Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils se levèrent contre le calife et ses compagnons, et tuèrent parmi eux près de quatre mille hommes. Puis ils les chargèrent et les mirent en déroute. Al-Muhtadî bi-Llâh prit alors la fuite, l’épée nue à la main, en criant : « Ô gens ! Soutenez votre calife ! » Il entra dans la demeure d’Ahmad ibn Jumayl, responsable de l’assistance (al-maʿûna), y déposa son arme, revêtit des vêtements blancs et voulut s’en aller pour se cacher. Mais Ahmad ibn Khâqân le surprit sur place, avant qu’il ne parte. On le toucha d’une flèche, on le poignarda au flanc, puis on le fit monter sur une monture, avec un palefrenier derrière lui, vêtu seulement d’une chemise et d’un pantalon, jusqu’à ce qu’il atteigne (1) la demeure d’Ahmad ibn Khâqân. Là, ceux qui s’y trouvaient le giflèrent et lui crachèrent au visage. Ils exigèrent de lui l’engagement (khaṭṭ) d’une somme de six cent mille dinars, puis le livrèrent à un homme qui ne cessa de lui piétiner les parties jusqu’à ce qu’il meure – qu’Allâh lui fasse miséricorde (– qu'Allah lui fasse miséricorde –). Cela arriva un jeudi, la douzième nuit restante du mois de Rajab.

Son califat dura moins d’un an de cinq jours. Il naquit en l’an deux cent dix-neuf, et certains disent en l’an deux cent quinze. Jaʿfar ibn ʿAbd al-Wâḥid célébra la prière funéraire sur sa dépouille, et il fut inhumé au cimetière d’al-Muntaṣir ibn al-Mutawakkil.

Il était basané (asmar), de constitution délicate, le front dégarni (2), doté d’une belle barbe, légèrement grisonnante (3), de beaux yeux, le ventre proéminent, les épaules larges, de petite taille et portait une longue barbe. Sa kunya était Abû ʿAbd Allâh.

Al-Khaṭīb (4) a dit : « Il était l’un des califes à la conduite la plus droite, au chemin le plus beau, le plus remarquable par sa piété et le plus assidu dans son adoration. Il ne rapporta qu’un seul ḥadîth, puis on le transmit de lui. » Et voici la chaîne de transmission : « Il m’a raconté ʿAlî ibn Abî Hâshim ibn Ṭibrâkh (5), qui le tenait de Muḥammad ibn al-Ḥasan al-faqîh, d’Ibn Abî Laylâ, de Dâwud ibn ʿAlî, de son père, d’Ibn ʿAbbâs, qui a dit : ‘Al-ʿAbbâs demanda : “Ô Messager d’Allâh ! Quelle part avons-nous dans cette affaire ?” Il répondit : “À moi la prophétie, et à vous le califat ; c’est par vous que cette affaire commencera et c’est par vous qu’elle se terminera.” » Il dit aussi à Al-ʿAbbâs : « Celui qui t’aime bénéficiera de mon intercession ; celui qui te hait n’en bénéficiera point (6). »

