Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La fonction califale et la gestion des biens du trésor public furent confiées à trois personnes : Atamish le Turc, qui était le plus proche du calife, occupant un rang équivalent à celui de vizir — il avait sous sa garde al-‘Abbâs ibn al-Musta‘în, qu’il élevait et formait à l’art de l’équitation ; Shâhak le serviteur ; et la mère du calife, à qui rien n’était refusé lorsqu’elle le désirait. Cette dernière avait un secrétaire nommé Salama ibn Sa‘îd an-Naṣrânî (le Chrétien).

Atamish se mit à exagérer dans l’appropriation des fonds, au point qu’il ne laissa plus rien dans le trésor. Les Turcs s’en indignèrent et en conçurent de la jalousie à son égard. Ils se liguèrent donc contre lui, montèrent à cheval et encerclèrent le palais du calife, où Atamish se trouvait auprès d’al-Musta‘în. Celui-ci ne put ni le protéger, ni les en empêcher ; ils le firent sortir de force, puis le mirent à mort et pillèrent ses biens, ses réserves et ses demeures. Ensuite, le calife désigna Abû Ṣâliḥ ‘Abd Allâh ibn Muḥammad ibn Yazdâd comme vizir ; il confia la Palestine à Bugha al-Ṣaghîr et les provinces d’al-Ahwâz à Waṣîf. De grands troubles éclatèrent et l’autorité du calife en fut considérablement affaiblie. Les troupes maghrébines se mirent à s’agiter à Sâmarrâ, le jeudi, trois jours après le début de Jumâdâ al-Âkhirah, se rassemblant à cheval avant de se disperser.

Le vendredi, cinq jours avant la fin de Jumâdâ al-Ûlâ, correspondant au seizième jour de Tammûz, il tomba sur les habitants de Sâmarrâ une pluie très abondante, accompagnée de coups de tonnerre et d’éclairs sous un ciel entièrement couvert, et cela dura du début de la journée jusqu’au déclin du soleil.

Au mois de Dhû al-Ḥijja, un tremblement de terre extrêmement violent frappa Rayy, suivi d’une secousse redoutable qui détruisit des maisons et causa la mort d’un grand nombre d’habitants ; le reste de la population s’enfuit dans le désert.

Cette année-là, le pèlerinage fut dirigé par ‘Abd al-Ṣamad ibn Mûsâ ibn Muḥammad ibn Ibrâhîm al-Imâm, alors gouverneur de La Mecque.

Parmi les notables qui décédèrent cette année, on compte : Ayyûb ibn Muḥammad al-Wazzân, al-Ḥasan ibn aṣ-Ṣabbâḥ al-Bazzâr — l’auteur du “Kitâb as-Sunan” —, ainsi que Rajâ’ ibn Marajjâ al-Ḥâfiẓ.

