Il a à son actif des ouvrages célèbres, tels que «Al-Madkhal»(1), «Az-Zīj»(2), «Al-Ulūf»(3) et d’autres encore. Il y aborde aussi bien ce qui concerne la facilitation (at-taysīr) que les dispositions juridiques (al-aḥkām). Ibn Khallikān(4) rapporte qu’il réalisait d’étonnantes prédictions.
Il raconta ensuite qu’un roi recherchait un homme, lequel, craignant qu’Abū Ma‘shar l’astrologue ne révélât au roi l’endroit où il se cachait grâce à ses connaissances, procéda de la manière suivante : il prit un bassin (ṭast) qu’il remplit de sang, plaça en dessous un mortier (hāwun) et s’assit là-dessus. Le roi fit venir Abū Ma‘shar, qui interrogea son sable (raml) et affina ses calculs(5). Puis il déclara : « C’est étrange : je vois cet homme assis sur une montagne d’or au milieu d’une mer de sang, mais un tel endroit n’existe pas en ce monde. » Il répéta sa divination et obtint le même résultat. Le roi en fut surpris, puis proclama l’amnistie pour l’intéressé, lequel se présenta alors. Devant le souverain, il expliqua la ruse qu’il avait employée, et tous s’en émerveillèrent.
J’ajoute que la science attribuée à Ja‘far ibn Muḥammad aṣ-Ṣādiq, consistant en la divination par les augures (zajr), les voies (ṭuruq), le tressaillement des membres (ikhtilāj al-a‘ḍāʾ) et autres pratiques du même genre, doit plutôt être attribuée à ce Ja‘far ibn Muḥammad-là, et non à l’imām aṣ-Ṣādiq. Dieu est plus savant.
[Événements de l’an 273 de l’Hégire]
Cette année, un conflit éclata entre Isḥāq ibn Kundājīq, gouverneur de Mossoul et de la Jazīra, et le gouverneur de Qinnasrīn et d’autres régions, vassal d’Ibn Abī as-Sāj, alors qu’ils étaient auparavant alliés. Ibn Abī as-Sāj écrivit à Khumārawayh, souverain d’Égypte, et fit prononcer le prêche en son nom dans ses territoires. Khumārawayh se rendit en Syrie, où il rencontra Ibn Abī as-Sāj, puis marcha avec lui contre Isḥāq ibn Kundājīq. Les deux se livrèrent bataille, et Ibn Kundājīq fut défait et se réfugia à la citadelle de Mardin, où il fut assiégé.
Par la suite, la puissance d’Ibn Abī as-Sāj se renforça. Il s’empara de Mossoul et de la Jazīra et prononça le prêche en faveur de Khumārawayh, étendant considérablement son autorité.
La même année, al-Muwaffaq fit arrêter Lu’lu’, l’esclave d’Aḥmad ibn Ṭūlūn, le dépouilla de quatre cent mille dinars et l’emprisonna. Lu’lu’ déclara alors : « Mon seul crime est d’avoir possédé trop d’argent. » Il fut ensuite libéré, réduit à la pauvreté, et alla se réfugier en Égypte, durant le règne de Hārūn ibn Khumārawayh, accompagné d’un seul serviteur. Tel est le juste châtiment infligé à celui qui se montre ingrat envers son maître.
La même année, les fils du roi des Byzantins s’en prirent à leur père, le tuèrent, et l’un d’eux prit le pouvoir à sa suite.