Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Au cours du mois de Ramadan de cette même année, al-Muʿtazz accorda les insignes de pouvoir à Bughā al-Sharābī et l’affubla de la couronne et des deux écharpes. Le jour de l’Aïd al-Fitr, une bataille terrible éclata près d’un lieu appelé al-Bawāzīj (1). En effet, un homme nommé Musāwir ibn ʿAbd al-Ḥamīd y exerçait son autorité (2), et environ sept cents kharijites s’étaient ralliés à lui. Alors un certain Bundār al-Ṭabarī se mit en route contre lui à la tête de trois cents de ses compagnons. Ils s’affrontèrent ce jour-là et livrèrent un combat acharné. Une cinquantaine de kharijites furent tués, tandis que deux cent cinquante hommes des troupes de Bundār tombèrent au combat. Bundār lui-même figura parmi les victimes.

Ensuite, Musāwir marcha jusqu’à Ḥulwān. Les habitants de la ville lui résistèrent et furent aidés par des pèlerins originaires du Khurāsān. Musāwir parvint à en tuer près de quatre cents – que Dieu le déshonore. Un grand nombre de ses propres hommes périrent également.

Le vingt-septième jour de Shawwāl (alors qu’il en restait trois à écouler), Waṣīf al-Turki fut mis à mort. La foule voulut piller sa demeure à Sāmarrā ainsi que les maisons de ses enfants, mais on les en empêcha. Le calife al-Muʿtazz transféra à Bughā al-Sharābī toutes les charges qui incombaient jusque-là à Waṣīf.

Dans la nuit du quatorzième de Dhū l-Qaʿda de cette année, la lune fut éclipsée (3) au point que sa plus grande partie disparut et que sa lumière s’éteignit. À la fin de l’éclipse, Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn Ṭāhir, gouverneur de l’Irak à Bagdad, rendit l’âme. Il souffrait d’ulcérations au niveau de la tête et de la gorge, qui causèrent sa mort.

Lorsque l’on amena sa dépouille pour la prière funéraire, son frère ʿUbayd Allāh et son fils Ṭāhir se disputèrent quant à savoir lequel des deux dirigerait la prière. Ils en vinrent à s’affronter au point de tirer les épées, et la foule se mit à se jeter des pierres. Les gens du commun crièrent : « Ô Ṭāhir ! Ô Manṣūr ! » Alors ʿUbayd Allāh s’empressa de gagner la rive orientale de la ville, accompagné de chefs militaires et de notables, et se rendit chez lui, car son frère lui avait fait testamment. Quand l’affaire parvint à la connaissance d’al-Muʿtazz, celui-ci dépêcha des habits d’honneur et le gouvernement de l’Irak à l’intention de ʿUbayd Allāh ibn Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn Ṭāhir. ʿUbayd Allāh attribua alors cinquante mille dirhams à l’envoyé qui avait apporté ces insignes.

Cette même année, le calife al-Muʿtazz exila son frère Abū Aḥmad de Surr Man Raʾā (Sāmarrā) vers Wāsiṭ, puis à Baṣra, avant de le faire ramener ensuite à Bagdad, où il fut établi dans le quartier oriental, au palais de Dīnār ibn ʿAbd Allāh.

