Il transmit (hadiths ou récits) de Hushaym, d’Abou Bakr ibn ‘Ayyach, d’Ali ibn Ghurâb, de Yahyâ ibn Yamân, de Yazîd ibn Hârûn et d’autres encore. Transmirent de lui son neveu Al-Junayd ibn Muhammad, Abou al-Husayn (1) an-Nûrî, Muhammad ibn al-Fadl ibn Jâbir as-Saqqatî ainsi qu’un groupe de personnes.
Il possédait une boutique où il commerçait. Un jour, une jeune servante passa devant lui, le récipient qu’elle avait avec elle pour acheter quelque chose pour ses maîtres étant brisé ; elle se mit alors à pleurer. Sari lui donna de quoi en acheter un autre. Ma‘rûf observa ce que Sari fit pour cette jeune fille, puis lui dit : « Puisse Dieu te faire haïr ce bas-monde (2). »
Sari raconta : « Un jour de fête, je passai et trouvai Ma‘rûf accompagné d’un petit garçon à l’allure négligée. Je lui demandai : “Qui est-ce ?” Il répondit : “Cet enfant se tenait à l’écart pendant que les autres jouaient, et il était affligé.” Je lui dis : “Pourquoi ne joues-tu pas ?” Il me répondit : “Je suis orphelin. Je n’ai rien pour acheter des noix afin de jouer avec.” Je l’ai alors pris avec moi en vue de réunir des noyaux de fruits pour qu’il puisse s’acheter des noix et s’amuser. Je demandai à Ma‘rûf : “Ne devrais-je pas plutôt l’habiller et lui donner de quoi s’acheter ce dont il a besoin ?” Il dit : “Le feras-tu ?” Je répondis : “Oui.” Il me dit : “Alors prends-le, et que Dieu comble ton cœur de richesse !”” Sari poursuivit : “À mes yeux, ce monde me parut dès lors bien insignifiant.”
Un jour, Sari possédait une certaine quantité d’amandes. Un homme lui proposa soixante-trois dinars pour un kurr (3), puis s’en alla. Or, la valeur de ce kurr d’amandes monta à quatre-vingt-dix dinars. Alors l’homme revint et dit : “Je veux t’acheter le kurr à quatre-vingt-dix dinars.” Sari lui répondit : “Je t’ai fait un prix de soixante-trois dinars, je ne le vendrai qu’à ce tarif.” L’homme insista : “Je veux l’acheter à quatre-vingt-dix.” Sari répondit : “Je ne le cèderai qu’au prix que je t’ai initialement annoncé.” L’homme dit : “Par sincérité, je ne devrais l’acheter qu’au prix de quatre-vingt-dix dinars.” Et il s’en alla sans rien acheter.
Un jour, une femme se présenta à Sari : “Mon fils a été arrêté par la garde. J’aimerais que tu intercèdes auprès du chef de la police afin qu’il ne le batte pas.” Sari se leva, fit la prière et l’allongea longtemps. Pendant qu’il priait, la femme s’impatientait fortement à l’idée que son fils puisse être frappé. Quand il acheva sa prière, elle s’écria : “Par Dieu ! Aidez-moi au sujet de mon fils !” Il lui répondit : “Me voici, je m’occupe de ta requête.” Il n’avait pas quitté sa place qu’une autre femme vint à la rencontre de la première et lui annonça : “Réjouis-toi ! Le responsable a relâché ton fils.” La femme s’en alla alors le rejoindre.
Sari dit également : “J’aimerais manger un repas pour lequel je ne devrais rien à personne (4) et pour lequel personne ne pourrait me faire de reproche ou me réclamer une faveur (5), mais je ne trouve aucun moyen d’y parvenir.”