Dans la question de l’expiation de la séance (1), quelle en est la cause ? Al-Bukhârî répondit : « C’est un hadith plaisant, et je ne connais dans ce domaine aucun autre hadith au monde hormis celui-ci (2). Cependant, il est défectueux (3) ». Mousâ ibn Ismâ‘îl nous l’a rapporté ; Wuhayb, d’après Suhayl, d’après ‘Awn ibn ‘Abd Allâh, en a rapporté la parole. Al-Bukhârî ajouta : « Ceci est plus correct, car on ne connaît pas à Mûsâ ibn ‘Uqbah d’audition directe de Suhayl. »
J’ai moi-même consacré une étude distincte à ce hadith, en recensant ses chaînes de transmission, ses formulations, son texte et ses défauts. Louange et grâce à Dieu.
Al-Khatîb (4) a rapporté que Muslim défendait Al-Bukhârî. Il mentionna ensuite l’incident entre Al-Bukhârî et Muḥammad ibn Yaḥyâ adh-Dhuhlî à Nishâpûr, à propos de la question du « lafẓ » (prononciation) du Coran, et comment on proclama publiquement (à Nishâpûr) la mise à l’écart d’Al-Bukhârî pour cette raison. Un jour, Adh-Dhuhlî déclara aux personnes présentes dans son assemblée, parmi lesquelles se trouvait Muslim ibn al-Ḥajjâj : « Que celui qui défend la position d’Al-Bukhârî [dans la question du “lafẓ”] (5) quitte notre cercle ». Aussitôt, Muslim se leva et rentra chez lui ; il réunit l’ensemble des traditions qu’il tenait de Adh-Dhuhlî et les lui renvoya, puis cessa radicalement de rapporter quoi que ce fût de sa part. Il ne le cita ni dans son Ṣaḥîḥ ni ailleurs, et une profonde discorde s’installa entre eux. Malgré tout, Al-Bukhârî ne renonça pas à lui ; il transmit encore de lui dans son Ṣaḥîḥ et l’excusa, —qu’Allah lui fasse miséricorde.
Al-Khatîb (6) a aussi mentionné la cause du décès de Muslim, —qu’Allah lui fasse miséricorde— : on lui organisa un jour une séance de transmission et de mémorisation des hadiths. Il fut interrogé sur un hadith qu’il ne connaissait pas. Il s’en retourna chez lui, alluma des lampes et dit à sa famille : « Que personne ne vienne me voir cette nuit ». On lui avait offert un panier de dattes ; il s’en saisit, et chaque fois qu’il mangeait une datte, il vérifiait un nouveau hadith, puis il reprenait une datte et passait à un autre hadith, et ainsi de suite jusqu’au matin, sans s’apercevoir qu’il avait fini tout le panier. À la suite de cela, il fut pris d’un malaise et tomba malade, puis il décéda le dimanche en fin de journée et fut inhumé le lundi, cinq jours avant la fin du mois de Rajab de l’an 261. Cela se passa à Nishâpûr. Il était né la même année que la mort de l’Imâm Ash-Shâfi‘î, c’est-à-dire en l’an 204, et il vécut cinquante-sept ans ; qu’Allah lui fasse miséricorde.
Abû Yazîd al-Bastâmî (7) : il s’agit de Tayfûr ibn ‘Isâ ibn Âdam ibn ‘Isâ ibn ‘Alî, l’un des grands maîtres du soufisme. Son grand-père