Des milliers d’hommes l’accompagnaient, et il entra à ar-Ray. Il imposa alors aux habitants le paiement de cent mille mille (cent millions) de dinars et dépêcha ses gouverneurs dans les différentes régions de la ville. (1)
Cette même année, un différend opposa Abou l’Abbâs ibn al-Muwaffaq et le maître de la frontière de Tarsous, Bâzmâ (2) l’affranchi. Les habitants de Tarsous se soulevèrent contre Abou l’Abbâs, le chassèrent de chez eux, et il s’en retourna à Bagdad.
Durant la même année, Hamdân ibn Hamdoun et Hâroun al-Shârî pénétrèrent dans la cité de Mossoul, et al-Shârî dirigea la prière en leur présence dans la Grande Mosquée.
Également cette année-là, la tribu de Banou Chaybân sema la dévastation dans la région de Mossoul et y propagea la corruption.
Par ailleurs, cette année, un soulèvement agita les restes de la révolte des Zandj dans la contrée de Bassora ; ils lancèrent leurs appels : « Ô Ankalây (3), ô Mansour », Ankalây étant le fils du chef des Zandj, rejoints par Soulaymân ibn Jâmi‘, Abân ibn ‘Alî al-Muhallabî et plusieurs notables de leurs commandants, qui se trouvaient dans l’armée d’al-Muwaffaq. Celui-ci envoya alors des troupes contre eux : ils furent tués, leurs têtes lui furent apportées et leurs corps furent crucifiés à Bagdad, si bien que les troubles s’apaisèrent.
La même année, la situation de la Ville Prophétique (Médine) revint à la normale ; la population y retourna, louange à Dieu.
La même année également, de grandes guerres éclatèrent en al-Andalus ; les Byzantins (les « Romains ») s’emparèrent de deux importantes cités musulmanes en al-Andalus. « Nous sommes à Dieu et c’est vers Lui que nous retournons. »
Cette année-là, Sâ‘id ibn Moukhlad al-Kâtib arriva de Fârs à Wâsit. Al-Muwaffaq ordonna à ses chefs militaires de l’accueillir ; il fit une entrée marquée d’une immense pompe, mais afficha orgueil et vanité. Peu après, al-Muwaffaq donna l’ordre de l’arrêter ainsi que sa famille, et de confisquer ses biens et possessions. À sa place, il nomma Abou s-Saqr Ismâ‘îl ibn Boulboul comme secrétaire.
Cette même année, Hâroun ibn Mouhammad ibn Is’hâq al-‘Abbâsî conduisit les fidèles au pèlerinage, lui qui assumait depuis longtemps la fonction d’émir du hajj.
[Parmi les notables décédés cette année]
• Ibrâhîm ibn al-Walîd al-Jachach (4).
• Ahmad ibn ‘Abd al-Jabbâr ibn Mouhammad ibn ‘Outârid al-‘Outârdî at-Tamîmî (5), qui transmettait la Sîra d’après Younous ibn Boukayr, lui-même la rapportant de Mouhammad ibn Is’hâq ibn Yasâr et d’autres encore.