Al-Boukhârî se déplaça vers une localité nommée Khartanak, située à deux lieues de Samarcande, où il s’installa chez des proches. Voyant les discordes, il invoquait Dieu de le rappeler à Lui, conformément au hadith :
« Et si Tu veux éprouver un peuple, fais-nous mourir sans subir cette épreuve »(1).
Par la suite, il tomba malade et mourut la nuit de l’Aïd al-Fitr, qui coïncidait avec la nuit du samedi, à l’heure de la prière du ‘ichâ. On pria sur lui le jour de l’Aïd, après la prière de midi, au cours de cette même année, l’an 256. Il fut enseveli dans trois linceuls blancs, sans chemise ni turban, selon ses volontés. Au moment de son enterrement, un parfum exquis, plus subtil que le musc, s’échappa de sa tombe et persista plusieurs jours. Ensuite, des colonnes blanches apparurent à l’aplomb de sa sépulture. Au moment de son décès, qu’Allâh lui fasse miséricorde, il était âgé de soixante-deux ans.
Il laissa derrière lui, qu’Allâh lui fasse miséricorde, un savoir bénéfique pour tous les musulmans, de sorte que son œuvre ne fut pas interrompue ; elle reste plutôt liée à tout le bien qu’il a accompli de son vivant. En effet, le Messager de Dieu (ﷺ) a dit :
« Lorsque le fils d’Adam meurt, son œuvre cesse, sauf dans trois cas : un acte d’aumône continue, une science dont on tire profit ou un enfant vertueux qui invoque Dieu en sa faveur »(3).
Le critère qu’il a établi dans son « Ṣaḥīḥ » est plus exigeant que celui de tout autre livre composé dans le domaine des hadiths authentiques. Nul ne peut l’égaler, qu’il s’agisse du « Ṣaḥīḥ » de Muslim ou d’un autre ouvrage. Comme l’a si bien dit l’un des poètes éloquents(4) :
« Si l’on était juste envers le “Ṣaḥīḥ” d’al-Boukhârî,
On ne l’écrirait qu’avec de l’encre d’or.
C’est la distinction entre la guidée et l’aveuglement,
C’est la muraille qui protège l’homme de la ruine.
Ses chaînes de transmission brillent comme les étoiles du ciel,
Et ses textes sont semblables à des météores.
En lui repose l’équilibre de la religion du Messager ;
Les non-Arabes l’ont adopté après les Arabes.
C’est un rempart contre le Feu, sans nul doute,
Car il sépare l’agrément divin du courroux. »(5)