Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les messagers se rendirent auprès de la femme de Pharaon pour lui annoncer qu’ils avaient trouvé une nourrice pour son fils. Alors elle la fit venir, et la nourrice se présenta avec l’enfant. Lorsqu’elle vit comment l’enfant s’attachait à elle, elle déclara : « Reste pour allaiter mon fils, car jamais je n’ai aimé quoi que ce soit autant que je l’aime. »

La mère de Moïse répondit : « Je ne puis abandonner ma maison et mes enfants, de peur qu’ils ne soient perdus. Mais si ton cœur y consent, remets-le-moi : je l’emmènerai chez moi pour qu’il y demeure et je lui prodiguerai tout le bien possible, car il m’est impossible de délaisser mon foyer et mes enfants. » Elle se rappela alors la promesse que Dieu lui avait faite. Aussi tint-elle bon face à la femme de Pharaon, convaincue que Dieu réaliserait Son engagement. Elle rentra donc chez elle ce même jour ; Dieu fit grandir Moïse d’une belle croissance et le préserva selon ce qu’Il avait décrété à son sujet. Quant aux Enfants d’Israël, qui se trouvaient dans un quartier du village, ils demeurèrent à l’abri de la servitude et de l’injustice aussi longtemps que Moïse restait parmi eux.

Lorsque Moïse se renforça et grandit, la femme de Pharaon dit à la mère de Moïse : « Fais-moi voir mon fils. » Elle fixa alors un jour pour le lui amener. Puis la femme de Pharaon déclara à ses intendants, ses nourrices et ses chambellans : « Aujourd’hui, que nul parmi vous ne manque de l’accueillir avec un présent et des marques d’honneur, afin que je vois comment chacun agit envers lui. Je dépêcherai un homme de confiance pour consigner ce que chacun fera. » Il en résulta qu’à partir du moment où Moïse quitta la maison de sa mère jusqu’à son arrivée auprès de la femme de Pharaon, il fut accueilli par des présents, des égards et diverses offrandes. Lorsqu’il entra auprès d’elle, elle le combla de dons, l’honora, s’en réjouit et offrit également un présent à sa mère, considérant les bienfaits qu’elle avait eus sur l’enfant. Puis elle dit : « Je vais l’emmener auprès de Pharaon : il le couvrira lui aussi de largesses et d’honneurs. » Dès qu’elle le fit entrer auprès de Pharaon, celui-ci le prit sur ses genoux. Alors Moïse saisit la barbe de Pharaon et la tira jusqu’à terre.

Les pervers, ennemis de Dieu, dirent alors à Pharaon : « Ne vois-tu pas ce dont Dieu a fait la promesse à Son prophète Abraham ? On prétend que cet enfant héritera de ton pouvoir, qu’il te surpassera et te précipitera. » Pharaon envoya aussitôt chercher les bourreaux pour qu’ils le mettent à mort. « Cela fait partie des épreuves, ô Ibn Jubayr, expliqua le narrateur, car tout malheur subi et chaque tentative d’y soumettre quelqu’un constituent une épreuve. » La femme de Pharaon accourut près de lui et dit : « Que comptes-tu faire de ce garçon que tu m’as pourtant donné ? » Il répondit : « N’entends-tu pas qu’on prétend qu’il me renversera et me dominera ? »

Elle proposa alors : « Fixons une épreuve pour démêler le vrai du faux. Apporte deux braises et deux perles, puis mets-les devant lui. S’il s’empare des perles en évitant les braises, tu sauras qu’il est doté de raison ; mais s’il prend les braises et néglige les perles, tu comprendras alors qu’aucune personne douée de raison ne préférerait les braises aux perles. » On présenta donc ces objets à Moïse, et il s’empara des braises. On les lui arracha aussitôt de crainte qu’elles ne lui brûlent la main. La femme de Pharaon s’exclama : « Ne vois-tu donc pas ? » Ainsi Dieu l’écarta de tout mal, alors même que Pharaon avait songé à le tuer, car Dieu devait accomplir Son dessein sur lui.

Lorsqu’il atteignit l’âge mûr et devint un homme, il ne se trouvait plus personne parmi la famille de Pharaon pour infliger d’injustices ou exiger des corvées aux Enfants d’Israël en présence de Moïse, de sorte qu’ils s’y refusèrent complètement. Or, un jour, tandis que Moïse (que la paix soit sur lui) marchait dans un quartier de la ville, il remarqua deux hommes qui se battaient : l’un était un Égyptien et l’autre un Israélite. L’Israélite appela Moïse à l’aide contre l’Égyptien, et Moïse se mit alors en colère.

