Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Muhammad ibn ‘Abd Allah ibn Tahir se tenait debout parmi les gens, puis il avança de quelques pas pour présenter ses condoléances aux fils de l’imam Ahmad au sujet de son décès. C’est lui qui dirigea la prière funéraire sur le défunt. Ensuite, un groupe de personnes répéta la prière sur la tombe, après l’inhumation, pour cette raison. Le défunt, qu’Allah lui fasse miséricorde, ne fut déposé dans sa tombe qu’après la prière de ‘Asr, en raison de l’immense affluence.

Al-Bayhaqi et d’autres ont rapporté que l’émir Muhammad ibn ‘Abd Allah ibn Tahir avait ordonné d’estimer le nombre de personnes présentes, et que l’on en trouva un million trois cent mille. Selon une autre version, il y en eut sept cent mille, sans compter ceux qui se trouvaient sur les navires (1). Le chiffre le plus bas avancé était de sept cent mille.

Ibn Abi Hatim a dit : « J’ai entendu Abu Zur‘ah déclarer : “Il m’est parvenu qu’al-Mutawakkil avait ordonné de mesurer l’ampleur de la foule présente à l’endroit où l’on pria sur Ahmad ibn Hanbal, et cette mesure atteignait deux millions cinq cent mille personnes” (2). »

Le hafiz Abu Bakr al-Bayhaqi rapporte d’après al-Hakim : « J’ai entendu Abu Bakr Ahmad ibn Kamil al-qadi dire : “J’ai entendu Muhammad ibn Yahya al-Zanjani dire : J’ai entendu ‘Abd al-Wahhab al-Warraq dire : ‘Nous n’avons pas connaissance, ni à l’époque préislamique ni à l’époque de l’islam, d’une assemblée plus nombreuse que celle qui assista aux funérailles d’Abu ‘Abd Allah.’” »

Abu Muhammad, ‘Abd al-Rahman ibn Abi Hatim, a dit : « Muhammad ibn al-‘Abbas al-Makki m’a rapporté avoir entendu al-Warkani, voisin d’Ahmad ibn Hanbal, dire : “Le jour de la mort d’Ahmad, vingt mille personnes parmi les juifs, les chrétiens et les mages se convertirent à l’islam [et le deuil frappa autant les musulmans que les juifs, les chrétiens et les mages]” (3). »

Dans certaines copies, on trouve « dix mille » au lieu de « vingt mille », et Allah le sait mieux (4).

Al-Daraqutni a dit : « J’ai entendu Abu Sahl ibn Ziyad dire : “J’ai entendu ‘Abd Allah ibn Ahmad déclarer : ‘J’ai entendu mon père dire : Dites aux partisans de l’innovation : c’est entre nous et vous que tout se décidera le jour des funérailles.’ Et Allah a confirmé sa parole, car lui – qu’Allah lui fasse miséricorde – était l’Imam de la Sunna de son temps ; tandis que, parmi ses principaux opposants, Ahmad ibn Abi Du’ad le cadi (5), nul n’organisa de grandes funérailles pour lui et peu de monde participèrent à son cortège. Il en fut de même pour al-Harith ibn Asad al-Muhasibi, malgré son ascèse, sa piété, son examen de conscience et ses efforts spirituels.”

