Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il était affaibli et renvoya donc cette réponse au calife, lequel insista fermement pour qu’il vienne. Il écrivit aussi à Aḥmad en ces termes : « J’aimerais bénéficier de ta proximité(1), et obtenir la bénédiction de ta prière. » Alors l’imam Aḥmad, bien qu’il fût malade(2), se mit en route avec ses fils et quelques-uns de ses proches. Lorsqu’ils approchèrent du camp, Wāṣif le serviteur vint à sa rencontre à la tête d’un imposant cortège ; il salua l’imam Aḥmad, qui lui rendit le salut. Wāṣif lui dit alors : « Dieu t’a donné la victoire sur ton ennemi Ibn Abī Duwād. » L’imam ne répondit pas et son fils invoqua la bénédiction de Dieu pour le calife et pour Wāṣif.

Lorsqu’ils parvinrent au camp, à Surr Man Raʾā (Samarra), on logea Aḥmad dans la demeure d’Ītākh ; mais quand il l’apprit, il la quitta et ordonna qu’on lui trouvât une autre maison à louer. Chaque jour, les principaux émirs se présentaient chez lui, transmettaient au nom du calife les salutations, et n’entraient pas tant qu’ils n’avaient pas ôté(3) leurs ornements et leurs armes. Le calife lui envoya alors des tapis moelleux et d’autres fournitures dignes de cette grande demeure. Il souhaitait qu’Aḥmad restât sur place pour enseigner les traditions (ḥadīth) aux gens, afin de compenser le temps perdu durant les jours de la « miḥna » et les longues années qui suivirent, où il vécut reclus chez lui, n’allant ni aux prières en congrégation ni à la prière du vendredi. L’imam s’excusa, avançant qu’il était malade, que ses dents bougeaient et qu’il était faible.

Chaque jour, le calife faisait parvenir un plateau chargé de différents plats, de fruits et de glace, pour une valeur d’environ cent vingt dirhams. Le calife pensait qu’Aḥmad en mangeait, mais en réalité il n’y touchait pas, car il jeûnait continuellement. Il demeura ainsi huit jours sans se nourrir, malgré sa maladie. Finalement, après insistance de son fils, il but un peu de sawīq au terme de ces huit jours.

Plus tard, ʿUbayd Allāh ibn Yaḥyā ibn Khāqān arriva avec une forte somme d’argent envoyée par le calife à titre de présent, mais Aḥmad refusa de l’accepter. L’émir insista en vain. Il finit par prendre l’argent et le distribua parmi les fils et la famille de l’imam, déclarant qu’il n’était pas possible de renvoyer au calife son don. Le calife décréta en outre qu’il serait versé chaque mois quatre mille dirhams à sa famille et à ses enfants. Abū ʿAbd Allāh protesta, mais le calife répliqua : « C’est inévitable, et c’est pour tes enfants. » Abū ʿAbd Allāh garda alors le silence, avant de réprimander sa famille et ses cousins : « Il ne nous reste plus que peu de jours, c’est comme si la mort était déjà descendue sur nous ; nous irons soit au Paradis, soit en Enfer(4) », puis il leur adressa un long sermon.

Ils lui opposèrent le hadith authentique : « Quiconque reçoit une part de ces biens sans l’avoir sollicitée ni espérée, qu’il l’accepte(5). » Ils évoquèrent aussi l’exemple d’Ibn ʿUmar et d’Ibn ʿAbbās, qui avaient accueilli les présents du souverain. Il répondit : « Qu’est-ce donc que cela ? »

