Environ trois cent mille combattants armés d’une épée, d’une lance et d’une fronde, ainsi que tous ceux qui grossissaient leurs rangs. Al-Muwaffaq présenta son fils, Abû al-‘Abbâs, devant lui, et celui-ci avança jusqu’à parvenir au pied du palais du roi. Il l’assiégea d’une manière inédite, et les Zandj s’étonnèrent de son audace et de son courage malgré sa jeunesse. Ils se rassemblèrent contre lui de toutes parts, mais il les mit en déroute et blessa Bihabûdh, l’un de leurs plus grands émirs, à coup de flèches et de pierres.
Plus tard, un groupe d’émirs et de soldats fidèles au chef des Zandj fit défection en faveur d’Al-Muwaffaq. Celui-ci les honora et leur offrit de somptueuses robes, si bien que beaucoup d’autres les imitèrent et le rejoignirent.
Le 15 du mois de Sha‘bân, Abû Ahmad prit la tête de ses troupes et proclama l’amnistie à tous, à l’exception du chef des Zandj. Une foule nombreuse d’hommes déserta ainsi l’armée de ce dernier pour rallier Abû Ahmad, et louange à Dieu.
Al-Muwaffaq construisit, en face de la ville du chef des Zandj, une cité qu’il appela “Al-Muwaffaqiyya”. Il ordonna qu’on y transporte marchandises et biens de commerce, de sorte qu’on y réunit toutes sortes de denrées comme nul ne l’avait fait auparavant. Elle gagna alors en importance. Il ne l’avait élevée que pour l’aider dans sa lutte contre le chef des Zandj. De grandes batailles s’ensuivirent entre les deux camps, et la guerre perdura jusqu’à la fin de cette année, alors qu’ils assiégeaient la cité de ce misérable et de ceux qui s’y trouvaient. Un grand nombre de ses partisans, près de cinquante mille parmi ses émirs et soldats d’élite, abandonna le chef des Zandj, se retournant contre lui après l’avoir soutenu. Quant à Al-Muwaffaq et aux siens, à Dieu ne plaise, ils ne cessaient de croître en effectifs, en puissance et en victoire.
Cette année-là, le pèlerinage fut dirigé par Hârûn ibn Muhammad ibn Is hâq ibn Mûsâ ibn ‘Isâ al-Hâshimî.
Parmi les notables décédés cette année, on compte Ismâ‘îl ibn Sammûyah (3), Ishâq ibn Ibrâhîm, appelé Shâdhân (4), Bahr ibn Nasr al-Khawlânî (5), ainsi qu’Abbâs al-Turqufî (6).