Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis on l’autorisa à se rendre à Wâsit ; il quitta alors la ville, accompagné d’une garde d’environ (1) quatre cents hommes pour l’y escorter. Al-Muʿtazz décerna le vizirat à Aḥmad b. Isrâʾîl (2), lui offrit une robe d’honneur et l’affubla d’une couronne qu’il plaça sur sa tête. Lorsque la situation à Bagdad fut stabilisée, que l’on y reconnut pleinement l’autorité d’al-Muʿtazz, que ses habitants lui témoignèrent leur obéissance, que l’ordre y fut rétabli et que les provisions affluèrent de toutes parts, les gens y bénéficièrent d’une large abondance de vivres. Abû Aḥmad quitta alors Bagdad le samedi, au douzième jour du mois de muḥarram, pour se rendre à Sâmarrâ, accompagné de Muḥammad b. ʿAbd Allâh b. Ṭâhir et de notables chefs de l’armée. Abû Aḥmad remit à Ibn Ṭâhir cinq robes d’honneur et une épée, puis le renvoya depuis al-Rûdhbâr (3).

Ibn Jarîr (4) mentionne les éloges que les poètes composèrent en l’honneur d’al-Muʿtazz, ainsi que leur jubilation à l’égard de la déposition d’al-Mustaʿîn, en rapportant de nombreux exemples. Parmi ceux-ci, on trouve les vers de Muḥammad b. Marwân b. Abî al-Janûb b. Marwân, qui fait l’éloge d’al-Muʿtazz et blâme al-Mustaʿîn, suivant l’habitude des poètes (5) :

« En vérité, les affaires sont revenues à al-Muʿtazz,
tandis qu’al-Mustaʿîn est retourné à son ancienne situation (6).
Il savait déjà que la royauté ne lui appartenait pas,
et qu’elle était tienne, mais il se trompa lui-même.
Le Maître de la royauté, Celui qui la confère et la retire,
t’a offert ce pouvoir, tout en l’ôtant à l’autre.
En effet, le califat ne lui convenait point,
à l’image d’une femme légitime mariée à un importun.
Que cette prestation de serment fut laide aux yeux de tous !
Et combien l’annonce de sa déposition fut bien accueillie !
[Plût au Ciel qu’on l’embarquât jusqu’à Qâf !
Que je donnerais volontiers mon âme au marin qui l’y conduirait !
Combien de rois ont gouverné les gens avant toi ?
S’ils avaient subi ce que tu as supporté, ils en auraient été brisés !]
À présent, grâce à toi, les gens retrouvent la prospérité après l’étroitesse :
Dieu accorde toujours, après la détresse, une issue.
Et Dieu repousse de toi l’injustice d’un roi ;
car c’est grâce à toi qu’Il nous en a préservés.
»

Ensuite, depuis Sâmarrâ, le Commandeur des croyants al-Muʿtazz écrivit à son représentant à Bagdad, Muḥammad b. ʿAbd Allâh b. Ṭâhir, pour qu’il supprime le nom de

(1) Dans la version A : "nawḥ" (ma direction / tendance). (2) Dans la version T : « Ahmad ibn Abī Isrāʾīl » est une erreur. Sa biographie est consultable dans Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (12/332). (3) Dans la version T, altéré en : « Il le renvoya de la route vers Bagdad ». Et « ar-Rūdhbār » : un toponyme désignant plusieurs lieux auprès des rivières, dont un village près de Bagdad. Voir Yāqūt. (4) Voir Tārīkh al-Ṭabarī (9/350-353). (5) Tārīkh al-Ṭabarī (9/351). (6) Al-Ṭabarī : et al-Mustaʿān. (7) Ce qui est entre parenthèses est un ajout dans la version T et chez al-Ṭabarī. « Ẓalʿa fī mashyih » : il a boité.
ثم أذن له في المسير إلى واسط، فخرج ومعه حرسٌ يوصلوه إليها نحوًا (١) من أربعئمة. واستَوزر المعتز أحمد بن إسرائيل (٢) ، وخلَعَ عليه، وألبَسَه تاجًا على رأسه. ولمَّا تمهَّد أمرُ بغدادَ واستقرَّت البيعة للمعتزّ بها، ودان له أهلُها، واجتمع شملُها، وقدمتها الميرةُ من كُلِّ جانب، واتَّسَعَ الئاس في الأرزاق والأطعمة، ركبَ أبو أحمد منها في يوم السبت لاثنتي عشرة ليلة خلت من المحرّم إلى سامُرّا، وشيَّعه محمد بن عبد اللّه بن طاهر في وجوه القواد، فخلع أبو أحمد على ابن طاهر خمسَ خلع وسيفًا، وردَّه من الرُّوذَبار (٣) . وقد ذكر ابنُ جرير (٤) مدائحَ الشعراء في المعتزِّ وتشفّيهم بخلْعِ المستعين، فأكثَرَ من ذلك جدًّا. فمن ذلك قولُ محمد بن مروان بن أبي الجَنوب بن مروان في مدح المعتزِّ وذمِّ المستعين، كما جرت عادة الشعراء (٥) : إنَّ الأمورَ إلى المعتزِّ قد رَجَعتْ … والمُستعين (٦) إلى حالاتِهِ رَجَعا وكانَ يَعلَمُ أنَّ المُلْكَ ليسَ لَهُ … وَأنَّهُ لَكَ لكنْ نفسَهُ خَدَعا ومالكُ المُلْكِ مُؤتِيهِ ونازِعُهُ … آتاكَ مُلْكًا ومنهُ الملكَ قَدْ نَزَعا إنَّ الخِلافَةَ كانتْ لا تُلائِمُهُ … كانَتْ كَذَاتِ حَليلٍ زُوِّجَتْ مُتَعَا ماكان أقبحَ عندَ النَّاسِ بَيْعَتَهُ … وكانَ أحسَنَ قَوْل النَّاسِ قد خُلِعا [ليتَ السَّفِينَ إلى قافٍ دَفَعْنَ بهِ … نفسي الفِداءُ لملاحٍ بهِ دَفَعَا كم سَاسَ قبلَكَ أمْرَ النَّاسِ من مَلِكٍ … لو كانَ حُمِّلَ ما حُمِّلْتَه ظَلَعا] (٧) أمْسَى بكَ النَّاسُ بعد الضِّيقِ في سَعَةٍ … واللّهُ يَجعلُ بعدَ الضِّيقِ مُتَّسَعَا واللّهُ يدفَعُ عنكَ السّوءَ من مَلِكٍ … فإنَّه بكَ عنَّا السوءَ قد دَفَعَا وكتب أمير المؤمنين المعتزُّ من سامُرّاء إلى نائب بغداد محمد بن عبد اللّه بن طاهر أن يُسقِطَ اسْمَ
(١) في آ: نحو. (٢) في ط: "أحمد بن أبي إسرائيل" خطأ. وتنظر ترجمته في سير أعلام النبلاء (١٢/ ٣٣٢). (٣) تحرفت في ط إلى: وردّه من الطريق إلى بغداد. و "الرُّوذَبار": لفظة لمواضع عدة عند الأنهار، منها قرية قرب بغداد. ياقوت. (٤) انظر تاريخ الطري (٩/ ٣٥٠ - ٣٥٣). (٥) تاريخ الطبري (٩/ ٣٥١). (٦) الطبري: والمستعان. (٧) ما بين قوسين زيادة من ط والطبري. و "ظَلع في مشيه": عَرَجَ.

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