(1) Une ville proche de Tikrit, à l'embouchure de la rivière Dujail inférieure, là où elle se jette dans le Tigre ; elle fait désormais partie des provinces de Mossoul. (Yāqūt). (2) C'est-à-dire qu'il a dit : « Il n’y a de jugement qu’à Dieu. » (3) Dans l’ouvrage de al-Ṭabarī : « Il est passé ». (4) Dans la version Ṭ : « Son obscurcissement fut une disparition », ce qui concorde avec ce qui est rapporté chez al-Ṭabarī. Ibn al-ʿAṯīr dit : Le terme « khusūf » (obscurcissement) dans le hadith revient fréquemment pour le soleil, alors qu’en langue, on lui applique plutôt « kusūf », et pour la lune on dit « khusūf » ; en somme, le meilleur usage linguistique est : le soleil subit un « kusūf » et la lune un « khusūf ». (Al-Lisān : « khusf »).
وفي رمضان منها خَلَعَ المعتر على بُغَا الشرابيّ وألبَسَه التَّاجَ والوشاحين. وفي يوم عيد الفطر كانت وقعة هائلة عند مكان يقال له: البَوازِيْج (١) ، وذلك أنَّ رجلًا يقال له: "مُساور بن عبد الحميد" حكّم (٢) فيها، والتفَّ عليه نحو من سبعمئة من الخوارج، فقصَدَ له رجلٌ يقال له: "بُنْدار الطبريّ" في ثلاثمئة من أصحابه، فالتقوا في هذا اليوم، فاقتتلوا قتالًا شديدًا، فقُتِلَ من الخوارج نحو من خمسين، وقُتِلَ من أصحاب بُنْدار مئتان وخمسون رجلًا، وقُتِلَ بُنْدَار فيمن قُتِلَ: (رحمه الله) . ثم صَمَدَ (٣) مُساور إلى حُلوان، فقاتله أهلُها، وأعانهم حُجّاج أهلِ خراسان، فقتَلَ مُساور منهم نحوًا من أربعمئة إنسانٍ؛ قبَّحه اللّه. وقُتِلَ من أصحابه جماعة كثيرون أيضًا. ولثلاث بَقِين من شوال قُتِلَ وصيف التركيّ، وأرادت العامة أن تنتهبَ دارَه بسامُرّا ودورَ أولاده، فلم يمكنهم ذلك. جعَلَ المعتزُّ الخليفة ما كان إليه إلى بُغَا الشرابيّ. وفي ليلة أربعَ عشرة من ذي القعدة من هذه السنة كُسِفَ (٤) القمرُ حتَّى غاب أكثرُه وغرق نورُه، وعند انتهاء كُسُوفه مات محمد بن عبد اللّه بن طاهر نائبُ العراق ببغداد. وكانت عِلَّتُه قروحًا في رأسه وحَلْقِه فذبحته. ولمَّا أتي به لِيُصلَّى عليه اختلف أخوه عُبيدُ اللّه وابنُه طاهر، أيُّهما يُصلّي عليه، وتنازعا حتى جُذبت السّيوف، وترامى الناس بالحجارة، وصاحت الغَوْغَاءُ: يا طاهر، يا منصور؛ فمال عُبيدُ اللّه إلى الشرقية ومعه القواد وأكابر الناس، فدخل داره وكان أخوه قد أوصى إليه. وحين بلَغَ المعتزَّ ما وقع، بعثَ بالخِلَع والولاية لِعُبيد اللّه بن محمد بن عبد اللّه بن طاهر، فأطلَقَ عُبيد اللّه للذي قدِمَ بالخلع خمسين ألف درهم. وفيها: نَفَى الخليفةُ المعتزُّ أخاه أبا أحمد من سُرَّ مَنْ رأى إلى واسط، ثم إلى البصرة، ثم رُدَّ إلى بغداد، [فأنزل في الشرقية، في قصر دينار بن عبد اللّه.
(١) بلد قرب تكريت على فم الزاب الأسفل حيث يصب في دجلة، وهي الآن من أعمال الموصل. ياقوت. (٢) أي قال: لا حكم إلا للّه. (٣) في الطبري: مضى. (٤) في ط: خُسِف خسوفه، ويوافق ذلك ما جاء في الطبري. قال ابن الأثير: ورد الخسوف في الحديث كثيرًا للشمس، والمعروف لها في اللغة الكسوف لا الخسوف، وخسوف القمر: كسوفه. وأجود الكلام: كسفت الشمس وخسف القمر. اللسان: خسف.

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