Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

On rapporte que son fils, le juriste Abou Bakr ibn Dâoûd, ainsi que Zakariyyâ ibn Yahyâ as-Sâjî, ont transmis de lui. Al-Khatib (1) a dit : « C’était un jurisconsulte ascète ; ses ouvrages contenaient de nombreux hadiths, et la transmission de sa part était très rare. »

Il décéda à Bagdad au cours de cette même année, et sa naissance remonte à l’an deux cents. Le cheikh Abou Ishâq ach-Chîrâzî mentionne dans son ouvrage « Tabaqât » (2) que ses origines sont d’Ispahan, qu’il naquit à Koufa, qu’il grandit à Bagdad et qu’il y acquit la prééminence dans le domaine du savoir. Quatre cents personnes portant un taylasân vert assistaient à ses assemblées. Il était parmi les fervents partisans d’Ach-Châfi‘î et composa (3) un ouvrage sur ses mérites.

D’autres ont rapporté qu’il priait fort bien et qu’il était plein d’humilité. Al-Azdî a déclaré : « On abandonna son hadith. » Cependant, personne (4) n’a suivi Al-Azdî à ce sujet. Il est toutefois rapporté de l’imam Ahmad qu’il se serait exprimé contre lui en raison de ses propos au sujet du Coran, à savoir que son énoncé serait créé, accusation portée également à l’encontre de l’imam Al-Boukhârî — qu’Allah lui fasse miséricorde.

Je dis : il figurait bien parmi les jurisconsultes célèbres, mais il s’enferma dans le rejet du raisonnement analogique correct (al-qiyâs), si bien qu’il fut confronté à d’importantes difficultés dans de nombreux domaines de la jurisprudence. Cela l’obligea à adopter des positions extrêmes auxquelles il parvint en s’attachant uniquement au texte littéral, sans prêter attention à sa signification profonde. Après lui, les (5) fuqahâ’ adeptes du qiyâs ont divergé quant à la prise en compte de sa dissidence : la question se pose de savoir s’il est possible de considérer qu’un consensus se forme sans lui, alors qu’il s’y opposait. Il existe plusieurs avis à ce sujet, dont le détail n’a pas place ici.

Parmi ceux qui décédèrent cette année-là, on compte également ar-Rabî‘ ibn Sulaymân al-Murâdî (6), compagnon d’Ach-Châfi‘î, dont nous avons dressé la biographie dans « Tabâqât ach-Châfi‘iyyah ».

On compte aussi le juge Bakkâr ibn Qutaybah, qui exerça la magistrature en Égypte à partir de l’an 246 jusqu’à sa mort en prison, où il fut incarcéré par Ahmad ibn Tûlûn, pour avoir refusé de destituer al-Muwaffaq en l’an 270 — qu’Allah lui fasse miséricorde. C’était un savant, un ascète dévot, très assidu dans la récitation (du Coran) et prompt à s’interroger sur sa propre conduite. Après son décès, le poste de juge resta vacant en Égypte durant trois ans. Ibn Khallikân (7) a longuement relaté sa biographie dans « Al-Wafayât » — qu’Allah lui fasse miséricorde.

(1) Tārīkh Baghdād (8/369). (2) Tabaqāt al-Fuqahāʾ (92), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (13/102). (3) Il a composé deux ouvrages sur ses mérites et les louanges à son égard. Tabaqāt al-Fuqahāʾ (92), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (13/103). (4) Dans l’abréviation : yutābiʿuhu. (5) De la lettre bāʾ, ẓāʾ. (6) Abū Muḥammad, al-Miṣrī al-Muʾadhdhin, disciple de l’imam al-Shāfiʿī et transmetteur de son savoir, et chef des muezzins de la mosquée al-Fusṭāṭ, et collecteur des cheikhs de son temps. Grand muḥaddith et faqīh. Il a consacré sa vie à la science et à sa transmission. Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (12/517), Tabaqāt al-Shāfiʿiyya de al-Subkī (2/132). (7) Wafayāt al-A‘yān (1/280-282). Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (12/599-605).
وروى عنه ابنه الفقيه أبو بكر بن داود، وزكريّا بن يحيى السَّاجي. قال الخطيب (١) : وكان فقيهًا زاهدًا، وفي كُتُبِه حديثٌ كثيرٌ، والرواية عنه عزيزة جدًّا. وكانت وفاته ببغداد في هذه السنة، وكان مولده في سنة مئتين. وذكر الشيخ أبو إسحاق الشيرازي في "طبقاته" (٢) : أن أصله من أصبهان، وولد بالكوفة، ومنشَؤُه ببغداد، وأنه انتهت إليه رئاسة العلم بها، وكان يحضر مجلسه أربعُمئة طَيْلسان أخْضَر، وكان من المتعصِّبين للشَّافعي، وصنَّف (٣) مناقبه. وقال غيره: كان حسن الصلاة والتواضع. وقد قال الأزدي: تُرك حديثه. ولم يتابع (٤) الأزدي على ذلك. لكن روي عن الإمام أحمد أنَّه تكلَّم فيه بسبب كلامه في القرآن وأنَّ لفظه به مخلوق، كما نسب إلى الإمام البخاري، (رحمه الله) . قلت: وقد كان من الفقهاء المشهورين، ولكن حصر نفسه بنفيه القياس الصحيح، فضاق بذلك ذرعه في أماكنَ كثيرةٍ من الفقه، فلزمه القول بأشياء فظيعة صار إليها بسبب اتباعه الظاهر المجرد من غير تفهُّم لمعنى النص. وقد اختلف [الفقهاء] (٥) القياسيُّون بعده في الاعتداد بخلافه؛ هل ينعقد الإجماع بدونه مع خلافه أم لا؟ على أقوالٍ ليس هذا موضع بسطها. وممن توفي فيها: الرَّبيع بن سليمان المُرادي (٦) ، صاحب الشافعيّ وقد ترجمناه في "طبقات الشافعية" . والقاضي بكَّار بن قتيبة، الحاكم بالدِّيار المصرية من سنة ستٍّ وأربعين ومئتين إلى أن توفي بها مسجونًا في حبس أحمد بن طُولون؛ لكونه لم يخلع الموفَّق في سنة سبعين، (رحمه الله) . وكان عالمًا عابدًا زاهدًا كثيرَ التلاوة والمحاسبة لنفسه، وقد شَغرَ منصبُ القضاء بعدَه بمصر ثلاث سنين. وقد بسط ابن خلكان (٧) ترجمته في الوفيات، (رحمه الله) .
(١) تاريخ بغداد (٨/ ٣٦٩). (٢) طبقات الفقهاء (٩٢)، سير أعلام النبلاء (١٣/ ١٠٢). (٣) صنَّف كتابين في فضائله والثناء عليه. طبقات الفقهاء (٩٢)، سير أعلام النبلاء (١٣/ ١٠٣). (٤) في آ: يتابعه. (٥) من ب، ظا. (٦) أبو محمد، المصري المؤذن، صاحب الإمام الشافعي وناقل علمه، وشيخ المؤذنين بجامع الفسطاط، ومستملي مشايخ وقته. المحدث الفقيه الكبير. أفنى عمره في العلم ونشره. سير أعلام النبلاء (١٢/ ٥١٧)، طبقات الشافعية للسبكي (٢/ ١٣٢). (٧) وفيات الأعيان (١/ ٢٨٠ - ٢٨٢). سير أعلام النبلاء (١٢/ ٥٩٩ - ٦٠٥).

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