Des éloges ont été adressés à son sujet par un groupe de savants du hadith et d’autres encore. Abou ‘Abd Allâh Muhammad ibn Ya‘qoub al-Akhram a dit : « Il est rare que quelque chose de solidement établi dans le hadith échappe à al-Bukhârî et à Muslim(1). »
Al-Khatîb(2) rapporta, d’après Abou ‘Amr Muhammad ibn Hamdân al-Hayrî, que celui-ci déclara : « J’ai interrogé Abou al-‘Abbâs Ahmad ibn Sa‘îd ibn ‘Uqda, le hâfid, au sujet d’al-Bukhârî et de Muslim : ‘Lequel des deux est le plus érudit ?’ » Il répondit : « Al-Bukhârî était un savant, et Muslim était un savant. » J’ai répété ma question à maintes reprises, et il revenait sans cesse à la même réponse. Puis il me dit : « Ô Abou ‘Amr ! Il arrive qu’al-Bukhârî se trompe à propos des gens du Shâm (Syrie), car il a pris leurs livres, les a passés en revue, et il se peut qu’il désigne un individu par sa kunyah (surnom) puis, dans un autre passage, le mentionne par son nom, s’imaginant qu’il s’agit de deux personnes différentes. Quant à Muslim, il lui arrive rarement de se tromper(3), car il consignait les chaînes “coupées” (maqâtî‘) et les hadiths mursal (à chaîne incomplète). »
Al-Khatîb(4) dit : « Muslim n’a fait que suivre la voie d’al-Bukhârî. Il étudia son savoir et en fut l’imitateur. Lorsque al-Bukhârî arriva à Neyshâbûr, vers la fin de sa vie, Muslim le côtoya de près et continua de le fréquenter(5). » ‘Ubayd Allâh ibn Ahmad ibn ‘Uthmân as-Sayrafî m’a rapporté avoir entendu Abou al-Hassan ad-Dâraqutnî dire : « Sans al-Bukhârî, Muslim ne serait ni parti ni venu(6). »
Al-Khatîb(7) ajoute : « Abou Bakr al-Mankadir(8) m’informa que Muhammad ibn ‘Abd Allâh al-Hâfid raconta : ‘Abou Nasr ibn Muhammad az-Zarrâd me rapporta avoir entendu Abou Hâmid Ahmad ibn Hamdoun al-Qassâr dire : “J’ai entendu Muslim ibn al-Hajjâj, qui vint trouver Muhammad ibn Ismâ‘îl al-Bukhârî, et il l’embrassa entre les deux yeux en disant : ‘Laisse-moi t’embrasser les pieds, ô maître des maîtres, seigneur des traditionnistes et médecin de la science du hadith quant à ses défauts. Muhammad ibn Salâm t’a transmis : ‘Makhlad ibn Yazîd al-Harânî nous raconta : Ibn Jurayj nous relata, d’après Mûsâ ibn ‘Uqbah, d’après Suhayl, d’après son père, d’après Abou Hurayrah, d’après le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui).’”’(9). »