Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il lui fut rapporté durant sa maladie(1) que Tâwous réprouvait le gémissement chez celui qui souffre. Alors il cessa de gémir et ne laissa échapper aucun son jusqu’à la nuit précédant le matin de son décès, qui coïncidait avec la nuit du vendredi, le douzième de Rabîʿ al-Awwal de cette année-là. Ce n’est qu’au cours de cette nuit, quand la douleur s’intensifia, qu’il laissa échapper un gémissement.

Il est rapporté de son fils ʿAbd Allâh, et on le rapporte également de Sâliḥ, qu’il a dit : « Lorsque son heure fut proche, mon père, qu’Allâh lui fasse miséricorde, répétait souvent : “Non, pas encore, non, pas encore.” Je lui dis : “Ô mon père, quelle est donc cette expression que tu répètes en ce moment-même ?” Il me répondit : “Ô mon fils, Iblis est debout dans un coin de la pièce et se mord le doigt, en disant : ‘Tu m’as échappé, ô Ahmad ?’ Alors je réponds : ‘Non, pas encore, non, pas encore.’” C’est-à-dire qu’il ne désespérait pas de le perdre jusqu’à ce que son âme quitte son corps dans l’affirmation de l’Unicité divine. Comme il est mentionné dans certains hadiths, Iblis aurait dit : “Ô Seigneur, par Ta Puissance, je ne cesserai de les égarer tant que leurs âmes demeureront dans leurs corps.” Et Il dit : “Par Ma Puissance et Ma Majesté, Je ne cesserai de leur pardonner tant qu’ils Me demandent pardon.”(2)

La plus belle chose que l’on raconte à son sujet est qu’il fit signe à sa famille de lui faire les ablutions. Ils commencèrent donc à lui faire les ablutions, tandis qu’il leur indiquait de bien passer l’eau entre ses doigts, et il ne cessait d’invoquer Allâh (Exalté soit-Il) tout au long de ce moment. Lorsqu’ils achevèrent de l’ablution, il rendit l’âme, qu’Allâh lui fasse miséricorde et qu’Il soit satisfait de lui.

Le décès de l’imam Aḥmad, qu’Allâh lui fasse miséricorde, survint donc au matin du vendredi, après environ deux heures de la journée. Les gens se rassemblèrent dans les rues. Muḥammad ibn ʿAbd Allâh ibn Ṭâhir envoya son chambellan et des serviteurs avec des linceuls contenus dans des étoffes, en disant : “Ceci est de la part du calife ; s’il avait été présent, il aurait offert ceci lui-même.” Les fils de l’imam Aḥmad envoyèrent répondre : “Le Commandeur des Croyants l’avait déjà exempté, de son vivant, de ce qu’il réprouvait, et cet envoi fait partie de ce qu’il n’aime pas.” Ils refusèrent donc de le linceuler dans ces étoffes. Ils prirent plutôt un vêtement que sa servante avait tissé, l’utilisèrent pour le linceul, et achetèrent ce qui manquait pour envelopper le corps et le parfumer. Ils achetèrent aussi un récipient d’eau, refusant de le laver avec l’eau de leurs propres maisons, car il avait interrompu tout lien avec elles : il n’y mangeait pas et n’empruntait rien de leurs biens. Il était resté mécontent d’eux, parce qu’ils touchaient chaque mois une somme de quatre mille dirhams prélevée sur le Trésor public. Ils vivaient dans la gêne(3) et la pauvreté.

Une centaine de personnes de la famille du calife, de Banû Hâshim, assistèrent à sa toilette rituelle. Ils embrassaient son front, invoquaient la miséricorde d’Allâh sur lui et priaient pour qu’il soit pleinement agréé(4). Ensuite, les gens sortirent en cortège funèbre, portant sa dépouille, entourés d’une foule immense d’hommes et de femmes dont seul Allâh connaît le nombre, tandis que le représentant de la ville