(1) Dans l'édition Tiryaha, comme dans les autres manuscrits ici, c'est la même formulation que dans le tafsīr an-Nasāʾī dont l'auteur cite l'extrait. (2) Qahāramah : pluriel de Qahramān, désignant les dignitaires du roi et ses proches (terme persan). (3) An-Nuḥl : le fait de donner quelque chose à une personne sans contrepartie, et la dot de la femme. (4) C'est ainsi ici, dans son tafsīr également, et dans le tafsīr an-Nasāʾī : « yarubbuka », qui est probablement la meilleure lecture. (5) Dans la version B : « tabkī » (tu pleures), ce qui est confirmé ici par ce qui figure dans le tafsīr. (6) Battasha bi-shayʾ : prendre quelque chose avec violence et rigueur.
وانطلق البشير إلى امرأة فرعون يبشرونها أن قد وجدنا لابنك ظِئرًا، فأرسلت إليها فأتت بها وبه. فلما رأت ما يصنع بها قالت: امكثي ترضعي ابني هذا فإني لم أحب شيئًا حبَّه قطّ. قالت أم موسى: لا أستطيع أن أترك بيتي وولدي فيضيع، فإن طابت نفسك أن تعطينيه فأذهب به إلى بيتي فيكون معي لا آلوه خيرًا فعلتُ، فإني غيرُ تاركة بيتي وولدي، وذكرت أم موسى ما كان اللّه وعدها فتعاسرت على امرأة فرعون وأيقنت أن اللّه منجزٌ موعوده، فرجعت إلى بيتها من يومها، وأنبته اللّه نباتًا حسنًا، وحفظ لما قد قضى فيه، فلم يزل بنو إسرائيل وهم في ناحية القرية ممتنعين من السخرة والظلم ما كان فيهم. فلما ترعرع قالت امرأة فرعون لأمّ موسى: أزيريني ابني. فوعدتها يومًا تزيرها (١) إياه فيه، وقالت امرأة فرعون لخزّانها، وظؤورها، وقَهَارمتها (٢) : لا يبقين أحد منكم إلا استقبل ابني اليوم بهديةٍ وكرامةٍ لأرى ذلك فيه، وأنا باعثة أمينًا يحصي كلّ ما يصنع كلّ إنسان منكم، فلم تزل الهدايا والكرامة والنُّحْلَ (٣) تستقبله من حين خرج من بيت أمه إلى أن دخل على امرأة فرعون. فلما دخل عليها نَحَلَتْه وأكرمتهُ وفرحت به، ونحلَت أمّه بحسن أثرها عليه. ثمّ قالت: لآتين به فرعون فلينحلنّه وليكرمنّه، فلما دخلت به عليه، جعله في حجره، فتناول موسى لحيةَ فرعون فمدّها إلى الأرض، فقال الغواة من أعداء اللّه لفرعون: ألا ترى ما وعد اللّه إبراهيم نبيّه أنّه زعم أن يرثك (٤) ويعلوك ويصرعك، فأَرسل إلى الذباحين ليذبحوه. وذلك من الفتون يا بن جبير، يُعدُّ كلُّ بلاءٍ ابتُلي به وأريد به فتونًا. فجاءت امرأة فرعون تسعى (٥) إلى فرعون فقالت: ما بدالك في هذا الغلام الذي وهبته لي؟ فقال: ألا ترينه يُزْعَمُ أنه يصرعني ويعلوني. فقالت: اجعل بيني وبينك أمرًا تعرف فيه الحق، ائت بجمرتين ولؤلؤتين، فقربْهن إليه، فإن بطش (٦) باللؤلؤتين واجتنب الجمرتين عرفتَ أنّه يعقل، وإن تناول الجمرتين ولم يُردِ اللؤلؤتين علمتَ أن أحدًا لا يؤثر الجمرتين على اللؤلؤتين، وهو يعقل، فقرّب إليه فتناول الجمرتين، فانتزعهما منه مخافة أن يحرقا يده، فقالت المرأة: ألا ترى؟! فصرفه اللّه عنه بعد ما كان هَمَّ به وكان اللّه بالغًا فيه أمره. فلما بلغ أشدّه، وكان من الرِّجال لم يكن أحد من آل فرعون يخلص إلى أحدٍ من بني إسرائيل معه بظلمٍ ولا سخرةٍ حتى امتنعوا كلّ الامتناع؛ فبينما موسى (عليه السلام) يمشي في ناحية المدينة إذا هو برَجُلين يقتتلان، أحدهما فرعوني، والآخر إسرائيلي، فاستغاثه الإسرائيلي على الفرعوني، فغضب موسى
(١) في ط: تريها، وما هنا من النسخ، وهو الذي في تفسير النسائي الذي ينقل منه المصنف. (٢) قهارمة: جمع قهرمان، وهو من أمناء الملك وخاصته. (فارسي). (٣) النُّحْل: إعطاؤك الإنسان شيئًا بلا استعاضة، ومهر المرأة. (٤) هكذا هنا وفي تفسيره أيضًا، وفي تفسير النسائي: "يَرُبَّك" ولعله الأوجه. (٥) في ب: تبكي، وما هنا يعضده ما في التفسير. (٦) بطش بالشيء: أخذه بعنف وشدة.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies