Ali ibn Muḥammad [ibn ʿAlī] (fils de Mûsâ ar-Riḍā) mourut à Bagdad, le lundi alors qu’il restait quatre jours de Jumâdà al-Âkhirah. Abû Aḥmad ibn al-Mutawakkil célébra la prière funéraire sur sa dépouille dans la rue qui porte son nom, puis il fut inhumé dans sa demeure à Bagdad. Il y eut aussi la mort de Muḥammad ibn ʿAbd Allâh al-Mukharrimî et de Muʾammil ibn Ihâb.
Abû al-Ḥasan ʿAlî al-Hâdî – fils de Muḥammad al-Jawâd ibn ʿAlî ar-Riḍā ibn Mûsâ al-Kâẓim ibn Jaʿfar aṣ-Ṣâdiq ibn Muḥammad al-Bâqir ibn ʿAlî Zayn al-ʿÂbidîn ibn al-Ḥusayn le martyr, fils de ʿAlî ibn Abî Ṭâlib – était l’un des douze imams et le père de Ḥasan ibn ʿAlî al-ʿAskarî, attendu par la secte égarée, ignorante, menteuse et fautive. Il était un homme dévot et ascète. Al-Mutawakkil le transféra à Sâmarra, où il résida un peu plus de vingt ans, avant de mourir cette même année.
On avait rapporté à al-Mutawakkil qu’il possédait chez lui de nombreuses armes ainsi que des lettres de différentes personnes. Il envoya donc des hommes pour le surprendre. Ils le trouvèrent assis, tourné vers la qibla, vêtu d’une tunique en laine, assis à même le sol, sans rien d’interposé. C’est ainsi qu’ils le prirent et l’emmenèrent à al-Mutawakkil, qui se trouvait alors à boire. Quand il se présenta devant lui, le calife l’honora grandement, le fit asseoir à ses côtés et lui tendit la coupe qu’il tenait en main. Il dit : « Ô Commandeur des croyants, jamais cela n’a touché ma chair ni mon sang, dispense-moi de la boire. » Al-Mutawakkil l’excusa, puis lui demanda de lui réciter des vers. Il déclama alors :
« Ils passèrent la nuit au sommet des montagnes que gardaient de puissants guerriers, mais les cimes ne leur furent d’aucun secours.
Une fois déchus de leur puissance, on les fit descendre de leurs forteresses pour les déposer dans des fosses ; quel lamentable gîte ! »