Dans cette même année :
Un chamelier nommé « Charakab » s’empara de la ville de Marw. Les partisans qui l’accompagnaient la pillèrent et son emprise y gagna en importance.
Lorsque treize jours restaient à écouler du mois de Dhou al-Qi‘da, Mûsâ ibn Bughâ al-Kabîr partit de Sâmarrâ pour combattre le « malfaisant », et le calife al-Mu‘tamid sortit pour lui faire ses adieux et l’honora d’une robe à l’instant de la séparation.
‘Abd al-Rahmân ibn Muflih partit ensuite pour le pays d’al-Ahwâz afin d’en assumer le gouvernement et de soutenir Mûsâ ibn Bughâ dans sa guerre contre le chef des Zandj, cet infâme (– puisse Dieu le maudire). ‘Abd al-Rahmân ibn Muflih mit en déroute l’armée de cet homme et tua un grand nombre de Zandj, en captura un groupe important et leur inspira une terreur telle qu’ils ne se risquèrent plus jamais à l’affronter. Le chef des Zandj les incita au combat par tous les moyens sans parvenir à les décider.
Par la suite, ‘Abd al-Rahmân ibn Muflih se heurta à ‘Alî ibn Abân al-Muhallabî, commandant des armées du chef des Zandj. De nombreuses batailles eurent lieu entre eux, qu’il serait long de relater, avant que la victoire ne tourne finalement en défaveur des Zandj – louange et grâce à Dieu. ‘Alî ibn Abân revint alors enchaîné (1), vaincu, méprisé et mis en déroute auprès de son chef. Quant à ‘Abd al-Rahmân ibn Muflih, il envoya les prisonniers à Sâmarrâ, où la populace se rua sur eux, en tua la plupart et les dépouilla.
Cette année-là également, le roi des Byzantins (– puisse Dieu le maudire) s’approcha des contrées de Sumaysât, puis de Malatya. Les habitants de ces régions l’affrontèrent, le mirent en déroute et tuèrent le patrice des patriciens qui l’accompagnait. Il rentra alors dans son pays, honni et défait.
De même, Ya‘qûb ibn al-Layth entra à Neyshâbûr : il triompha du kharijite qui, à Hérât (3), usurpait le califat depuis trente ans. Il le tua, fit porter sa tête au bout d’une lance et la fit promener à travers les contrées et les provinces, accompagnée d’un écriteau l’annonçant (4).
Cette année, le pèlerinage fut dirigé par Ibrâhîm ibn Muhammad ibn Ismâ‘îl ibn Ja‘far ibn Sulaymân ibn ‘Alî ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Abbâs (5).
[Quant à ceux qui disparurent parmi les notables cette année-là] : Ibrâhîm ibn Ya‘qûb (6) [ibn Isḥâq] (7) [Abû Isḥâq] (8) al-Jûzajânî, prédicateur de Damas, auteur de plusieurs ouvrages utiles, dont « al-Mutarjim », renfermant une abondance de sciences et de nombreux enseignements.