Bakkâr ibn Qutayba al-Misrî (1) se signala au mois de Dhu al-Ḥijja de cette année. Quant à al-Ḥasan ibn Zayd al-‘Alawî (2), maître de Ṭabaristân au mois de Rajab de cette même année, son gouvernement s’était prolongé sur dix-neuf années, huit mois et six jours. Après lui, ce fut son frère Muḥammad ibn Zayd (4) qui assuma [l’autorité] (3).
Al-Ḥasan ibn Zayd était généreux, magnanime, et fort loué ; il maîtrisait le fiqh et la langue arabe. Un poète lui dit, dans le cadre d’une poésie : « Dieu est Unique, et Ibn Zayd est unique. » Il lui répondit : « Puisses-tu avoir la bouche (5) pleine d’argile ! N’aurais-tu pas dû dire : “Dieu est Unique et Ibn Zayd est son serviteur” ? » Puis il descendit de son siège, se prosterna devant Dieu, colla sa joue au sol et ne donna rien à ce poète.
Un autre l’encensa dans une qaṣîda dont le premier vers (6) disait : « Ne dis pas qu’“une bonne nouvelle” mais plutôt deux bonnes nouvelles : la fierté de l’appelant et le jour de Mihrajân. » Al-Ḥasan ibn Zayd l’interrompit alors : « Si tu avais commencé par le second hémistiche, cela aurait été meilleur, et il aurait été d’autant plus correct que tu ne débutes pas ton poème par la négation “lâ”. » Le poète lui rétorqua : « Il n’existe pas au monde de mot plus grand que “Lâ ilâha illâ Allâh.” » Il répondit : « Tu as raison. » Puis il ordonna qu’on lui accordât un don généreux.
Au nombre des disparus figure également al-Ḥasan ibn ‘Alî ibn ‘Affân al-‘Âmirî (7). De même, Dâwud ibn ‘Alî (8) al-Aṣbahânî, puis al-Baghdâdî, le juriste Ẓâhirite — l’imam des adeptes du Ẓâhir — mourut. Il avait transmis [des hadiths] d’Abû Thawr (9) Ibrâhîm ibn Khâlid, d’Isḥâq ibn Râhawayh, de Sulaymân ibn Ḥarb, d’‘Abd Allâh ibn Maslama al-Qa‘nabî, de Musaddad ibn Musarhad (10), et d’autres encore.