Les « Ṭabaqāt ash-Shāfiʿiyyīn » (1) ont également été traduits par Ibn Khallikān (2) dans l’ouvrage « al-Wafayāt », et il a excellé en proposant un texte détaillé et agréable.
Abū Zurʿa (3), à savoir ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd al-Karīm ar-Rāzī, fut l’un des traditionnistes les plus réputés. On rapporte qu’il mémorisait sept cent mille ḥadiths. Il était un juriste (faqīh) pieux, ascète, dévot, humble et modeste. Ses contemporains lui ont rendu hommage et ont reconnu sa prééminence sur ses pairs. On raconte que dans sa jeunesse, lorsqu’il se réunissait avec Aḥmad ibn Ḥanbal pour étudier, Aḥmad se limitait aux seules prières canoniques, s’abstenant de tout acte surérogatoire, se contentant de ces séances d’instruction. Abū Zurʿa mourut le lundi, à la fin du mois de Dhū al-Ḥijja de cette année, et il naquit en l’an 200 (certains disent en l’an 190). Sa biographie détaillée figure dans l’ouvrage « at-Takmīl ».
Figure également Muḥammad ibn Ismāʿīl ibn ʿUlayyah, juge à Damas (5), ainsi que Yūnus ibn ʿAbd al-Aʿlā aṣ-Ṣadafī al-Miṣrī (6), qui transmit aussi les enseignements de l’imam ash-Shāfiʿī. Nous l’avons mentionné dans « at-Takmīl » et dans les « Ṭabaqāt ».
Quant à Qabīḥa, la mère d’al-Muʿtazz (7), elle était l’une des favorites d’al-Mutawakkil ʿalā Allāh et avait amassé un trésor considérable de joyaux, de perles, d’or et de bijoux, tel qu’on n’en avait jamais connu pour une femme de ce rang. Par la suite, elle fut dépouillée de tous ses biens, son fils al-Muʿtazz fut tué, et elle tenta de le sauver à l’aide de cinquante mille dinars. Elle mourut au mois de Rabīʿ al-Awwal de la même année.
[Puis nous entrâmes dans l’an 265]
Cette année-là, un affrontement eut lieu entre Ibn Laythawayh, gouverneur d’Abū Aḥmad à Jumbulāʾ (8), et Sulaymān ibn Jāmiʿ. Ibn Laythawayh l’emporta sur Ibn Jāmiʿ, qui était allié au sinistre chef des Zanj ; il fit périr un grand nombre de ses partisans et en captura plusieurs.