Alors al-Mutawakkil arriva et s’assit à ses côtés (1). Al-Khatîb al-Baghdâdî (2) rapporte qu’Ali ibn al-Jahm entra auprès d’al-Mutawakkil, tenant deux perles qu’il faisait tourner dans sa main, puis il lui récita le poème dans lequel il dit :
« Et si tu passes près du puits de ‘Urwa, puise de son eau (3). »
Alors il lui donna la perle qu’il tenait dans sa main droite, qui valait cent mille. Puis il récita (4) :
« Dans Surr Man Ra’â, un émir juste,
Les mers s’abreuvent à son propre océan.
Il est à la fois objet d’espérance et de crainte dans toute épreuve,
Comme s’il était à la fois le Paradis et l’Enfer.
Le pouvoir est entre ses mains et celles de ses fils,
tant que s’alterneront la nuit et le jour.
Ses deux mains, dans leur générosité, sont comme deux coépouses,
chacune jalousant l’autre.
Jamais la main droite ne donne quelque chose
sans que la main gauche n’en fasse de même. »
Il ajouta : « Alors il lui donna aussi celle qu’il tenait dans sa main gauche. »
Al-Khatîb (5) déclara : « Ces vers (6) ont également été attribués à al-Buhturî en l’honneur d’al-Mutawakkil. » Ibn ‘Asâkir (7) rapporte, d’après Ali ibn al-Jahm, qui dit : « Qabîha, la favorite d’al-Mutawakkil, se présenta devant lui… »
= Concernant la sunna, il n'y a pas de mal à s'en abstenir, et ce fait de se lever mentionné dans sa parole ﷺ : « Quiconque souhaite que les hommes se tiennent debout pour lui, qu’il prenne sa place au Paradis » signifie qu'ils se lèvent pour lui alors qu'il est assis, ce n'est pas qu'ils se lèvent à son arrivée. C'est pourquoi ils distinguent entre « je me suis levé pour lui » et « je me suis levé vers lui », et celui qui se lève pour celui qui arrive revient au même que de se lever pour celui qui se tient debout, contrairement à celui qui se lève pour celui qui est assis. Fin de citation.
(1) Voir Mukhtasar Ibn ʿAsākir (6/88).
(2) Tārīkh Baghdād (7/167), Mukhtasar Ibn ʿAsākir (6/89), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (12/32), et Tārīkh al-Khulafāʾ de al-Suyūṭī (356).
(3) Le Dîwān d'Alī ibn al-Jahm, page (37). Bir ʿUrwa à Médine, son eau est la plus pure, Haroun al-Rachid s’en faisait porter dans des flacons.
(4) Tārīkh Baghdād (7/167).
(5) Source précédente.
(6) En ce qui concerne les principes : ces vers ont été rapportés d'Alī ibn Hārūn al-Buḥturī au calife al-Mutawakkil, et la correction provient de Tārīkh Baghdād (7/167). Alī ibn Hārūn était un transmetteur de poésie et un compagnon proche des califes, il est décédé en 352 H. Al-Khaṭīb l’a mentionné par la suite en disant qu'il avait récité ces vers pour al-Buḥturī : il a dit : « Nous a informés Alī ibn Ayyūb al-Qummī, nous a informés Muḥammad ibn ʿImrān al-Marzabānī, il a dit : Alī ibn Hārūn m’a récité pour al-Buḥturī... » et il a cité les vers.
(7) Mukhtasar Ibn ʿAsākir (6/90). Les trois premiers vers dans al-ʾAghānī (19/311) sont attribués à Faḍl, la poétesse. Le premier et le second se trouvent dans Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (12/33) et Tārīkh al-Khulafāʾ d’al-Suyūṭī (356).