Il dit : « Nous avons examiné et daté ce jour-là, et nous avons constaté que al-Muhtadî bi-llâh fut tué ce même jour, un lundi, alors qu’il restait quatorze jours de Rajab de l’an 256. »
Le califat revint alors à al-Muʿtamid ʿalâ-llâh, Aḥmad ibn al-Mutawakkil ʿalâ-llâh, connu sous le nom d’Ibn Fityân (1). Il fut investi du califat le mardi 13 Rajab de la même année 256, dans la demeure de l’émir Bârjûkh (2), quelques jours avant la déposition de al-Muhtadî. Puis la prestation d’allégeance (bayʿah) du peuple eut lieu le lundi suivant, alors qu’il restait huit jours de Rajab.
Dix jours avant la fin de Rajab, Mûsâ ibn Bughâ et Mufliḥ entrèrent à Surr Man Raʾâ (Samarra). Mûsâ s’installa dans sa propre demeure, la population se calma et les troubles s’y apaisèrent.
Quant au chef des Zanj, qui prétendait être un Alide, il assiégeait Bassora, tandis que les armées califales se dressaient sans succès pour l’arrêter. Il les défaisait à chaque fois et s’emparait des vivres et marchandises qui arrivaient par bateau. Par la suite, il prit le contrôle d’al-Ubulla, d’Abâdân et d’autres contrées. Les habitants de Bassora éprouvèrent alors une terreur extrême à son égard, d’autant que sa cause ne cessait de prendre de l’ampleur, ses troupes de croître et son effectif d’augmenter, et il poursuivit cette entreprise jusqu’à la fin de cette année-là.
Dans cette même année, un autre homme se souleva à Kûfa : il s’appelait ʿAlî ibn Zayd al-Tâlibî. Une armée envoyée depuis le calife s’avança contre lui, mais ce Tâlibî la vainquit et étendit son autorité sur Kûfa. Sa puissance grandit et sa position devint redoutable.
La même année encore, Muḥammad ibn Wâṣil [ibn Ibrâhîm] at-Tamîmî attaqua le gouverneur d’al-Ahwâz, al-Ḥârith ibn Sîmâ ash-Sharâbî (5), le tua et s’empara du territoire d’al-Ahwâz.
Au mois de Ramaḍân de cette même année, al-Ḥasan ibn Zayd al-Tâlibî s’empara de la région du Rayy ; alors, au mois de Shawwâl, Mûsâ ibn Bughâ partit de chez al-Muʿtamid à sa rencontre, après recevoir son congé.
Durant la même période, il y eut une grande bataille aux portes de Damas, entre Amajûr, gouverneur de la ville — qui ne disposait que d’environ quatre cents cavaliers — et le fils de ʿÎsâ ibn ash-Shaykh, qui menait près de vingt mille hommes. Amajûr sortit vainqueur de cette confrontation. Le calife accorda ensuite à ce fils d’ʿÎsâ ibn ash-Shaykh le gouvernement de l’Arménie, à condition qu’il laisse les gens du Shâm en paix. Celui-ci accepta et se retira de la région.