Cette année-là, ce fut Hârûn ibn Muḥammad – déjà mentionné antérieurement – qui dirigea le pèlerinage. Au cours de la même année, Muḥammad ibn ‘Abd al-Raḥmân al-Dâkhil, calife d’al-Andalus et des terres du Maghreb, fit construire des navires sur le fleuve de Cordoue afin de les envoyer dans l’Océan. Il souhaitait que ses armées y naviguent pour mener campagne et combattre certaines contrées. Cependant, lorsque les navires pénétrèrent dans l’Océan, ils se brisèrent et se déchirèrent, et seuls quelques-uns de leurs occupants réchappèrent, tandis que la plupart périrent noyés (1).
Cette même année, la flotte des musulmans et celle des Byzantins se rencontrèrent dans la région de la Sicile. Elles s’engagèrent dans la bataille et de nombreux musulmans furent tués. « Nous appartenons à Dieu et c’est vers Lui que nous revenons. »
Au cours de cette même année, Loulou, esclave d’Aḥmad ibn Ṭûlûn, combattit Mûsâ ibn Atâmish, mit son armée en déroute et le captura. Il l’envoya par la suite à son maître, Aḥmad ibn Ṭûlûn, gouverneur de la Syrie, de l’Égypte et de l’Ifriqiya au nom du calife. Par la suite, ce même Loulou livra bataille avec un groupe de soldats appelés « az-zûm », et ils tuèrent un grand nombre d’ennemis.
Ibn al-Athîr rapporte (2) : « Cette année-là, la situation se détériora profondément ; les gens furent éprouvés par l’abondance des troubles. Les chefs militaires et les soldats s’emparèrent de nombreuses contrées, en raison de la faiblesse du calife al-Mu‘tamid ‘alâ Allâh et du fait que son frère, Abû Aḥmad, était occupé à combattre les Zanj. »
Il ajoute (3) : « Cette année-là, la chaleur fut très élevée au mois de novembre, puis le froid s’intensifia au point de geler l’eau. »
[Parmi les notables décédés cette année] :
• Ibrâhîm ibn Urmah (4).
• Ṣâliḥ, fils de l’imam Aḥmad (5), qui fut juge (qâḍî) à Iṣfahân.
• Muḥammad ibn Shujâ‘ ath-Thaljî (6), l’un des [adorateurs] (7) rattachés à la Jahmiyya.