Il captura quarante-sept émirs, détruisit pour eux de nombreux navires et s’empara de grandes richesses, louange et grâce à Dieu.
Au cours du mois de Muharram de cette année, Ahmad ibn Touloun, gouverneur des territoires égyptiens, assiégea la ville d’Antioche, où se trouvait Sîma al-Tawîl. Il s’en empara et ne cessa de la combattre (jusqu’à ce qu’il la conquît après de longues batailles dont la relation serait trop étendue) ; il tua ledit Sîma et y demeura jusqu’à (1) ce que lui parviennent les présents du roi des Romains, parmi lesquels se trouvait un groupe de prisonniers musulmans, chacun portant un exemplaire du Coran. Figurait parmi eux ‘Abd Allâh ibn Rachîd ibn Kâws, ancien gouverneur des frontières. C’est ainsi qu’Ahmed ibn Touloun réunit sous son autorité l’ensemble de la Syrie, en plus des terres d’Égypte, car lorsque le gouverneur de Damas, Amakhour (2), mourut, Ibn Touloun partit d’Égypte. Le fils d’Amakhour vint à sa rencontre jusqu’à ar-Ramla, et il le confirma à son poste, avant de se rendre à Damas, où il entra, puis à Homs, dont il s’empara, puis à Alep, qu’il conquit. Enfin, il se dirigea vers Antioche, où se produisit l’événement dont nous avons achevé le récit.
Ahmed ibn Touloun avait désigné son fils al-‘Abbâs pour lui succéder en Égypte. Mais lorsque celui-ci apprit l’arrivée de son père, il s’empara de ce que recelait la trésorerie, et un groupe le soutint dans cette entreprise. Ils se rendirent à Barqa, se soustrayant ainsi à l’autorité de son père. Ce dernier envoya alors quelqu’un le capturer, et il fut ramené humilié en Égypte, où on l’emprisonna, tandis qu’on exécutait plusieurs de ses partisans (3).
La même année (4), un homme nommé al-Qâsim ibn Mahâta se révolta contre Doulaf ibn ‘Abd al-‘Azîz ibn Abî Doulaf al-‘Ijlî, le tua et s’empara d’Ispahan. Les partisans de Doulaf prirent alors sa revanche, mirent à mort ce Qâsim et placèrent à leur tête Ahmad ibn ‘Abd al-‘Azîz.
Cette même année, Muhammad al-Moullad rejoignit Ya‘qoub ibn al-Layth, arrivé jusqu’à lui au mois de Muharram, si bien que le sultan ordonna de piller ses biens, ses avoirs, ses propriétés et ses domaines.
Cette année-là encore, le chef des Zandj entra à an-Nu‘mâniyya (5), où il tua et ravagea, puis se rendit à Jarjarâyâ (6). Les gens furent consternés ; les habitants des campagnes gagnèrent Bagdad et s’y réfugièrent, assiégés.
La même année, Abou Ahmad investit ‘Amr ibn al-Layth du gouvernement du Khorassan, du Fârs, d’Ispahan, du Sijistân, du Kirmân et du Sind. Il l’y envoya, assortissant sa mission de robes d’honneur et de présents.