Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et c’est à ce propos que Muʿādh déclara : « Vous ne verrez de la part des imams (gouvernants) que de la rudesse, et vous ne serez jamais confrontés à une situation qui vous effraye (1) et vous pèse sans qu’il n’en survienne ensuite une autre plus sévère encore. »

Al-Baghawī a dit : « J’ai entendu Aḥmad s’écrier : “Ô Seigneur, nous sommes satisfaits”, (2) en prolongeant sa voix. »

Al-Bayhaqī rapporta, d’après al-Rabīʿ : « L’Imam al-Shāfiʿī m’envoya d’Égypte avec une lettre destinée à Aḥmad ibn Ḥanbal. À mon arrivée, il venait de terminer la prière de l’aube. Je lui tendis la lettre et il me demanda : “L’as-tu lue ?” Je répondis : “Non.” Il la prit donc et la lut, puis ses yeux s’embuèrent de larmes. Je lui dis : “Ô Abū ʿAbd Allāh, qu’y a-t-il donc dedans ?” Il répondit : “Il rapporte qu’il a vu l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) en rêve. Celui-ci lui a dit [à al-Shāfiʿī] : ‘Écris à Abū ʿAbd Allāh Aḥmad ibn Ḥanbal et transmets-lui mes salutations en lui disant qu’il sera éprouvé et qu’on l’invitera à dire que le Coran est créé ; qu’il ne cède pas à cette injonction, et Dieu lui élèvera un renom jusqu’au Jour de la Résurrection.’” » Al-Rabīʿ poursuivit : « Je lui dis alors : “C’est une bonne nouvelle !” Il ôta aussitôt la chemise qu’il portait sur la peau et me l’offrit. À mon retour auprès d’al-Shāfiʿī, je l’en informai, et il me répliqua : “Je ne veux pas t’en priver, mais imprègne-la d’eau et remets-la-moi pour que je m’en bénisse.” »

Voici qu’est ensuite évoqué un résumé de la discorde (fitna) et de la mise à l’épreuve (miḥna), compilé à partir des propos des imams de la Sunna (qu’Allah leur accorde Sa miséricorde et les comble de la félicité). Nous avons déjà mentionné précédemment que le calife al-Maʾmūn avait été approché et influencé par un groupe de Muʿtazilites, qui le détournèrent de la voie de la vérité vers l’erreur. Ils l’incitèrent à soutenir la doctrine de la création du Coran et à nier les attributs d’Allah (– Exalté soit-Il –).

Al-Ḥāfiẓ al-Bayhaqī indiqua : « Aucun des califes antérieurs, ni parmi les Banū Umayya ni parmi les Banū l-ʿAbbās, ne s’était auparavant écarté de la voie suivie par les pieux prédécesseurs (salaf), jusqu’à ce qu’al-Maʾmūn accède au califat et que ces gens-là ne l’influencent. » Ils rapportent par ailleurs que, lorsque al-Maʾmūn se rendit à Ṭarsūs pour mener la guerre contre l’Empire byzantin, il décida d’envoyer un écrit à son gouverneur de Bagdad, Isḥāq ibn Ibrāhīm ibn Muṣʿab, lui ordonnant d’appeler la population à professer la création du Coran. Cet événement advint à la toute fin de sa vie, quelques mois avant sa mort, en l’an 218 de l’Hégire.

Lorsque la lettre parvint, comme nous l’avons souligné, le gouverneur convoqua un groupe de maîtres du ḥadīth, les sommant d’adopter cette doctrine et les menaçant de coups et de coupe de subsistance. La plupart s’y plièrent, contraints. Seuls persistèrent dans leur refus Aḥmad ibn Ḥanbal et Muḥammad ibn Nūḥ al-Jundayṣābūrī. Tous deux furent alors attachés sur un même chameau et envoyés (3) au calife, conformément à son ordre.

(1) Dans B, Ẓā : ils vous effraient. (2) Entre parenthèses, il n’apparaît pas dans A, Ṭ. (3) Dans Ṭ : et aussi.
وبه قال معاذ: "لن تروا من الأئمة إلا غلظة، ولن تروا أمرًا يهولكم (١) ويشتد عليكم إلا حضر بعده ما هو أشدُّ منه" . قال البغوي: سمعت أحمد يقول: اللهم رضينا [يمدُّ بها صوته] (٢) . وروى البيهقىّ، عن الربيع، قال: بعثني الشافعيُّ بكتاب من مصرَ إلى أحمد بن حنبل، فأتيته وقد انفتل من صلاة الفجر فدفعت إليه الكتاب، فقال: أقرأته؟ فقلت: لا! فأخذه فقرأه فدمعت عيناه، فقلت: يا أبا عبد اللَّه، وما فيه؟ فقال: يَذكرُ أنَّه رأى رسولَ اللَّه ﷺ في المنام، فقال [له] : اكتب إلى أبي عبد اللَّه أحمد بن حنبل واقرأ عليه منِّي السلام، ويقول: إنَّك ستمتَحَنُ، وتُدْعَى إلى القول بخلْق القرآن، فلا تجبهم، فسيرفع اللَّه لك علمًا إلى يوم القيامة. قال الرَّبيع: فقلت: البشارة. فخلع قميصه الذي يلي جلده فأعطانيه، فلمَّا رجعت إلى الشافعيّ أخبرته، فقال: إني لست أفجعك فيه، ولكن بلَّه بالماء وأعطنيه حتى أتبرَّك به. ذكر ملخص الفتنة والمحنة مجموعًا من كلام أئمة السُّنَّة (رضي الله عنهم) وأثابهم الجنة قد ذكرنا فيما تقدَّم: أن المأمون كان قد اجتمع به واستحوذ عليه جماعة من المعتزلة فأزاغوه عن طريق الحقِّ إلى الباطل، وزيَّنوا له القولَ بخلْق القرآن ونفي الصِّفات عن اللَّه – Exalté soit-Il – . قال الحافظ البيهقي: ولم يكن في الخلفاء قبله؛ لا من بني أمية ولا من بني العباس خليفةٌ إلا على منهج السَّلف، حتى وَلِيَ هو الخلافة، فاجتمع به هؤلاء فحملوه على ذلك. قالوا: واتفق خروجُه إلى طَرَسُوسَ لغزو بلاد الروم، فعنَّ له أن يكتب إلى نائب بغداد إسحاق بن إبراهيم بن مُصْعَب يأمره أن يدعوَ النَّاس إلى القول بخلق القرآن، واتفق ذلك في آخر عمره، قبل موته بشهورٍ، من سنة ثماني عشرة ومئتين. فلمَّا وصل الكتاب -كما ذكرنا- استدعى جماعة من أئمة الحديث فدعاهم إلى ذلك فامتنعوا، فتهدَّدهم بالضَّرْب وقَطْعِ الأرزاق، فأجاب أكثرُهم مكرهين. واستمرَّ على الامتناع في ذلك أحمد بن حنبل، ومحمد بن نوح الجُنْدَيْسابوريّ، فحُملا على بعير وسيَّرهما (٣) إلى الخليفة عن أمره بذلك، وهما
(١) في ب، ظا: يهولنكم. (٢) ما بين قوسين لم يرد في أ، ط. (٣) في ط: وسيرا.

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