Mention du décès de l’imam Aḥmad – qu’Allah lui fasse miséricorde.
Son fils Ṣāliḥ déclara : « Sa maladie débuta au tout début du mois de Rabīʿ al-Awwal de l’an deux cent quarante et un (de l’Hégire). Je vins le voir un mercredi, le deuxième jour de Rabīʿ al-Awwal ; il était alors fiévreux et peinait à respirer tout en étant très affaibli. Je lui demandai : “Père, qu’as-tu pris pour ton repas de midi ?” Il me répondit : “De l’eau de fèves.” Il mentionna ensuite la venue de nombreuses personnes, aussi bien des notables que des gens du peuple, venues le visiter, et la grande inquiétude que beaucoup éprouvaient à son sujet. Il disposait d’un petit sac contenant de menues pièces dont il se servait pour subvenir à ses besoins. Il avait ordonné à son fils ʿAbd Allāh de réclamer leur loyer aux locataires de ses biens et d’acquitter pour lui l’expiation d’un serment. Ainsi, on préleva une partie de ce loyer pour acheter des dattes afin de s’acquitter de l’expiation, et il resta à la fin trois dirhams.
L’imam Aḥmad rédigea ensuite son testament : « Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Voici ce que lègue Aḥmad ibn Muḥammad ibn Ḥanbal : il atteste qu’il n’est de divinité qu’Allah, Seul, sans associé, et que Muḥammad est Son serviteur et Son messager, qu’Il l’a envoyé avec la guidée et la religion de vérité pour la faire prévaloir sur toute autre religion, même si les polythéistes la détestent. Il a recommandé à ceux de sa famille et de sa parenté qui lui obéissaient d’adorer Allah parmi ceux qui L’adorent, de Le louer parmi ceux qui Le louent et de conseiller la communauté des musulmans. Il a aussi déclaré être satisfait d’Allah comme Seigneur, de l’islam comme religion et de Muḥammad comme prophète. Il a en outre précisé qu’il doit à ʿAbd Allāh ibn Muḥammad, connu sous le nom de Fūrān, environ cinquante dinars, et il le tient pour digne de foi dans cette affirmation. Cette somme devra être prélevée sur les revenus de la maison, si Allah le veut. Une fois ladite somme payée, la descendance de Ṣāliḥ, chaque garçon et chaque fille, recevra dix dirhams chacun.
Ensuite, il fit venir auprès de lui les enfants qui hériteraient de lui et invoqua des bénédictions pour eux. Cinquante jours avant son décès, il avait eu un enfant qu’il nomma Saʿīd. Il eut également un autre fils, appelé Muḥammad, qui commença à marcher pendant la maladie de l’imam Aḥmad. Il le fit venir, le prit dans ses bras et l’embrassa, avant de dire : “À quoi me servait-il d’avoir un enfant alors que je suis déjà si âgé ?” On lui répondit : “Ils formeront une descendance après toi, qui priera pour ton âme.” Il répondit : “Eh bien, c’est cela.” Et il ne cessait de louer Allah, qu’Il soit exalté. »