Le deuxième jour de son califat, il confia la juridiction des plaintes (al-Maẓālim) à Abū ʿAmrah Aḥmad ibn Saʿīd, affranchi des Banū Hāshim. Alors le poète (1) déclama :
« Ô ruine de l’islam, quand Abū ʿAmrah reçut en charge les plaintes du peuple !
On l’a nommé gardien d’une communauté,
Lui qu’on n’oserait même pas charger de fumier. »
Le serment d’allégeance lui fut accordé dans al-Mutawakkiliyya, appelée aussi al-Māḥūzah, où il resta dix jours. Puis il se rendit, avec tous ses chefs et sa suite, à Sāmarrāʾ.
Au mois de Dhū al-Ḥijja de cette même année, al-Muntaṣir envoya son oncle ʿAlī ibn al-Muʿtaṣim de Sāmarrāʾ à Bagdad, le plaçant sous surveillance.
Quant au pèlerinage de cette année-là, il fut conduit par Muḥammad ibn Sulaymān al-Zaynabī.
[Parmi ceux qui décédèrent cette année-là] : Ibrāhīm ibn Saʿīd al-Jawharī (2), Sufyān ibn Wakiʿ ibn al-Jarrāḥ (3), Salamah ibn Shabīb (4), ainsi que Abū ʿUthmān al-Māzinī le grammairien (5), dont le nom était Bakr ibn Muḥammad ibn ʿUthmān al-Baṣrī. Il fut le maître des grammairiens à son époque et reçut son enseignement de plusieurs savants, dont Abū ʿUbaydah, al-Aṣmaʿī et Abū Zayd al-Anṣārī. Parmi ses disciples se trouvait Abū al-ʿAbbās al-Mubarrid, qui transmit de lui de nombreux enseignements.
Al-Māzinī composa de nombreux ouvrages dans ce domaine. Il ressemblait aux juristes par sa piété, son ascèse, sa fiabilité et sa probité. Al-Mubarrid (6) rapporta qu’un homme issu des Gens du Livre lui demanda de lui enseigner le Kitāb de Sībawayh, proposant de lui verser cent dinars en échange.