Il perdit son père alors qu’il était encore enfant et grandit auprès de sa mère. Dieu l’inspira à mémoriser les hadiths alors qu’il se trouvait à l’école coranique, et il lut les ouvrages célèbres à seize ans, au point qu’on disait qu’il connaissait par cœur, dès son plus jeune âge, quelque soixante-dix mille hadiths d’affilée.
Il accomplit le pèlerinage à l’âge de dix-huit ans et demeura à La Mecque pour y rechercher la science du hadith. Par la suite, il voyagea afin de rencontrer les grands maîtres du hadith dans toutes les contrées où il lui fut possible de se rendre, et il recueillit le savoir auprès de plus de mille professeurs. Des multitudes de personnes lui rapportèrent des hadiths. Al-Khatib al-Baghdadi rapporte, d’après Al-Firabri, que celui-ci a déclaré : « Environ quatre-vingt-dix mille personnes, avec moi, ont écouté le recueil authentique (Sahîh) d’Al-Bukhârî. Il n’en reste plus que moi. »
Al-Bukhârî fut transmis par la voie d’Al-Firabri – comme c’est la version que les gens utilisent aujourd’hui – ainsi que par Hammâd ibn Shâkir, Ibrâhîm ibn Ma‘qil et Tâhir ibn Muhammad ibn Makhlad. Le dernier à avoir reçu son enseignement fut Abû Talha Mansûr ibn Muhammad ibn ‘Alî al-Bazdawî an-Nasafî, décédé en l’an 329 de l’hégire, et dont l’impartialité fut reconnue par l’émir Abû Nasr ibn Mâkûlâ.
Parmi ceux qui ont rapporté d’Al-Bukhârî, on compte Muslim, dans d’autres de ses ouvrages que le “Sahîh” (il était son élève et le vénérait), ainsi que Tirmidhî dans son “Jâmi‘” et an-Nassâ’î dans ses “Sunan”, selon l’avis de certains. Al-Bukhârî se rendit huit fois à Bagdad, et, à chacune de ses visites, il rencontrait l’imam Ahmad ibn Hanbal, qui l’incitait à s’établir à Bagdad et le blâmait de s’installer au Khorassan.
On rapporte qu’il se réveillait plusieurs fois dans la même nuit, rallumait sa lampe pour noter une idée lui venant à l’esprit, puis l’éteignait, et se relevait ainsi à près de vingt reprises. Il perdit la vue dans son enfance, et sa mère eut la vision du prophète Ibrahim (que la paix soit sur lui) qui lui dit : « Ô toi… »