Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il refusa cela, et certaines personnes le blâmèrent pour sa décision. Il répondit : « J’ai délaissé cette chose à cause des versets de Dieu qu’elle contient. » Par la suite, il arriva qu’une jeune esclave chanta en présence d’al-Wāthiq :
« Ô injuste ! Si votre malheur vous atteint par l’entremise d’un homme… Répondre au salut est un acte d’injustice. »

Ceux qui se trouvaient auprès d’al-Wāthiq débattirent de l’analyse grammaticale de ce vers : fallait-il considérer « rajulan » comme un nominatif ou un accusatif ? Sur quoi reposait cet accusatif ? S’agissait-il du nom de « innā » ou de toute autre fonction ? La jeune esclave maintint qu’al-Māzinī l’avait mémorisé tel quel. Le calife le fit alors appeler et, lorsqu’il comparut devant lui, il lui demanda : « Es-tu al-Māzinī ? » Il répondit : « Oui. » « Fais-tu partie des Māzin de Tamīm, ou de Māzin de Rabī‘a, ou de Māzin de Qays ? » Il dit : « De Māzin de Rabī‘a. »

Alors al-Wāthiq se mit à lui parler dans son dialecte : « Basmuk ? » (1), car ils substituaient le bā’ par le mīm et inversement ; je répugnais à dire « makr » (tromperie), je répondis donc « bakr ». Cela lui plut de voir que j’avais évité le terme « makr », et il comprit ce que je voulais dire. Puis il demanda : « (2) Sur quoi repose l’accusatif dans “rajulan” ? » Je répondis : « C’est parce qu’il est régi par le maṣdar (“مصابكم” – “votre malheur”). » Al-Yazīdī voulut le contredire, mais al-Māzinī triompha par la preuve. Alors le calife lui remit mille dinars, le renvoya parmi les siens avec tous les honneurs et Dieu le compensa pour les cent dinars.

Al-Mubarrid rapporta ceci de lui : « Un homme à qui j’avais fait étudier tout le livre de Sībawayh me dit, une fois terminé : “Quant à toi, que Dieu te récompense, mais quant à moi, je jure par Dieu que je n’en ai pas saisi le moindre mot.” » Al-Māzinī mourut cette année-là, et d’autres disent en 248. [L’avis le plus étonnant est celui de l’an 236 ; Dieu seul sait.] (3)

[Puis vint l’année 248]

Cette année-là, al-Muntaṣir envoya Wasīf le Turc en expédition d’été pour combattre les Romains (Byzantins), car le roi byzantin se dirigea vers les terres du Shām (Grande Syrie). Il dépêcha avec lui une armée nombreuse, des hommes et de l’armement, et lui accorda de nombreux fonds. Il lui ordonna, une fois qu’il en aurait fini avec le combat contre les Byzantins, de s’établir pendant quatre ans sur la frontière. Il lui envoya également, par l’intermédiaire de Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn Ṭāhir, gouverneur d’Irak, une importante lettre (4) contenant de nombreux versets, dans laquelle il l’exhortait à se battre et l’y encourageait.

La nuit du samedi, sept jours avant la fin de Ṣafar de cette année bénie, Abū ʿAbd Allāh Muḥammad al-Muʿtazz et al-Muʾayyad Ibrāhīm, tous deux frères du Commandeur des croyants et héritiers à la succession, se sont démis eux-mêmes du califat, en attestant cela, et en déclarant qu’ils en étaient incapables

(1) C’est ainsi dans les manuscrits, tandis que dans l’édition imprimée : « يقلبون ». (2) Oubli dans les manuscripts B et ẒA. (3) Addition dans les manuscripts B et ẒA. (4) Le texte se trouve dans at-Tabarī (9/241-243).
فامْتَنَعَ من ذلك، فلامَهُ بعضُ النَّاس في ذلك فقال: تركت هذا لِما فيه من آيات اللَّه تعالى. فاتفق بعد هذا أنَّ جارية غنَّتْ بحضرة الواثق: أظَلُومُ إنَّ مُصَابَكُمْ رَجُلًا … ردُّ السَّلامِ تَحِيَّةً ظُلْمُ فاختلف مَن بحضرة الواثق في إعراب هذا البيت، وهل يكون "رجلًا" مرفوعًا أو منصوبًا، وبم نصَبَ؟ أهو اسم "إنَّ" أم ماذا؟ وأصزَت الجارية على أنَّ المازنيَّ حفظها هكذا. قال: فأرسلَ الخليفة إليه، فلمَّا مَثَل بين يديه، قال له: أنتَ المازنيُّ؟ قال: نعم. قال: من مازن تميم، أم من مازن ربيعة؟ أم من مازن قيس؟ قلت: من مازن ربيعة. قال: فأخذ يكلِّمُني بلغتي، فقال: باسْمُك؟ وهم يقولون (١) الباء ميمًا والميم باءً، فكرهت أنْ أقولَ مكر، فقلت: بكر، فأعجبه إعراضي عن المَكْرِ، وعرَفَ ما أردْتُ. فقال: على (٢) ما انتصبَ رجلًا؟ فقلت: لأنَّه معمولُ المصدر "مصابكم" . فأخذ اليزيديُّ يعارضه، فعلاه المازني بالحُجَّةِ، فأطلق له الخليفةُ ألفَ دينارٍ وردَّه إلى أهله مكرَّمًا، وعوَّضه اللَّه عن المئة الدينار. وروى المبرِّدُ عنه، قال: أقرأتُ رجلًا كتابَ سيبويه إلى آخره، فلمَّا انتهى، قال لي: أمَّا أنت فجزاكَ اللَّهُ خيرًا، وأمَّا أنا فواللَّه ما فهِمْتُ منه حرفًا. توفي المازنيُّ في هذه السنة، وقيل: في سنة ثمان وأربعين ومئتين. [وأغرب من قال: سنة ست وثلاثين، فاللَّه أعلم] (٣) . [ثم دخلت سنة ثمان وأربعين ومئتين] فيها: أغزى المنتصرُ وصيفًا التركيّ غزو الصائفة لقتال الروم، وذلك أنَّ ملك الروم قصدَ بلاد الشام، وجهز معه جيشًا كثيفًا ورجالًا وعددًا، وأمر له بنفقاتٍ كثيرة، وأمره إذا فرغ من قتال الروم أن يقيمَ بالثَّغْر أربعَ سنين، وكتب له إلى محمد بن عبد اللَّه بن طاهر نائب العراق كتابًا عظيمًا (٤) ، فيه آيات كثيرة، في التَّحريض على القتال والترغيب فيه. وفي ليلة السبت لسبع بقين من صفر من هذه السنة المباركة خلع أبو عبد اللَّه محمد المعتز، والمؤيد إبراهيم أخوا أمير المؤمنين وليا العهد، أنفسَهما من الخلافة، وأشهدا عليهما بذلك، وأنَّهما عاجزان عن
(١) كذا في النسخ، وفي ط: يقلبون. (٢) سقطت من ب، ظا. (٣) زيادة من ب، ظا. (٤) نصه في الطبري (٩/ ٢٤١ - ٢٤٣).

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