(1) Dans la version de Ḍāʾiʿ ; (2) « Al-Ajlā » : au sens de visage beau, agréable ; (3) Al-Ashhab : dont la couleur est altérée et qui tire sur le froid ou la chaleur. Selon al-Ṭabarī : « Ashhal », c’est celui dont l’œil est devenu « shahl », c’est-à-dire un mélange de deux couleurs. « Ash-shahl » désigne la rougeur qui revient dans l’œil d’une personne. (4) Tārīkh Baghdād, vol. 3, p. 348. (5) Dans la version de Ālī : ʿAlī b. Hāshim b. Ṭarāḥ ; dans la version de B et Ḍāʾiʿ : ʿAlī b. Hāshim Ṭabbākh ; et dans le Tārīkh Baghdād : ʿAlī b. Hāshim b. Ṭabrākh. Il s’agit de ʿAlī b. Abī Hāshim ʿUbaydillāh b. Ṭibrākh al-Baghdādī, une personnalité fiable, on a discuté de lui au sujet de la waqf dans le Qurʾān (arrêt sur la récitation). Références : Taqrīb at-Tahdhīb (2/45) ; ainsi que Tahdhīb at-Tahdhīb (7/393). (6) Il figure dans le Tārīkh Baghdād (3/348-349). Bachār a dit : « C’est un rapport faux avec une chaîne de transmission corrompue, les signes de la falsification en sont évidents. Dāwūd b. ʿAlī b. ʿAbdillāh b. ʿAbbās est faible, Muhammad b. ʿUmar al-Jaʿābī était immoral et de faible piété, sans scrupules. Ce hadith est retransmis uniquement par al-Khaṭīb par le biais d’al-Jaʿābī. »
واحدًا على الخليفة وأصحابه، فقتل منهم نحو من أربعة آلاف، ثم حملوا عليهم فهزموهم، وانهزم المهتدي باللّه وبيده السيف صلتًا وهو ينادي: يا أيها الناس! انصروا خليفتكم. فدخل دار أحمد بن جُمَيل صاحب المعونة، فوضع فيها سلاحه، ولبس البياض، وأراد أن يذهب فيختفي، فعاجله أحمد بن خاقان فيها، فأخذه قبل أن يذهب، ورُمي بسهم، وطعن في خاصرته وحمل على دابّةٍ وخلفَهُ سائسٌ، وعليه قميصٌ وسراويلُ حتى حصل (١) في دار أحمد بن خاقان، فجعل مَنْ هناك يصفَعُونه ويبزُقون في وجهه، وأخذوا خطَّه بستمئة ألف دينار، وسلَّموه إلى رجل، فلم يزل يطأ خصييه حتى مات؛ (رحمه الله) . وذلك يوم الخميس لاثنتي عشرة ليلةً بقيت من رجب. وكانت خلافته أقلَّ من سنةٍ بخمسة أيام، وولد في سنة تسع عشرة، وقيل: سنة خمس عشرة ومئتين. وصلَّى عليه جعفر بن عبد الواحد ودفن بمقبرة المنتصر بن المتوكِّل. وكان أسمر رقيقًا، أجْلَى (٢) ، حسن اللحية، أشهب (٣) ، حسن العينين، عظيم البطن، عريض المنكبين، قصيرًا، طويل اللحية، يكنى أبا عبد اللّه. قال الخطيب (٤) : وكان من أحسن الخلفاء مذهبًا، وأجملهم طريقة، وأظهرهم ورعًا، وأكثرهم عبادة. وإنَّما روى حديثًا واحدًا، ثم أسند عنه. قال: حدَّثني عليّ بن أبي هاشم بن طِبْرَاخ (٥) ، عن محمد بن الحسن الفقيه، عن ابن أبي ليلى، عن داود بن عليّ، عن أبيه، عن ابن عباس، قال: قال العباس: يا رسولَ اللّه! ما لنا في هذا الأمر؟ قال: "لي النبوة ولكم الخلافة، بكم يفتح هذا الأمر وبكم يختم" . وقال للعباس: "من أحبك نالته شفاعتي، ومن أبغضك لا نالته شفاعتي" (٦) .
(١) في ظا: صار. (٢) "الأجلى": الحسن الوجه. (٣) الأشهب: الذي حال لونه وتلوَّح من برد أو حرّ. وفي الطبري: أشْهَل، وهو الذي شهلت عينه، وهو اختلاط أحد اللونين بالآخر. و "الشَّهل": أن يثوب إنسانَ العين حمرةٌ. (٤) تاريخ بغداد (٣/ ٣٤٨). (٥) في آ: علي بن هاشم بن طراح، وفي ب، ظا: علي بن هاشم طباخ، وفي تاريخ بغداد علي بن هاشم بن طَبْراخ. وهو علي بن أبي هاشم عبيد اللّه بن طِبْرَاخ البغدادي، صدوق، تكلم فيه للوقف في القرآن. وتقريب التهذيب (٢/ ٤٥). كما في تهذيب التهذيب (٧/ ٣٩٣). (٦) هو في تاريخ بغداد (٣/ ٣٤٨ - ٣٤٩). قال بشار: وهو خبر باطل وإسناد تالف، وسيماء الوضع ظاهرة عليه، داود بن علي بن عبد اللّه بن عباس ضعيف، ومحمد بن عمر الجعابي، كان فاسقًا رقيق الدين لا يتورع. وقد تفرد الخطيب برواية هذا الحديث من طريق الجعابي.

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