sa suite pour tenter de le surprendre, sans y parvenir. Ils s’affrontèrent un certain jour : Ibn Abī al-Sāj fit preuve d’une grande endurance et en sortit indemne ; il se rendit alors auprès d’Abū Aḥmad à Bagdad. Celui-ci l’honora, lui offrit une robe et l’emmena avec lui dans les régions montagneuses. Quant à Isḥāq ibn Kundāj, il retourna dans les provinces de Diyār Bakr et Muḍar, situées dans la Jazīra.

La même année, au mois de Shawwāl, Abū Aḥmad al-Muwaffaq fit emprisonner son fils Abū al-ʿAbbās al-Muʿtaḍid dans la résidence princière. La raison en était qu’il lui ordonna de partir sur un certain front, mais qu’al-Muʿtaḍid refusa de s’y rendre, réclamant plutôt la Syrie (Shām) que son oncle al-Muʿtamad lui avait confiée. Abū Aḥmad se mit en colère et commanda son incarcération. Les émirs se révoltèrent alors et Bagdad sombra dans le tumulte. Al-Muwaffaq enfourcha sa monture et se rendit au Maydād (4), en s’adressant au peuple : « Pensez-vous qu’il puisse exister quelqu’un de plus soucieux que moi du bien de mon fils ? » À ces mots, les gens se calmèrent et regagnèrent leurs demeures. Peu après, il fut relâché. Louange et reconnaissance à Dieu !

La même année, Rāfiʿ (5) s’attaqua à Muḥammad ibn Zayd, frère de Ḥasan ibn Zayd al-ʿAlawī, et s’empara de la ville de Jurjān. Muḥammad ibn Zayd s’enfuit à Istarābādh, mais fut assiégé deux ans durant, et les prix grimpèrent à tel point qu’on y vendait une once de sel pour deux dirhams. Finalement, Muḥammad ibn Zayd s’échappa de nuit jusqu’à Sāriya. Par la suite, Rāfiʿ lui ravit de nombreux territoires, et cela dura de longues années (6).

Au mois de Muḥarram ou de Ṣafar de la même année, al-Mundhir ibn Muḥammad ibn ʿAbd al-Raḥmān [al-Umawī] (7), souverain d’al-Andalus, mourut à l’âge de quarante-six ans, après avoir régné un an, onze mois et dix jours.

(1) «Thaniyyat al-‘Iqāb» : un col surplombant la Ghōṭa de Damas, emprunté par celui qui se rend de Damas à Ḥimṣ. (2) Dans l’édition Ṭ : «fa-man‘ah», alors que nous avons retenu la lecture de B, Ẓā, et d’Ibn al-‘Athīr (7/429). (3) C’est-à-dire la convoitise à l’égard d’Ibn Abī al-Sāj. Le détail se trouve dans al-Kāmil d’Ibn al-‘Athīr (7/430). (4) Dans les éditions ʾĀ et Ṭ : Baghdād. (5) Il s’agit de Rāfi‘ ibn Harthama. (6) Al-Kāmil d’Ibn al-‘Athīr (7/434). (7) Ajout provenant des éditions Ṭ et d’Ibn al-‘Athīr.
[ثم دخلت سنة خمس وسبعين ومئتين] في المحرم منها وقع الخُلْف بين ابن أبي الساج وبين خُمَارَوَيه، واقتتلا عند ثَنِيَّة العُقاب (١) شرقي دمشق، فغُلِبَ ابن أبي الساج وانهزم، وكانت حواصله بحمص، فبعث خُمَارَوَيْه مَنْ سبقه إليها فأخذها، ومنع منه حمصَ، فذهب إلى حلب، فتبعه (٢) خُمَارَوَيْه، فسار إلى الرَّقَة، فاتبعه، فذهب إلى الموصل، ثم انهزم منها خوفًا من خُمَارَوَيْه، ووصل خُمَارَوَيْه إلى بَلَد، واتخذ له بها سريرًا طويل القوائم، فكان يجلس عليه في الفرات. وعند ذلك طمع (٣) فيه إسحاق بن كنداجيق، فسار وراءه ليظفر منه بشيء فلم يقدر، وقد التقيا في بعض الأيام فصبر ابنُ أبي الساج صبرًا عظيمًا، فسلِمَ، وانصرف إلى أبي أحمد ببغداد، فأكرمه وخلع عليه واستصحبه معه إلى الجبل، ورجع إسحاق بن كنداج إلى ديار بكر ومضر من الجزيرة. وفي هذه السنة، في شوَّال منها، سجَن أبو أحمد الموفَّق ابنَه أبا العباس المعتضد في دار الإمارة. وكان سبب ذلك أنه أمره بالمسير إلى بعض الوجوه، فامتنع أن يسير إلا إلى الشام التي كان عمه المعتمد ولاه إياها، فغضب عليه، وأمر بسجنه، فثارت الأمراء واختبطت بغداد، وركب الموفَّق إلى الميداد (٤) ، وقال للناس: أتظنون أنكم أشفق على ولدي مني؟ فسكن الناس عند ذلك وتراجعوا إلى منازلهم، ثم أفرج عنه، ولله الحمد والمنة. وفي هذه السنة سار رافع (٥) إلى محمد بن زيد، أخي الحسن بن زيد العلوي، فأخذ منه مدينة جُرجان، فهرب منه إلى إستراباذ، فحصره بها سنتين، فغلا بها السعر حتَّى بيع الملح بها وزن الدرهم بدرهمين، فهرب محمد بن زيد منها ليلًا إلى سارية، فأخذ منه رافع بلادًا كثيرة بعد ذلك في مدة متطاولة (٦) . وفي المحرّم منها أو في صفر كانت وفاة المنذر بن محمد بن عبد الرحمن [الأموي] (٧) ، صاحب الأندلس، عن ستٍّ وأربعين سنة. وكانت ولايته سنةً وأحدَ عشر شهرًا، وعشرة أيام.
(١) "ثنيّة العقاب": ثنية مشرفة على غوطة دمشق، يطؤها القاصد من دمشق إلى حمص. (٢) في ط: "فمنعه"، وما أثبتناه من ب، ظا، وابن الأثير (٧/ ٤٢٩). (٣) أي طمع في ابن أبي الساج. وتفصيل ذلك في الكامل لابن الأثير (٧/ ٤٣٠). (٤) في آ، ط: بغداد. (٥) هو رافع بن هَرْثَمة. (٦) الكامل لابن الأثير (٧/ ٤٣٤). (٧) زيادة من ط وابن الأثير.

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