Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ce hadith est mursal (rapporté de manière interrompue) et sa chaîne de transmission est faible. Il est cependant surprenant qu’Ibn ʿAbd al-Barr l’ait considéré comme authentique et s’en soit servi pour défendre la probité de toute personne reconnue pour transmettre le savoir. Or, l’imam Aḥmad fait partie des éminents imams du savoir – qu’Allah lui fasse miséricorde et l’honore.

Mention de ce qui advint à l’imam Aḥmad après l’épreuve (al-miḥna) : lorsqu’il quitta la demeure du califat après avoir subi les coups, il se rendit chez lui. On le soigna jusqu’à ce qu’il fût entièrement rétabli – à Dieu la louange et la grâce. Il resta alors chez lui et cessa de sortir, que ce fût pour la prière en assemblée ou la prière du vendredi ; il s’abstint également d’enseigner (ḥadīth). Ses revenus se limitaient à ce qu’il percevait d’un bien (milk) lui rapportant dix-sept dirhams par mois, qu’il consacrait à sa famille, se contentant (1) de cela – qu'Allah lui fasse miséricorde –, avec patience et en cherchant la récompense divine. Il demeura dans cette situation durant tout le califat d’al-Muʿtaṣim, puis durant celui de son fils Muḥammad al-Wāthiq.

Lorsque Jaʿfar ibn al-Muʿtaṣim, surnommé al-Mutawakkil ʿalā Allāh, accéda au pouvoir, la population s’en réjouit, car il était un partisan de la Sunna et de ceux qui la suivent. Il mit fin à l’épreuve (miḥna) qui pesait sur les gens et envoya des missives dans toutes les provinces indiquant que nul ne devait plus évoquer la prétendue création du Coran. Puis il adressa une lettre à son gouverneur à Bagdad, Isḥāq ibn Ibrāhīm, pour qu’il lui dépêche Aḥmad ibn Ḥanbal. Isḥāq convoqua donc l’imam, l’honora et le traita avec déférence, sachant la haute estime que le calife lui portait. Il l’interrogea en privé au sujet du Coran, et Aḥmad lui demanda : « S’agit-il d’une question par obstination ou d’une question visant à s’orienter (vers la vérité) ? » Il répondit : « Une question pour s’orienter. » [Aḥmad déclara alors : « C’est la Parole de Dieu, révélée et non créée »] (2). Isḥāq fut alors rassuré par ces propos, puis envoya Aḥmad auprès du calife à Sāmarrā (Surr Man Raʾā), l’y précédant.

On rapporta ensuite qu’Aḥmad ibn Ḥanbal était passé devant le fils (3) d’Isḥāq ibn Ibrāhīm, nommé Muḥammad ibn Isḥāq, sans lui rendre visite ni le saluer. Isḥāq s’en irrita et s’en plaignit au calife, et al-Mutawakkil répondit : « Qu’il rebrousse chemin, même s’il a déjà foulé mon tapis ! » Ainsi, l’imam Aḥmad fit demi-tour et revint à Bagdad. Au demeurant, il n’était guère disposé à faire ce déplacement, mais beaucoup ne s’en offusquèrent pas ; son retour marquait surtout le fait qu’il s’écartait de la position d’Isḥāq ibn Ibrāhīm, qui avait été à l’origine de ses précédents tourments.

Par la suite, un homme appartenant aux tenants de l’innovation, nommé Ibn ath-Thaljī (4), transmit un rapport au calife, prétendant qu’il (l’imam) soutenait