(1) « Al-Khabṭ » : le désordre. (2) Dans B, Ẓāʼ : une forte pluie. (3) Ayyūb ibn Muḥammad ibn Ziyād ibn Farrūkh al-Wazzān, Abū Muḥammad al-Raqqī, était un peseur de coton dans la vallée. Mentionné par Ibn Ḥibbān dans al-Thiqāt. Tahdhīb al-Kamāl (3/489). (4) al-Ḥasan ibn al-Ṣabbāḥ ibn Muḥammad, Abū ʿAlī al-Wāsiṭī, le Bagdadi, al-Bazzār, connu également sous le nom d’Ibn al-Bazzār. Il a entendu Sufyān ibn ʿUyaynah et lui a succédé. L’imam Aḥmad ibn Ḥanbal élevait son rang, le vénérait et le respectait, et il jouissait d’une grande considération à Bagdad. Siyar Aʿlām al-Nubalāʼ (12/192). (5) Rajāʾ ibn Murajjā ibn Rajāʾ ibn Rāfiʿ, Abū Muḥammad al-Samarqandī. Il a rapporté d’al-Naḍr ibn Shumayl, puis de ses successeurs. Al-Khaṭīb al-Baghdādī a dit : « Il était digne de confiance, constant, imam dans la mémorisation et la connaissance. » Siyar Aʿlām al-Nubalāʼ (12/98), et al-ʿIbar (1/454).
الخلافة والتصرف في أموال بيت المال إلى ثلاثة؛ وهم: أتامش التركي، وكان أخص مَن عنده، وهو بمنزلة الوزير، وفي حِجْره العباس بن المستعين يربّيه ويعلِّمه الفروسية؛ وإلى شَاهك الخادم؛ وإلى أم الخليفة؛ كان لا يمنعها شيئًا تريده، وكان لها كاتب يقال له: سلمة بن سعيد النصرانيّ. فأقبل أتامش فأسرف في أخذ الأموال حتى لم يُبقِ ببيت المال شيئًا، فغضبت الأتراك من ذلك، وغارت منه، فعند ذلك اجتمعوا عليه، وركبوا إليه، فأحاطوا بقصر الخلافة وهو عند المستعين، فلم يمكنه منعه منهم، ولا دفعهم عنه، فأنزلوه صاغرًا فقتلوه، وانتهبوا أمواله وحواصله ودوره، واستوزر الخليفةُ بعده أبا صالح عبد الله بن محمد بن يزداد، وولَّى بُغا الصغيرَ فلسطين، وولَّى وصيفًا لأهوازَ، وجرى خَبْطٌ (١) كثير، ووهنٌ كبير من أمر الخليفة، وتحركت المغاربة بسامُرّا في يوم الخميس لثلاثٍ خلون من جمادى الآخرة، وكانوا يجتمعون فيركبون ثم يتفرَّقون. وفي يوم الجمعة لخمسٍ بقين من جمادى الأولى، وهو اليوم السادس عشر من تفُوز، مُطِرَ أهلُ سامُرّا مطرًا (٢) عظيمًا برعدٍ وبرقٍ، والغيم مطبق، والمطر مستهل كثير، من أوَّل النَّهار إلى اصفِرار الشمس. وفي ذي الحجة أصاب أهلَ الريّ زلزلةٌ شديدة جدًّا، ورَجْفة هائلة تهدَّمت منها الدور، ومات منها خلْق كثير، وخرج بقيّة أهلها إلى الصحراء. وحجَّ بالناس في هذه السنة: عبدُ الصّمد بن موسى بن محمد بن إبراهيم الإمام، وهو والي مكة. [وممن توفي فيها من الأعيان] أيّوب بن محمد الوَزَّان (٣) . والحسن بن الصَّبَّاح البَزَّار (٤) ، صاحب "كتاب السنن" . وَرَجَاء بنُ مَرَجّى الحافظ (٥) .
(١) "الخَبْط": الفوضى. (٢) في ب، ظا: مطر عظيم. (٣) أيوب بن محمد بن زياد بن فَرّوخ الوَزَّان، أبو محمد الرَّقِّيّ، كان يزن القطن في الوادي. ذكره ابن حبَّان في الثقات. تهذيب الكمال (٣/ ٤٨٩). (٤) الحسن بن الصَّبَّاح بن محمد، أبو علي الواسطي، البغدادي، البزَّار، ويعرف بابن البزَّار. سمع سفيان بن عُيينة وطبقته. وكان الإمام أحمد بن حنبل يرفع قدره ويجلّه ويحترمه، وكانت له جلالة عجيبة ببغداد. سير أعلام النبلاء (١٢/ ١٩٢). (٥) رجاء بن مُرَجّى بن رجاء بن رافع، أبو محمد السمرقنديّ. روى عن النَّضْر بن شُمَيل فمن بعده. قال الخطيب البغدادي: كان ثقة ثَبْتًا إمامًا في الحفظ والمعرفة. سير أعلام النبلاء (١٢/ ٩٨)، والعبر (١/ ٤٥٤).

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