Quarante ans. Il est mentionné dans «Al-Bustān» qu’il serait décédé en l’an cinquante – Dieu seul le sait. Tels sont exactement ses propos (1). Or, Ibn al-Jawzī situe plutôt son décès en l’an deux cent quatre-vingt-dix-huit, ce que l’on verra par la suite.
Dhū al-Nūn al-Miṣrī (2) : il s’agit de Thawbān ibn Ibrāhīm — certains disent : Ibn al-Fayḍ ibn Ibrāhīm — Abū al-Fayḍ al-Miṣrī, l’un des maîtres renommés. Le qāḍī Ibn Khallikān l’a mentionné dans son livre «Al-Wafayāt», relevant certains de ses mérites et de ses états spirituels, et il situe sa mort à cette même année. D’autres affirment qu’il mourut l’année suivante, ou encore en deux cent quarante-huit; Dieu seul le sait.
Il est compté parmi ceux qui ont transmis «Al-Muwaṭṭaʾ» d’après Mālik. Ibn Yūnus en parle dans «Tārīkh Miṣr» et indique que son père était originaire de Nubie; on rapporte également qu’il serait issu d’Ikhmīm. Il était réputé pour sa mansuétude et son éloquence.
(3) On lui demanda un jour ce qui l’avait poussé à se repentir. Il raconta alors avoir vu une caille (4) aveugle descendre de son nid; la terre s’était fendue pour lui dévoiler deux petits récipients (5), l’un en or, l’autre en argent : l’un contenait des graines de sésame, l’autre de l’eau, et l’oiseau mangea de l’un et but de l’autre (6).
On le dénonça un jour auprès du calife al-Mutawakkil, qui le fit venir (7). Lorsqu’il parut devant lui, il lui adressa un sermon qui le fit pleurer, puis il le laissa repartir avec les honneurs jusqu’à sa terre natale. Al-Mutawakkil le portait ensuite en haute estime (8) à chaque fois qu’on évoquait son nom.
[Puis survint l’année deux cent quarante-six]
Le jour de ‘Āshūrā’ de cette même année, al-Mutawakkil se rendit à al-Māḥūza et s’installa dans le palais califal à cet endroit. Il convoqua les lecteurs du Coran, puis les chanteurs, distribua des dons et accorda des faveurs, en faisant un jour mémorable.