En cette année, survinrent :
Le décès de Muhammad ibn ‘Abd ar-Raḥmān ibn al-Ḥakam al-Umayyade, souverain d’al-Andalus, à l’âge de soixante-cinq ans. Son règne dura trente-quatre ans et onze mois. Il avait la peau claire teintée de rougeur et était de taille moyenne, plutôt trapu ; il se teignait les cheveux avec du henné et du katam. C’était un homme raisonnable et avisé, capable de discerner les questions délicates. Il laissa derrière lui trente-trois fils. Après sa mort, son fils al-Mundhur assuma le pouvoir, se montra bienveillant envers la population et gagna ainsi leur affection.
Durant cette même année, décéda également Khalaf ibn Aḥmad ibn Khālid, autrefois émir du Khorassan, alors détenu par al-Muʿtamad ʿalā Allāh. C’est lui qui avait expulsé al-Bukhārī de Boukhara. Al-Bukhārī formula une prière contre lui et, depuis lors, il ne connut plus le succès. Il ne demeura pas au pouvoir plus d’un mois avant qu’on ne s’empare de lui, de ses biens et de ses ressources. On le fit circuler dans sa propre ville monté sur un âne, puis on l’emprisonna. Il y mourut la même année. Tel fut le châtiment de quiconque s’en prend aux partisans de la Sunnah et aux imams du ḥadīth.
Au nombre des notables décédés cette année-là figurent également : Isḥāq ibn Siyyār, Ḥanbal ibn Isḥāq (le cousin de l’imam Aḥmad ibn Ḥanbal et l’un de ses transmetteurs les plus connus, bien qu’il ait été mis en cause pour certains de ses récits, et Dieu est plus savant), Abū Umayya aṭ-Ṭarasūsī, ainsi qu’al-Fatḥ ibn Shukhruf, l’un des maîtres du soufisme, reconnu pour ses états spirituels, ses miracles, ses stations et ses paroles profitables.