(1) Sīr A‘lām al-Nubalāʾ (11/340). (2) Source précité. (3) Addition de B, Ẓā. (4) Al-Dhahabī a déclaré dans Sīr A‘lām al-Nubalāʾ (11/343) : « Il s’agit d’un récit infondé, transmis uniquement par cet al-Makkī de la part de cet al-Warkānī, inconnu. Or, qu’en est-il de l’al-Warkānī célèbre, Muhammad ibn Jaʿfar, décédé treize ans avant Aḥmad ibn Ḥanbal, sur qui Abū Zur‘a avait dit : “Il était voisin d’Aḥmad ibn Ḥanbal.” Ensuite, la coutume et la raison rendent peu probable la survenue d’un tel fait. Il s’agirait de l’islam de plusieurs milliers de personnes au moment de la mort d’un wali d’Allah, or cela ne peut être rapporté que par un inconnu non identifié ; et s’il en était ainsi, cela serait devenu célèbre et rapporté de manière récurrente, compte tenu des nombreuses motivations et des efforts pour transmettre un tel fait. Même si cent personnes s’étaient converties à la mort d’un tel saint, cela aurait suffi à susciter l’étonnement, alors quelle confiance accorder à ce récit ? » (5) Dans Ṭ : il s’agit d’un qāḍī al-quḍāt (juge suprême) du monde.
محمد بن عبد اللَّه بن طاهر واقفٌ في الناس، وتقدَّم خطوات فعزَّى أولاد الإمام أحمد فيه، وكان هو الذي أمَّ الناس في الصلاة عليه، وقد أعاد جماعة من الناس الصلاة على القبر بعد الدفن من أجل ذلك، ولم يستقرَّ في قبره (رحمه الله) إلا بعد صلاة العصر، وذلك لكثرة الخلق. وقد روى البيهقيُّ وغيرُ واحدٍ: أنَّ الأمير محمد بن عبد اللَّه بن طاهر أمر بحزر الناس فوجدوا ألفَ ألفٍ وثلثمئة ألف، وفي رواية: وسبعمئة [ألف] إنسان، سوى من كان في السُّفُن (١) . وأقل ما قيل: سبعمئة ألف. وقال ابنُ أبي حاتم: سمعتُ أبا زُرْعة، يقول: بلغني أنَّ المتوكِّل أمَرَ أنْ يُمْسَحَ الموضعُ الذي وقفَ الناس عليه حيث صُلِّي على أحمد بن حنبل، فبلغ مقام ألفي ألفٍ وخمسمئة ألف (٢) . وقال الحافظ أبو بكر البيهقيّ عن الحاكم: سمعْتُ أبا بكر أحمد بن كامل القاضي، يقول: سمعت محمد بن يحيى الزنجاني سمعت عبد الوهاب الورَّاق، يقول: ما بلغنا أن جمعًا في الجاهلية والإسلام كان أكثر من الجمع على جنازة أبي عبد اللَّه. وقال أبو محمد، عبد الرحمن بن أبي حاتم: حدثني محمد بن العبَّاس المكيّ، سمعت الوَرْكاني، جارَ أحمد بن حنبل، قال: أسلم يوم مات أحمدُ عشرون ألفًا من اليهود، والنصارى، والمجوس. [ووقع المأتم في المسلمين واليهود والنصارى والمجوس] (٣) . وفي بعض النسخ: أسلم عشرة آلاف بدل عشرين ألفًا، واللَّه أعلم (٤) . وقال الدَّارَقُطني: سمعتُ أبا سهل بن زياد، يقول: سمعت عبد اللَّه بن أحمد، يقول: سمعت أبي، يقول: قولوا لأهل البدع: بيننا وبينكم يوم الجنائز. وقد صدَّق اللَّه قوله في هذا، فإنه (رحمه الله) كان إمامَ السُّنَّة في زمانه، وعيون مخالفيه أحمد بن أبي دُوَاد القاضي (٥) لم يحتفل أحدٌ بموته، ولا شيَّعه من الناس إلا القليل. وكذلك الحارث بن أسد المحاسبي، مع زهده وورعه وتنقيره ومحاسبته نفسه
(١) سير أعلام النبلاء (١١/ ٣٤٠). (٢) المصدر السابق. (٣) زيادة من ب، ظا. (٤) قال الذهبي في سير أعلام النبلاء (١١/ ٣٤٣): هذه حكاية منكرة، تفرَّد بنقلها هذا المكي عن هذا الوَرْكاني، ولا يُعْرَف، وماذا بالوركاني المشهور محمد بن جعفر الذي مات قبل أحمد بن حنبل بثلاث عشرة سنة، وهو الذي قال فيه أبو زرعة: كان جارًا لأحمد بن حنبل. ثم العادة والعقل تحيل وقوع مثل هذا؟ وهو إسلام ألوف لموت وليٍّ للَّه، ولا ينقل ذلك إلا مجهول لا يُعرف؛ ولو وقع ذلك لاشتهر ولتواتر؛ لتوفر الهمم؛ والدواعي على نقل مثله. بل لو أسلم لموته مئة نفسٍ لقُضي من ذلك العجب، فما ظنك؟!. (٥) في ط: وهو قاضي قضاة الدنيا.

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