Il les honora, leur remit des habits d’apparat et leur octroya des présents somptueux. Nous reviendrons plus loin sur ce qui advint au début de l’année suivante.
Au cours de cette même année, au mois de Rabî‘ al-Awwal, un membre de la Famille du Prophète (Ahl al-Bayt) apparut dans les régions de Qazwîn et de Zandjân. Il s’agissait d’al-Ḥusayn fils d’Aḥmad fils d’Ismā‘îl fils de Muḥammad fils d’Ismā‘îl al-Arqaṭ fils de Muḥammad fils de ‘Alî fils d’al-Ḥusayn fils de ‘Alî ibn Abî Ṭâlib. Cet al-Ḥusayn ibn Aḥmad était connu sous le nom de « al-Kawkabî ». Ce qui lui arriva en ces lieux sera évoqué plus tard.
La même année, Ismā‘îl ibn Yūsuf l’alide, neveu (fils de la sœur) de Mûsâ ibn ‘Ubayd Allâh al-Ḥasanî, se révolta également. Nous rapporterons aussi ce qui lui advint.
Au cours de cette année, un autre homme de la descendance des Ṭâlibides se souleva à al-Kûfa. Il s’agissait d’al-Ḥusayn ibn Muḥammad ibn Ḥamza ibn ‘Abd Allâh ibn Ḥusayn ibn ‘Alî ibn al-Ḥusayn ibn ‘Alî ibn Abî Ṭâlib. Al-Musta‘în envoya contre lui Mazâḥim ibn Khâqân, et ils s’affrontèrent. L’alide fut défait, et nombre de ses compagnons furent tués. Lorsque Mazâḥim entra à al-Kûfa, il incendia mille maisons, s’empara des biens de ceux qui avaient pris les armes avec al-Ḥusayn, et vendit certaines de ses servantes qu’il avait pourtant affranchies à la porte de la grande mosquée.
La même année, Ismā‘îl ibn Yūsuf ibn Ibrâhîm ibn ‘Abd Allâh ibn al-Ḥasan ibn al-Ḥasan (1) ibn ‘Alî ibn Abî Ṭâlib se souleva à la Mecque. Le gouverneur en poste, Ja‘far ibn al-Faḍl ibn ‘Īsâ ibn Mûsâ, s’enfuit devant lui. Ismā‘îl ibn Yūsuf pilla alors sa demeure et celles de ses compagnons, tua plusieurs soldats et habitants de la Mecque, et s’empara de ce qui se trouvait dans la Ka‘ba en or, en argent, en parfums et en parures. Il obtint des gens environ deux cent mille dinars, puis se rendit dans la Ville Prophétique (al-Madîna). Son gouverneur, ‘Alî ibn al-Ḥusayn ibn Ismā‘îl, s’enfuit lui aussi. Ismā‘îl ibn Yūsuf revint ensuite à la Mecque au mois de Rajab et assiégea ses habitants jusqu’à ce qu’ils périssent de faim et de soif : le pain se vendit alors à raison de trois awâq pour un dirham, la livre de viande pour quatre, et une simple gorgée d’eau pour trois dirhams. Les gens de la Mecque endurèrent par lui toutes sortes de maux. Après un séjour de cinquante-sept jours, il se rendit à Jidda, y pilla les biens des marchands (2), s’empara des embarcations et coupa les voies d’approvisionnement de la Mecque, jusqu’à l’arrivée de secours en provenance du Yémen. Puis il revint – que Dieu ne le récompense point pour ce qu’il fit aux musulmans – à la Mecque.
Lorsque vint le jour de ‘Arafa, il ne permit pas aux pèlerins de s’y tenir, ni le jour ni la nuit. Il tua mille cent personnes parmi les pèlerins, dépouilla leurs biens et nul, hormis lui et ses compagnons, ne put accomplir la station à ‘Arafa cette année-là. Que Dieu ne leur accorde ni rachat ni compensation (3).
[Au cours de cette même année] mourut, parmi les notables, Isḥâq ibn Manṣûr al-Kawsaj (4).