= Voir « Al-ʿAwāṣim wa-l-Qawāṣim » de Muḥammad ibn Ibrāhīm al-Wazīr al-Yamanī (1/ 308-313), car il a rassemblé ses voies et ses preuves. Le hadith peut atteindre le degré de ḥasan pour d'autres par ses voies et ses preuves, qu'il soit muqūf ou marfūʿ. (ʿA). (1) Dans B, Ẓā : il se convainc. Le sens de yattaqannaʿ : feindre la conviction. (2) Ce qui est entre parenthèses ne figure pas dans A. (3) Dans A : binābihi. (4) Dans A, Ṭ : Ibn al-Balkhī, et ce qui est confirmé dans (B, Ẓā). Il s'agit de Muḥammad ibn Shujāʿ, Abū ʿAbd Allāh, connu sous le nom d'Ibn al-Thaljī, juriste d'Irak et cheikh des Ḥanafites. Il a écrit et s'est consacré à la science. Al-Dhahabī le décrit comme un homme d'adoration, de dévotion nocturne et de récitation du Coran, mais il hésitait concernant la question du Coran, ne disant pas s'il était créé ou non créé, et il a abandonné sa transmission. Il est décédé en prosternation en l'an 266 de l'hégire à l'âge de 85 ans. Sa biographie se trouve dans « Al-ʿIbar » (2/ 33), « Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ » (11/ 267) et (12/ 379), ainsi que dans « Tahdhīb al-Tahdhīb » (9/ 220).
وهذا الحديث مرسلٌ وإسنادُه فيه ضعف. والعجب أنَّ ابن عبد البر صحَّحه واحتجَّ به على عدالة كُلِّ مَن نسب إلى حَمْل العلم، والإمام أحمد من أئمة أهل العلم، (رحمه الله) وأكرمَ مثواه. ذكر ما كان من أمر الإمام أحمد بعد المِحْنة حين خرج من دار الخلافة بعد الضرب صار إلى منزله فَدُووي حتى برأ، وللَّه الحمد والمنّة، ولزم منزلَه فلا يخرج منه، لا إلى جماعة ولا جمعة، وامتنع من التحديث، كانت غلّتُه مِن ملْكٍ له في كلِّ شهر سبعة عشر درهمًا ينفقها على عياله ويتقنّع (١) بذلك (رحمه الله) صابرًا محتسبًا. ولم يزَلْ كذلك مدَّة خلافة المعتصم، وكذلك في أيام ابنه محمد الواثق، فلما وليَ المتوكِّلُ على اللَّه جعفر بن المعتصم باللَّه استبشر الناس بولايته، فإنَّه كان محبًّا للسُّنَّة وأهلها، ورفع المِحْنَة عن الناس، وكتب إلى الآفاق ألا يتكلَّمَ أحدٌ في القَوْل بخلْق القرآن، ثم كتب إلى نائبه ببغداد، وهو إسحاق بن إبراهيم، أن يبعثَ بأحمد بن حنبل إليه، فاستدعى بالإمام إليه فأكرمه إسحاق وعظّمه، لما يعلم من إعظام الخليفة له وإجلاله، وسأله فيما بينه وبينه عن القرآن، فقال له الإمام أحمد: سؤال تعنّت أو استرشاد؟ فقال: بل سؤال استرشاد. [فقال: هو كلام اللَّه منزلٌ غير مخلوق] (٢) ، فسكن إلى قوله في ذلك، ثم جهَّزه إلى الخليفة بِسُرَّ مَن رأى، وسبقه إليه. وبلغه أن أحمد بن حنبل اجتاز بابنه (٣) محمد بن إسحاق فلم يأته ولم يسلِّم عليه، فغضب إسحاقُ بن إبراهيم من ذلك وشكاه إلى الخليفة، فقال المتوكِّلُ: يُرَدُّ وإنْ كان قد وطِيء بساطي، فرجع الإمام أحمد من الطريق إلى بغداد. وقد كان الإمام أحمد متكرّهًا لذلك؛ ولكن لم يهنْ ذلك على كثيرٍ من الناس؛ وإنَّما كان رجوعُه عن قول إسحاق بن إبراهيم الذي كان هو السبب في ضربه. ثم إن رجلًا من المبتدعة، يقال له: ابن الثَّلْجِيّ (٤) ، وشَى إلى الخليفة شيئًا، وهو أنَّه يزعم
= وانظر "العواصم والقواصم" لمحمد بن إبراهيم الوزير اليماني (١/ ٣٠٨ - ٣١٣) فإنه جمع طرقه وشواهده، وقد يصل الحديث إلى درجة الحسن لغيره بطرقه وشواهده موقوفًا مرفوعًا. (ع). (١) في ب، ظا: يقتنع. ومعنى يتقنَّع: يتكلَّف القناعة. (٢) ما بين قوسين لم يرد في أ. (٣) في أ: بنائبه. (٤) في أ، ط: ابن البلخي، والمثبت من (ب، ظا). وهو محمد بن شجاع، أبو عبد اللَّه، يعرف بابن الثَّلْجِي، فقيه العراق، وشيخ الحنفية، صنف واشتغل، ووصفه الذهبي بأنه كان صاحب تعبُّد وتهجُّد وتلاوة، إلا أنَّه كان يقف في مسألة القرآن، فلا يقول: القرآن مخلوق أو غير مخلوق، وقد ترك حديثه. توفي وهو ساجد سنة ٢٦٦ هـ عن خمس وثمانين سنة. ترجم في العبر (٢/ ٣٣)، وسير أعلام النبلاء (١١/ ٢٦٧) و (١٢/ ٣٧٩)، وتهذيب التهذيب (٩/ ٢٢٠).

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