Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Au matin de ce jour, l’armée du scélérat pénétra de force dans Bassora, où elle massacra un grand nombre de ses habitants. Le gouverneur, Bughrâj, s’enfuit avec ses compagnons. Les Zanj mirent alors le feu à la Grande Mosquée de Bassora ainsi qu’à de nombreuses habitations, puis ils pillèrent la ville.

Ensuite, Ibrâhîm ibn Yahyâ al-Muhallabî, l’un des partisans du Kharijite, s’écria : « Que vienne quiconque désire la sécurité ! » Un grand nombre d’habitants se rassemblèrent alors. Voyant l’occasion propice, il les trahit et ordonna de les exécuter : seuls quelques rares personnes purent s’échapper. Les Zanj entouraient les groupes d’habitants de Bassora. Puis ils se disaient les uns aux autres : « Pesez ! », c’était là leur signal pour tuer quelqu’un. Ils se ruaient ensuite sur lui avec leurs épées, et l’on n’entendait plus que le témoignage de foi de ceux qui allaient être exécutés et leurs cris au moment de la mise à mort. Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous retournons (1).

C’est ainsi qu’ils [agissaient dans] (2) chaque quartier de Bassora durant plusieurs jours. Les gens s’enfuyaient de toute part. Les Zanj incendièrent les cultures d’une montagne à l’autre ; (3) le feu dévora tout ce qu’il trouvait sur son passage : êtres humains, bétail, mobilier ou autres biens. Ils mirent également le feu à la grande mosquée. [Dans ces événements, un grand nombre de notables, de lettrés, de gens éminents, de transmetteurs de hadith et de savants furent tués. Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous retournons] (4).

Auparavant, ce scélérat avait déjà infligé aux gens du Fârs un revers cinglant (5). Apprenant ensuite que les habitants de Bassora avaient reçu d’importants approvisionnements et avaient retrouvé l’aisance après la disette, il en fut jaloux. Ibn Jarîr (6) rapporte, d’après le témoignage de quelqu’un qui l’entendit dire : « J’ai invoqué Dieu contre les habitants de Bassora, puis je fus interpelé et on me dit : “En vérité, les habitants de Bassora sont pour toi comme un pain (7) que tu entames par les bords ; lorsque la moitié du pain sera brisée, Bassora sera dévastée.” J’en ai fait l’interprétation par l’éclipse de la lune. Et cette chose courait parmi ses compagnons jusqu’à ce que l’affaire se réalisât exactement ainsi. » Il ne fait aucun doute qu’un démon le visitait et lui adressait la parole, à l’instar de ce qu’il advint à Musaylima (faussement prophète) lorsque son démon lui apparaissait. [Dieu seul sait parfaitement] (8).

Après que ses hommes, parmi les Zanj et d’autres, eurent fait subir aux habitants de Bassora ce qu’ils leur infligèrent, il déclara à ses compagnons, au matin de ce jour : « J’ai invoqué Dieu contre les habitants de Bassora, et Bassora m’a été montrée (9) entre le ciel et la terre ; j’ai vu alors ses habitants… »

(1) Dans la version Ṭ : sauf la phrase « Je témoigne qu'il n'y a pas d'autre divinité qu'Allah » parmi ceux qui ont été tués, et leur tumulte au moment du meurtre, c’est-à-dire les cris des Abyssins et leurs rires, « Certes, à Allah nous appartenons... » (2) Présent dans les versions B, Ẓā, Ṭ. (3) Dans la version Ā : « elle brûle ». (4) Addition provenant des versions B, Ẓā et de la copie égyptienne de l’imprimé. (5) Dans la version Ā : « grande ». (6) At-Tabarī (vol. 9, p. 481). (7) Addition provenant des versions Ṭ et de celle d’At-Tabarī. (8) Présent dans les versions B, Ẓā. (9) Présent dans les versions Ṭ et d’At-Tabarī.
وفي صبيحة هذا اليوم دخل جيشُ الخبيث إلى البصرة قَهْرا، فقتَلَ من أهلها خلْقًا كثيرًا، وهرب نائبها بُغراج ومَن معه، وحرقت الزَّنجُ جامعَ البصرة ودورًا كثيرة، وانتهبوها، ثم نادى فيهم إبراهيم بن يحيى المهلبي أحدُ أصحاب الخارجي: مَنْ أراد الأمان فليحضر. فاجتمع خلْق كثير من أهلها، فرأى أنَّه قد أصاب فرصةً، فغدَرَ بهم، وأمر بقتلهم، فلم يفلت منهم إلا الشاذ. كانت الزَّنج تحيط بالجماعة من أهل البصرة، ثم يقول بعضهم لبعض: كيلوا، وهي الإشارة بينهم إذا أرادوا قتلَ أحدٍ، فيحملون عليه بالسيوف، فلا تسمع إلا (١) تشهّد أولئك، وضجيجهم عند القتل، فإنَّا للّه وإنا إليه راجعون. وهكذا [يفعلون في] (٢) كُلّ مَحَلَّةٍ من محال البصرة في عدة أيام، وهرب الناس منهم كُلَّ مهربٍ، وأحرقوا الكلأ من الجبل إلى الجبل، فحرقت (٣) النار ما وجدت من شيءٍ؛ من إنسان، أو بهيمة، أو أثاث أو غير ذلك؛ وأحرقوا المسجد الجامع أيضًا. [وقد قتل في هؤلاء جماعةٌ كثيرة من الأعيان والأدباء والفضلاء والمحدّثين والعلماء؛ فإنا لله وإنا إليه راجعون] (٤) . وكان هذا الخبيث قد أوقع بأهل فارس وقعةً عظيمة (٥) ، ثم بلَغَه أنَّ أهلَ البصرة قد جاءهم من الميرة شيءٌ كثيرٌ، وقد اتسعوا بعد الضّيق، فحسدهم على ذلك، فروى ابنُ جرير (٦) عمَّن سمعه يقول: دَعَوْتُ اللهَ على أهل البصرة. فخوطبْتُ، فقيل لي: إنَّما أهلُ البصرة خُبْزَةٌ [لك] (٧) تأكلها من جوانبها؛ فإذا انكسر نصْفُ الرَّغيف خربت البصرة، فأوَّلتُ ذلك بانكساف القمر. وقد كان هذا شائعًا في أصحابه، حتَّى وقَعَ الأمرُ طِبْقَ ذلك. ولا شك أنَّ هذا كان مع شيطان يخاطبه، كما كان يأتي شيطان مسيلمة إلى مسيلمة، [والله أعلم] (٨) . ولما أوقَعَ أصحابه من الزَّنْج وغيرهم ما أوقعوا بأهل البصرة، قال لمن معه؛ أي: صبيحة ذلك اليوم: دَعَوْتُ اللهَ على أهل البصرة، فرُفعت لي [البصرة] (٩) بين السَّماء والأرض، ورأيْتُ أهلَها
(١) في ط: إلا قول أشهد أن لا إله إلا الله من أولئك المقتولين، وضجيجهم عند القتل، أي صراخ الزنج وضحكهم، فإنا لله … (٢) من ب، ظا، ط. (٣) في آ: تحرق. (٤) زيادة من ب، ظا والنسخة المصرية من المطبوع. (٥) في آ: كبيرة. (٦) الطبري (٩/ ٤٨١). (٧) زيادة من ط والطبري. (٨) من ب، ظا. (٩) من ط والطبري.

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