Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Dans une autre version, il dit : « Voilà trente ans que je désire des légumes, sans jamais pouvoir en obtenir. »

Au sujet de Sari, on rapporte qu’il déclara : « Notre marché a brûlé, et je me suis rendu à l’emplacement de ma boutique. Un homme m’a alors abordé en me disant : “Réjouis-toi, ta boutique est intacte.” J’ai répondu : “Louange à Dieu.” Puis je me suis souvenu de ce remerciement (1), et depuis trente ans je ne cesse de demander pardon à Dieu pour cela. » (Récit rapporté par al-Khatib (2))

Sari dit encore : « Une nuit, j’ai accompli ma portion de prières, puis j’ai allongé mes jambes dans le mihrab. Une voix m’a interpellé : “Ô Sari ! Est-ce ainsi que l’on s’assied en présence des rois ?!” Alors j’ai rapproché mes jambes et j’ai dit : “Par Ta puissance, je ne les allongerai plus jamais.” » (3)

Al-Junayd ibn Muhammad déclara : « Je n’ai jamais vu personne plus dévoué [à Dieu] (4) que Sari al-Saqati. Il atteignit l’âge de quatre-vingt-dix-huit ans et on ne l’a vu s’allonger qu’à l’article de la mort. » (5)

Al-Khatib rapporte (6), d’après Abou Nu‘aym, d’après Ja‘far al-Khouldi, d’après al-Junayd ibn Muhammad : « Je suis allé lui rendre visite et je lui ai demandé : “Comment te sens-tu ?” Il répondit : “Comment pourrais-je me plaindre auprès de mon médecin de ce qui m’afflige, alors que c’est précisément mon médecin qui m’a fait subir cette épreuve… ?” Puis j’ai pris un éventail pour le rafraîchir. Il me dit : “Comment celui qui est consumé de l’intérieur pourrait-il trouver soulagement dans le souffle d’un éventail ?” Alors il se mit à réciter :

“Le cœur est en feu, les larmes se disputent le premier flot,
La détresse est entière, tandis que la patience s’enfuit.
Comment demeurer en paix quand on n’a plus de paix,
À cause des affres de la passion, du désir et de l’anxiété ?
Ô Seigneur, s’il existe une voie de délivrance,
Accorde-la-moi tant qu’il me reste un souffle de vie.”

Et j’ai ajouté (9) : “Donne-moi un conseil.” Il me répondit : “Ne fréquente pas les gens mauvais, et ne te laisse pas détourner de Dieu par la compagnie des justes.” »

(1) Ensuite dans Ṭ, alors que je louais Dieu pour la sécurité de ma vie mondaine et pour ne pas avoir conforté les gens dans ce qui les affecte. (2) Tārīkh Baghdād (vol. 9, p. 188). (3) Tārīkh Baghdād (vol. 9, p. 187), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (vol. 12, p. 185). (4) Selon B. Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (vol. 12, p. 186). (5) Tārīkh Baghdād (vol. 9, p. 192). (6) Tārīkh Baghdād (vol. 9, p. 191). (7) Dans Ṭ : « Je suis » et dans B, Ṣ, Ṭ elle disparaît. (8) Dans Ṭ, Ṣ : « vent ». (9) C’est-à-dire al-Junayd. Voir Tārīkh Baghdād (vol. 9, p. 191), Ṣifat al-Ṣafwa (vol. 2, p. 385).
وفي رواية: قال: إني لأشتهي البَقْلَ منذ ثلاثين سنة فما أقدِرُ عليه. وعن السَّرِيِّ أنه قال: احترَقَ سوقُنا، فقصدْتُ المكانَ الذي فيه دُكّاني، فتلقَّاني رجل، فقال: أبشر، فإنَّ دكَّانَكَ سَلِمَتْ. فقلت: الحمدُ لله. ثم تذكَّرت ذلك التَحميد (١) ، فأنا أستغفر اللهَ منه منذ ثلاثين سنة، رواها الخطيب (٢) . وقال السَّريُّ: صَلَّيْتُ وِرْدِي ذاتَ ليلةٍ، ثم مدَدْتُ رجلي في المحراب، فنُوديتُ: يا سَرِيُّ! كذا تجالسُ الملوكَ؟ ! قال: فضمَمْتُ رِجْلي، ثم قلْتُ: وعِزَّتِك لا مدَدْتُ رِجْلي أبدًا (٣) . وقال الجُنَيْد بن محمد: ما رأيت أعبَدَ [لله] (٤) من السَّرِيّ السَّقَطِي، أتَتْ عليه ثمانٌ وتسعون سنة ما رُئي مُضطجعًا إلا في علَّةِ الموت (٥) . وروى الخطيب (٦) ، عن أبي نعيم، عن جعفر الخُلْديّ، عن الجُنَيْد بن محمد، قال: دخلْتُ عليه أعودُه، فقلت: كيفَ تجدُك؟ فقال: كيف (٧) أشكُو إلى طبيبي ما بي؟ … والذي قد أصابني مِنْ طبيبي قال: فأخذْتُ المِرْوَحَةَ أروّحه، فقال لي: كيف يجد رَوح (٨) المِرْوَحَةِ مَنْ جَوْفُه يحترِقُ من داخل؟ ثم أنشأ يقول: القلبُ محترِقٌ، والدَّمْعُ مُستبِقٌ … والكَرْبُ مجتمِعٌ، والصَّبرُ مُفترِقُ كيفَ القرارُ على مَنْ لا قَرارَ لَه … ممَّا جناهُ الهَوَى والشَّوقُ والقَلَقُ يا ربّ إنْ كان شيءٌ فيه لي فَرَجٌ … فآمْنُنْ عليَّ به ما دامَ بي رَمَقُ قال (٩) : وقلت له: أوصني، فقال: لا تصحَبِ الأشرارَ، ولا تشتغِلْ عن اللّه بمجالسة الأخيار.
(١) بعدها في ط: إذ حمدت اللّه على سلامة دنياي، وأني لم أواس الناس فيما هم فيه. (٢) تاريخ بغداد (٩/ ١٨٨). (٣) تاريخ بغداد (٩/ ١٨٧)، سير أعلام النبلاء (١٢/ ١٨٥). (٤) من ب. سير أعلام النبلاء (١٢/ ١٨٦). (٥) تاريخ بغداد (٩/ ١٩٢). (٦) تاريخ بغداد (٩/ ١٩١). (٧) في آ: أنا وسقطت في ب، ظا. (٨) في آ، ظا: ريح. (٩) أي الجنيد، وانظر تاريخ بغداد (٩/ ١٩١)، وصفة الصفوة (٢/ ٣٨٥).

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