Et une bordure d’or avec un rebord élevé, faite d’une couronne d’or, et quatre anneaux en or sur ses côtés, encastrés comme des grenades, en bois plaqué d’or ; puis fabrique aussi des plateaux (1), des passoires et des coupes à poser sur la table.
Fabrique ensuite un chandelier en or pur (2), muni de six branches en or, trois de chaque côté. Sur chaque branche se trouvent trois lampes, et que le chandelier comporte quatre lampes. Que cet objet ainsi que tous les ustensiles pèsent un quintal d’or. L’ouvrage fut réalisé par Beçalel, qui confectionna également l’autel. Puis on érigea cette Tente le premier jour de leur année, c’est-à-dire le premier jour du printemps, et l’on y plaça l’Arche d’Alliance, qui est – Dieu sait mieux – celle dont il est question dans la parole du Très-Haut : « En effet, le signe de sa royauté sera la venue de l’Arche, contenant la sérénité émanant de votre Seigneur et quelques vestiges de ce que la famille de Moïse et la famille d’Aaron ont laissé, portée par les Anges. Voilà bien là un signe pour vous, si vous êtes croyants » [Al-Baqarah : 248].
Ce passage est développé très longuement dans leur livre, où figurent des lois, des jugements, la description de leur offrande et la manière de l’accomplir. Il y est aussi mentionné que la « Tente du Rendez-vous » existait déjà avant leur adoration du Veau – laquelle est antérieure à la venue de la Maison sacrée (Bayt al-Maqdis) – et qu’elle leur servait de sanctuaire, à la façon de la Ka‘ba : ils y priaient et s’y tournaient dans leur culte, s’en approchant pour y offrir leurs sacrifices. On rapporte également que Moïse – sur lui la paix – lorsqu’il y entrait, ils se tenaient à l’entrée (3). La colonne de nuée descendait alors sur la porte, et ils s’inclinaient aussitôt en se prosternant devant Dieu – exalté soit-Il. Dieu s’adressait ensuite à Moïse – sur lui la paix – au moyen de cette colonne de nuée, qui était une lumière, lui parlant, le confiant, lui enjoignant et lui interdisant. Moïse se tenait près de l’Arche, tourné vers l’espace compris entre les anges rapprochés (Karrubiyun) ; lorsqu’il en avait reçu la décision dernière, il la transmettait ensuite aux Enfants d’Israël, leur faisant connaître ce que Dieu – exalté soit-Il – lui avait révélé comme ordres et interdictions. Le cas échéant, lorsqu’un litige était porté devant lui et qu’aucune révélation ne l’éclairait, il se rendait à la Tente, se plaçait près de l’Arche, tourné vers l’espace entre les deux anges rapprochés (Karrubiyun), et la réponse divine parvenait alors, lui révélant l’issue qui tranchait leur différend (4).
Pour eux, c’était une prescription en leur temps, c’est-à-dire l’usage de l’or, de la soie teintée et des perles dans leur sanctuaire et auprès de leur lieu de prière. Quant à notre Législation, il n’en est pas ainsi. En effet, il nous est interdit de décorer et d’orner les mosquées de façon à distraire ceux qui y prient. C’est ce que fit comprendre ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb – que Dieu l’agrée – lorsqu’il agrandit la Mosquée du Messager de Dieu – paix et bénédiction de Dieu sur lui. Il dit alors à celui qu’il avait chargé de la construction : « Construis pour les gens ce qui les abrite, et garde-toi de le peindre en rouge ou en jaune, de peur d’égarer la foule. » Ibn ‘Abbâs a dit : « Ne les parez pas comme les Juifs et les Chrétiens ont paré leurs églises (5). » Tout cela vise à honorer, élever et préserver la communauté de toute ressemblance avec les peuples qui les ont précédés, puisque Dieu a réuni toute leur attention dans la prière pour qu’ils se tournent vers Lui et se consacrent à Lui, protégeant leur regard et leurs pensées d’être absorbés par autre chose que l’acte d’adoration suprême qu’ils accomplissent. À Dieu appartiennent la louange et la grâce.