‘Īsā ibn Aḥmad al-Balkhī (1). Et Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAbd al-Ḥakam al-Miṣrī (2), le juriste mālikite, lequel fréquenta ash-Shāfiʿī et transmit de lui.
[Puis survint l’année deux cent soixante-neuf]
Au cours de cette année, al-Muwaffaq – qu’Allāh le guide – s’appliqua à détruire le rempart de la cité du chef des Zanj, en en démolissant (3) une grande portion, ce qui permit aux armées de traverser jusqu’à la ville. Cependant, au milieu de ces événements, une flèche tiraillée par un Byzantin du nom de Qurṭās vint l’atteindre à la poitrine et faillit le tuer. Malgré cela, il tint bon, et continua de prendre part aux combats tout en demeurant à al-Muwaffiqiyya quelques jours pour se soigner. La situation s’aggrava, la population fut saisie d’une crainte extrême à l’égard du chef des Zanj, et l’on conseilla à al-Muwaffaq de se rendre à Bagdad. Il refusa néanmoins, et son état de santé se dégrada avant que Dieu ne lui accordât la guérison au mois de Shaʿbān. Les musulmans s’en réjouirent grandement. Aussitôt rétabli, il s’élança pour rejoindre le siège. C’est alors qu’il constata que ce misérable avait réparé une bonne partie de ce qu’al-Muwaffaq lui-même avait détruit. Il ordonna donc de remettre cela en ruine ainsi que ce qui se trouvait alentour, et persévéra dans le siège sans relâche, jusqu’à prendre la ville occidentale. Il détruisit les palais du chef des Zanj et les maisons de ses émirs, et s’empara d’importantes richesses en quantité considérable. Il captura les femmes des Zanj et libéra de nombreuses femmes et enfants musulmans détenus, en ordonnant qu’on les rende à leurs familles avec les égards qui leur étaient dûs. Pendant ce temps, le chef des Zanj s’était replié sur la rive orientale, où il avait érigé un pont et des passerelles (qanaṭir) pour empêcher les embarcations (as-samariyyāt) d’atteindre son camp. Al-Muwaffaq ordonna alors leur destruction et la coupure des ponts. Ainsi le siège se prolongea cette année-là, jusqu’à ce qu’il s’empare de la rive orientale, qu’il s’approprie les réserves et les biens qui s’y trouvaient. Le misérable s’enfuit, prit la fuite en abandonnant ses épouses, ses enfants et son trésor, dont al-Muwaffaq s’empara. Louange et grâce à Dieu pour cela ! Décrire ces événements en détail serait bien trop long ; Ibn Jarīr (4) les a relatés dans une version développée, Ibn al-Athīr (5) en a fait un abrégé, et Ibn Kathīr (6) un résumé. Et Dieu est Celui qui accorde la réussite et vers Qui tout retourne.
Lorsque le calife al-Muʿtamid constata que son frère s’était emparé des affaires du califat et qu’il était désormais le maître effectif, donnant ordres et interdictions