Ils se mirent en marche, et Pharaon le poursuivit avec d’immenses troupes. Dieu révéla alors à la mer : « Lorsque Moïse, Mon serviteur, te frappera de son bâton, fends-toi en douze parties pour qu’il puisse traverser avec ceux qui l’accompagnent. Puis referme-toi sur ceux qui resteront de Pharaon et de ses partisans. » Moïse (1) oublia de frapper la mer avec son bâton. Il arriva au bord de la mer, qui émettait un grondement (2), craignant que Moïse ne la frappe sans y prêter attention, et qu’elle ne devienne ainsi désobéissante envers Dieu. Lorsque les deux troupes furent en vue l’une de l’autre et se rapprochèrent, les compagnons de Moïse dirent : « Nous sommes rattrapés ! » (cf. Les Poètes, 26 : 61). « Fais donc ce que ton Maître t’a ordonné, car Il ne ment pas, et toi non plus tu n’as pas menti. » Moïse répondit : « Mon Seigneur m’a promis que lorsque j’arriverai devant la mer, elle se fendra en douze passages pour que je puisse la traverser. » Il se souvint alors de son bâton, frappa la mer au moment où l’avant-garde des soldats de Pharaon rejoignait l’arrière-garde des compagnons de Moïse. La mer s’ouvrit comme Dieu le lui avait ordonné et comme Il l’avait promis à Moïse. Lorsque Moïse et tous ses compagnons eurent franchi la mer et que Pharaon et ses soldats s’y engagèrent, la mer se referma sur eux, conformément au commandement divin.
Quand Moïse eut traversé, ses compagnons dirent : « Nous craignons que Pharaon ne se soit pas noyé, et nous ne sommes pas certains de sa perte. » (3) Alors Moïse invoqua son Seigneur, qui fit ressortir Pharaon avec son corps afin qu’ils soient convaincus de sa destruction.
Ils passèrent ensuite près d’un peuple tout entier voué à l’adoration de ses idoles et dirent : « Ô Moïse, fais-nous une divinité comme ils en ont. » Il répondit : « Vous êtes vraiment un peuple ignorant. (138) Ce qu’ils pratiquent est voué à la ruine, et ce qu’ils font est vain. » (cf. Al-A‘râf, 7 : 138-139) « Vous avez vu assez de signes et entendu tout ce qui vous est nécessaire. »
Moïse poursuivit sa route et les installa dans un lieu, puis il leur dit : « Obéissez à Aaron, car Dieu l’a établi à votre tête pendant mon absence. Pour ma part, je pars vers mon Seigneur et je vous fixe un délai de trente jours, au terme duquel je reviendrai auprès de vous. »
Lorsque Moïse se présenta devant son Seigneur et voulut Lui parler durant ces trente jours, il les avait jeûnés de jour comme de nuit, mais il répugnait à parler à son Seigneur avec l’haleine du jeûneur. Il cueillit alors une plante de la terre et la mâcha. Au moment où il fut admis auprès de Lui, Dieu lui dit : « Pourquoi as-tu rompu ton jeûne ? » – Lui qui savait parfaitement ce qu’il en était. Moïse répondit : « Seigneur, je ne voulais pas Te parler sans que mon haleine fût agréable. » Dieu lui dit : « Ne sais-tu pas, ô Moïse, que l’haleine du jeûneur M’est plus douce que le parfum du musc ? Retourne à ton peuple, jeûne encore dix jours, puis reviens. » Moïse obéit à ce que son Seigneur lui avait ordonné.
Voyant que Moïse ne revenait pas à la date convenue, les gens de Moïse furent inquiets. Aaron leur prêcha alors : « Vous avez quitté l’Égypte en emportant des biens prêtés ou laissés en dépôt par les gens de Pharaon, et eux-mêmes possèdent des objets vous appartenant. Pour ma part, je pense que vous devez considérer ce qui est à vous comme perdu en vue de Dieu, et je ne vous autorise pas à garder quoi que ce soit de ce qui vous a été confié ou prêté. Nous ne le rendrons pas à ces gens et nous ne le conserverons pas non plus pour nous-mêmes. » Il creusa alors une fosse et ordonna à chaque groupe, ayant ces biens ou parures en sa possession, de les y jeter. Puis il y mit le feu et les brûla, en déclarant : « Cela ne sera ni à nous ni à eux. »