Dieu a rendu la vue à ton enfant grâce à l’abondance de tes invocations – ou, selon une autre version, grâce à tes pleurs –, si bien qu’au matin, il voyait de nouveau (1).
Al-Bukhārī a dit : « J’ai réfléchi hier soir, et je me suis rendu compte que j’avais écrit dans mes ouvrages environ deux cent mille hadiths avec leurs chaînes de transmission, et il les avait toutes mémorisées » (2).
Il se rendit une fois à Samarcande, où quatre cents spécialistes du hadith se réunirent autour de lui. Ils composèrent pour lui plusieurs chaînes de transmission, introduisant la chaîne de transmission du Shām dans celle des gens d’Irak, mélangeant ainsi les rapporteurs et inversant les chaînes, tout en plaçant les textes de hadiths sur des chaînes qui ne leur correspondaient pas. Ensuite, ils les lurent à al-Bukhārī, et il restitua chaque hadith à sa chaîne de transmission, rectifiant parfaitement chacune d’elles, sans qu’ils puissent relever la moindre erreur dans les chaînes ni dans le texte (3). Il fit de même à l’égard de cent traditionnistes de Bagdad.
Il fut également rapporté qu’il lui suffisait de parcourir un livre une seule fois et qu’il retenait tout son contenu d’un seul regard. Les récits à ce sujet sont nombreux (4).
Les savants de son époque, qu’ils fussent ses maîtres ou ses contemporains, ont loué ses mérites. L’imam Aḥmad déclara : « Le Khorasan n’a jamais produit son pareil » (5). Isḥāq ibn Rāhawayh affirma : « S’il avait vécu à l’époque de al-Ḥasan, les gens auraient eu besoin de lui, en raison de sa connaissance profonde du hadith et de sa compréhension (6). » Abū Bakr ibn Abī Shaybah et Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn Numayr dirent : « Nous n’avons jamais vu (7) quelqu’un comme lui (8). » ʿAlī ibn al-Madīnī déclara : « Il n’a pas rencontré son égal (9). » ʿAlī ibn Ḥujr ajouta : « Je ne connais personne qui lui soit semblable (10). » Enfin, Maḥmūd ibn al-Naḍr ibn Sahl al-Shāfiʿī raconta : « Je suis allé à Basra, au Shām, au Ḥijāz et à Kūfa ; j’y ai fréquenté les savants et, chaque fois qu’ils mentionnaient Muḥammad ibn Ismāʿīl al-Bukhārī, ils le plaçaient au-dessus d’eux-mêmes » (11). Et Abū al-ʿAbbās dit