(1) À Bāṭaḥ : la maladie de sa mort. (2) Rapporté par Ahmad dans le Musnad (3/29 et 41), n° 11178, et par al-Hākim dans al-Mustadrak (4/261) d’après le hadith d’Abū Saʿīd al-Khudrī – qu'Allah soit satisfait de lui – qui a dit : Le Messager d'Allāh ﷺ a dit : « Le diable déclara : « Par Ta puissance, ô Seigneur, je ne cesse de séduire Tes serviteurs tant que leurs âmes sont dans leurs corps. » Le Seigneur – Très-Haut – répondit : « Par Ma force et Ma majesté, Je ne cesserai de leur pardonner tant qu'ils M’implorent pardon. » » Sa chaîne de transmission est faible, mais il possède d’autres voies qui le rendent hasan. (3) al-ʿĀla : les pauvres, pluriel de ʿāʾil. (4) Addition provenant de Bāṭaḥ.
وقد بلغه في مرضه (١) عن طاووس أنه كره الأنين في المرض، فترك الأنينَ، فلم يئنّ حتّى كانت الليلة التي توفي في صبيحتها، وكانت ليلة الجمعة، الثاني عشر من ربيع الأول من هذه السنة، فأنَّ حين اشتد عليه الوجع. وقد رُوِيَ عن ابنه عبد اللَّه، ويُروى عن صالح أيضًا، أنه قال: لمَّا احتُضر بي (رحمه الله) جعل يكثر أن يقولَ: لا، بعدُ، لا، بعدُ، فقلْتُ: يا أبة، ما هذه اللفظة التي لهجت بها في هذه الساعة؟ فقال: يا بنيّ، إنَّ إبليسَ واقفٌ في زاوية البيت، وهو عاضّ على أصبعه، وهو يقول: فُتَّنِي يا أحمد؟ فأقولُ: لا، بعدُ، لا، بعد. يعني لا يفوته حتَّى تخرجَ روحه من جسده على التوحيد. كما جاء في بعض الأحاديث، قال إبليس: يا ربّ، وعزَّتِك لا أزال أغويهم ما دامت أرواحُهم في أجسادهم. فقال: وعزَّتي وجَلالي، ولا أزال أغفِرُ لهم ما استغفروني (٢) . وأحسن ما كان من أمره أنه أشار إلى أهله أن يوضِّئوه، فجعلوا يوضئونه وهو يُشيرُ إليهم أن خلِّلوا أصابعي وهو يذكر اللَّه – Exalté soit-Il – في جميع ذلك، فلمَّا أكملوا الوضوء توفي، (رحمه الله) ، ورضي عنه. وقد كانت وفاة الإمام أحمد (رحمه الله) صبيحة يوم الجمعة، حين مضى نحو من ساعتين من النهار. فاجتمع الناس في الشوارع، وبعث محمد بن عبد اللَّه بن طاهر حاجبَه ومعه غلمان يحملون مناديل فيها أكفان، وأرسل يقولُ: هذا نيابة عن الخليفة، فإنَّه لو كان حاضرًا لبعث بهذا. فأرسل أولاده يقولون: إن أمير المؤمنين كان قد أعفاه في حياته مما يكره، وهذا مما يكرهه، وأبوا أن يكفّنوه في تلك الأثواب، وأتَوا بثوب كان قد غزلته جاريته فكفَّنوه فيه، واشتروا معه عَوَز لُفافة وحَنُوطًا، واشتروا له راوية ماءٍ، وامتنعوا أن يغسلوه بماء من بيوتهم؛ لأنَّه كان قد هجَر بيوتهم، فلا يأكل منها، ولا يستعير من أمتعتهم، وكان لا يزال متغضِّبًا عليهم، لكونهم كانوا يتناولون ما رُتِّب لهم على بيت المال؛ في كُلِّ شهر أربعةُ آلاف درهم. وكانوا عالةً (٣) وفقراء. وحضر غسله نحو مئة من بيت الخلافة من بني هاشم، فجعلوا يقبّلون بين عينيه، ويدعون له، ويترحَّمون عليه، [ويترضَّون عنه] (٤) . وخرج الناس بنعشه، والخلائق حوله من الرجال والنساء ما لا يعلم عددهم إلا اللَّه، ونائب البلدة
(١) في ب، ظا: مرض موته. (٢) رواه أحمد في المسند (٣/ ٢٩ و ٤١) رقم (١١١٧٨)، والحاكم في المستدرك (٤/ ٢٦١) من حديث أبي سعيد الخدري ﵁ قال: قال رسول اللَّه ﷺ : "إن الشيطان قال: وعزتك يا رب، لا أبرح أغوي عبادك ما دامت أرواحهم في أجسامهم، فقال الرب (تعالى) : وعزتي وجلالي لا أزال أغفر لهم ما استغفروني" وإسناده ضعيف، ولكن له طرقه، فهو بها حسن. (٣) العالة: الفقراء، جمع عائل. (٤) الزيادة من ب، ظا.

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