S’ils avaient cherché à me préserver… ils auraient voilé ce beau visage.
Ibn Khallikân déclare (1) : « Sa mort eut lieu en Muharram, et d’aucuns affirment qu’elle survint en Rajab de cette même année. »
[Puis débuta l’année deux cent quarante-neuf]
Le vendredi, à la mi-Rajab de cette année, un groupe de musulmans se joignit à une foule de Byzantins près de Malatya. Ils engagèrent un combat acharné (2), et un grand nombre de personnes trouva la mort dans les deux camps. L’émir des musulmans, ‘Umar ibn ‘Ubayd Allâh ibn al-Aqta‘, tomba au combat (3), et deux mille musulmans périrent avec lui. Par ailleurs, l’émir ‘Alî ibn Yahyâ l’Arménien fut également tué, accompagné d’un contingent de musulmans. Nous appartenons à Dieu et c’est vers Lui que nous faisons retour. Ces deux émirs figuraient parmi les plus éminents soutiens de l’islam.
Une grave dissension éclata à Bagdad au début (4) du mois de Safar de la même année. En effet, le peuple exécrait plusieurs émirs qui s’étaient arrogé l’autorité du califat, avaient fait périr al-Mutawakkil et affaibli successivement al-Muntassir puis al-Musta‘în. Le peuple prit d’assaut la prison, libéra tous ceux qui s’y trouvaient et se rendit (5) à l’un des deux ponts, qu’il coupa, tandis qu’il incendia le second. Ils appelèrent la population au soulèvement, et une foule immense se regroupa, pillant plusieurs endroits dans la partie orientale de Bagdad.
Ensuite, les gens fortunés (6) de Bagdad amassèrent d’importantes sommes d’argent afin de les consacrer (7) à quiconque irait combattre les Byzantins pour venger les musulmans tombés là-bas. Une multitude afflua alors des régions montagneuses, de l’Ahwâz, du Fârs et d’autres contrées, décidée à aller en expédition contre l’Empire byzantin, parce que le calife et l’armée avaient tardé à entreprendre une campagne contre ces contrées, ce qui provoqua l’indignation du peuple, entraînant les événements relatés.
Vers la fin du mois de Rabî‘ al-Awwal, la plupart des habitants de Sâmarrâ prirent d’assaut la prison et libérèrent ceux qui s’y trouvaient. Des soldats de l’armée, appelés « Zarâfa », leur firent face, mais la foule les mit en déroute. Alors, Wâsif, Bugha le Jeune et la majorité des troupes turques chevauchèrent contre eux et massacrèrent un grand nombre d’insurgés. De longues et nombreuses émeutes s’ensuivirent, puis la situation se calma.
À la mi-Rabî‘ al-Âkhir, un nouveau conflit éclata parmi les Turcs, car le calife al-Musta‘în avait confié la gestion de ses affaires