(1) Dans l'édition Ṭ : « وبالنظر إليك » (et en te regardant). (2) Dans l'édition ʾA : « في بعض بنيه وأهله » (chez certains de ses enfants et sa famille). (3) Dans les éditions B et Ẓa : dans Ṭ il est écrit « يقلعون » (ils abandonnent). (4) Après cela, dans Ṭ : « فنخرج من الدنيا وبطوننا قد أخذت من مال هؤلاء » (nous quittons ce monde alors que nos ventres ont pris des biens de ces gens). (5) Ce hadîth a été rapporté par al-Bukhârî (13/134) dans al-Aḥkâm, et par Muslim, n°1045 dans le chapitre de la Zakât, de la parole de ʿAbd Allâh ibn ʿUmar que ʿUmar dit : « Le Messager d’Allâh ﷺ me donnait des dons, et je disais : Donne-le à celui qui est plus pauvre que moi », puis il dit : « Prends-le, et lorsque...»
وضعيف، فردَّ الجوابَ على الخليفة بذلك، فأرسل يعزم عليه لَيأتيَنَّ، وكتب إلى أحمد يقول له: إنِّي أحبّ أن آنس بقربك (١) ، ويحصلَ لي بركةُ دعائك. فسار الإمام أحمد -وهو عليلٌ- في (٢) بنيه وبعض أهله، فلمَّا قارب العسكر تلقَّاه وصيف الخادم في موكبٍ عظيمٍ، فسلَّم على الإمام أحمد فردَّ السَّلام، ثم قال له وصيف: قد أمكنك اللَّه من عدوِّك ابن أبي دُوَاد، فلم يردَّ عليه جوابًا، وجعل ابنه يدعو اللَّه للخليفة ولوصيف. فلمَّا وصلوا إلى العسكر بسُرَّ من رأى، أنزل في دار إيتاخ، فلمَّا علم بذلك ارتحلَ منها، وأمر أن يُستكرى له دار غيرها. وكانت رؤوس الأمراء في كلِّ يوم يحضرون عنده ويبلغونه عن الخليفة السَّلام، ولا يدخلون عليه حتى يقلعوا (٣) ما عليهم من الزينة والسلاح. وبعث إليه الخليفةُ بالمفارش الطرية وغيرها من الآلات التي تليق بتلك الدار العظيمة، وأراد منه الخليفة أن يقيمَ هناك ليحدِّث الناس عوضًا عمَّا فاتهم منه في أيام المحنة وما بعدَها من السنين المتطاولة وهو محجوب في داره لا يخرج إلى جماعة، ولا جمعة أيضًا، فاعتذر إليهم بأنَّه عليل، وأسنانُه تتحرَّك وهو ضعيفٌ. ويبعث إليه الخليفة في كُلِّ يوم مائدة فيها ألوان الأطعمة والفاكهة والثلج، ما يقاوم مئة وعشرين درهمًا في كُلِّ يوم، والخليفة يحسب أنَّ أحمد يأكلُ من ذلك، ولم يكن أحمدُ يطعم من ذلك شيئًا بالكلية، بل كان صائمًا يطوي، فمكث ثماينة أيام لم يستطعم بطعام، ومع ذلك هو عليلٌ. ثم أقسم عليه ولده حتَّى شرب قليلًا من السَّويق بعد ثمانية أيام. وجاءه عُبيد اللَّه بن يحيى بن خاقان بمالٍ جزيل من الخليفة جائزةً له، فامتنع من قبولها، فألحَّ عليه الأميرُ فلم يقبل. فأخذَها الأميرُ ففرَّقها على بنيه وأهله، وقال: إنه لا يمكن أن تُرَدَّ على الخليفة جائزته. وكتب الخليفة لأهله وأولاده في كلِّ شهر بأربعة آلاف درهم، فمانَع أبو عبد اللَّه في ذلك، فقال الخليفة: لا بُدَّ من ذلك، وما هذا إلا لولدك. فأمسك أبو عبد اللَّه، ثم أخذ يلوم أهله وبني عمه، وقال: إنما بقي لنا أيام قلائل، وكأننا وقد نزل بنا الموت؛ فإمَّا إلى جنة وإمَّا إلى نارٍ (٤) ؛ في كلام طويل يعظهم به. فاحتجُّوا عليه بالحديث الصحيح: "مَن جاءَهُ من هذا المالِ شيء وهو غير سائلٍ ولا مستشرفٍ فليقبله" (٥) . وبأن ابنَ عمر وابنَ عباس قبلا جوائز السلطان. فقال: ما هذا
(١) بعده في ط: وبالنظر إليك. (٢) في أ: في بعض بنيه وأهله. (٣) في ب، ظا: ط: يقلعون. (٤) بعدها في ط: فنخرج من الدنيا وبطوننا قد أخذت من مال هؤلاء. (٥) هذا الحديث رواه البخاري (١٣/ ١٣٤) في الأحكام، ومسلم رقم (١٠٤٥) في الزكاة، من حديث عبد اللَّه بن عمر أن عمر قال: كان رسول اللَّه ﷺ يُعطيني العطاء، فأقول: أعطِهِ من هو أفقر إليه منّي، قال: فقال: خُذْه، وإذا =

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