Abd al-Rahmân ibn Bishr (1), et Mâlik ibn Tawk (2), auquel est rattachée la Rahba de Mâlik ibn Tawk. Puis Hunaïn ibn Ishâq al-‘Ibâdî (3), le célèbre médecin, qui a traduit en arabe le Livre d’Euclide, et que Thâbit ibn Qurra (4) a ensuite révisé. Hunaïn traduisit également le Livre de l’Almageste ainsi que d’autres ouvrages de médecine du grec vers l’arabe. Al-Ma’mûn y attachait un très grand intérêt, tout comme Ja‘far al-Barmakî avant lui. Hunaïn est l’auteur de nombreux traités de médecine et on lui attribue les « Questions de Hunaïn » ; il excellait particulièrement dans son art.
Son décès survint un mardi, le sixième jour écoulé de Safar de cette même année, selon Ibn Khallikân (5).
[Ensuite commença l’année deux cent soixante et un]
Cette année-là, al-Hasan ibn Zayd revint du pays des Daylam vers Tabaristân et incendia la ville de Shâlûs (6), car ses habitants s’étaient alliés à Ya‘qûb ibn al-Layth contre lui.
(1) ʿAbd al-Raḥmān ibn Bishr ibn al-Ḥakam, Abū Muḥammad, fils de l’imām Abū ʿAbd al-Raḥmān al-ʿAbdī al-Nīsābūrī. Traducteur (muḥaddith), digne de confiance, généreux. Il a été rapporté par al-Bukhārī, Muslim et d’autres groupes. Voir Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (12/340), Tahdhīb al-Tahdhīb (6/144).
(2) Il s’agit de Mālik ibn Ṭawq ibn ʿAtāb al-Taghlibī, Abū Kulthūm, émir des Arabes du Cham, un des nobles cavaliers généreux (al-ashrāf al-fursān al-ajwād). Il a exercé la principauté de Damas et de la Jordanie, où il est décédé. Avec l’aide de al-Rashīd, il a fondé la ville al-Raḥba située sur l’Euphrate entre ar-Raqqa et Bagdad, connue sous le nom de Raḥbat Mālik en son honneur. Sa population a augmenté sous son règne. Il était éloquent et poète. Voir Muʿjam al-Buldān (3/34), Fawāt al-Wafayāt (3/231), al-Nujūm al-Zāhira (3/32).
(3) Abū Zayd, médecin, historien, biographe. Son père était pharmacien à Ḥīra. Il voyagea à Bassorah où il étudia l’arabe auprès de Khallīl ibn Aḥmad, puis il se rendit à Bagdad où il apprit la médecine auprès de Yohannā ibn Māswayh et d’autres. Il maîtrisait les langues grecque, syriaque et persane. Il fut en contact avec al-Maʾmūn qui le nomma chef du Dīwān de la traduction. Il résuma de nombreux ouvrages d’Hippocrate et de Galien et en éclaircit le sens. Al-Maʾmūn lui donnait en or le poids des livres qu’il traduisait en arabe.
Voir sa biographie dans Ṭabaqāt al-Aṭibbāʾ d’Ibn Abī Uṣaybiʿa (1/184), Wafayāt al-Aʿyān (2/217), al-ʿIbar (2/20), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (12/492), et al-Aʿlām d’al-Zarkalī (2/277).
(4) Il s’agit de Thābit ibn Qurra ibn Zahrūn al-Ḥarrānī, Abū al-Ḥasan, sabéen, médecin, mathématicien, philosophe. À son époque, personne ne rivalisait avec lui en médecine ni dans les autres domaines de la philosophie. Il a rédigé environ 150 ouvrages, dont al-Dhakhīra fī ʿIlm al-Ṭibb (Le Trésor en médecine). Il est décédé en 288 H.
Voir sa biographie dans Ṭabaqāt al-Aṭibbāʾ (1/215), Wafayāt al-Aʿyān (1/313), et al-Aʿlām d’al-Zarkalī (2/98).
(5) Wafayāt al-Aʿyān (2/218).
(6) « Shālūs » : ville située dans les montagnes de Ṭabaristān, l’un de leurs avant-postes. Voir Yāqūt.