Et il disait : « Il incombe au serviteur d’accepter la subsistance après avoir perdu tout espoir, et de ne pas l’accepter s’il la reçoit en étant motivé par la convoitise (1). » Il aimait en outre la frugalité afin d’alléger le compte (2).
Ibrâhîm rapporta : Un homme demanda à Aḥmad : « As-tu appris cette science pour Dieu ? » Il répondit : « C’est une condition rigoureuse, mais on m’a inspiré le désir de quelque chose et je l’ai collectée (3). »
Al-Bayhaqî rapporte qu’un homme vint trouver Aḥmad et lui dit : « Ma mère est malade, paralysée depuis vingt ans, et elle m’a envoyé te voir pour que tu invoques Dieu en sa faveur. » Il semble qu’il se soit irrité de cette requête et déclara : « Nous avons davantage besoin qu’elle invoque Dieu pour nous. » Puis il pria Dieu – Exalté soit-Il – en sa faveur. L’homme retourna alors auprès de sa mère, frappa à la porte, et elle vint lui ouvrir sur ses deux jambes, en disant : « Dieu m’a accordé la guérison (5). »
On rapporte aussi qu’un mendiant demanda l’aumône, et l’imam Aḥmad lui offrit une pièce. Alors, un homme s’adressa au mendiant en disant : « Cède-moi cette pièce pour que je te donne en échange quelque chose d’équivalent, qui ne vaut pas plus d’un dirham. » Le mendiant refusa. L’homme fit alors monter sa proposition jusqu’à cinquante (dirhams), et il refusa toujours. Il s’expliqua en disant : « J’espère obtenir de cette pièce la bénédiction que tu attends toi-même (6). »
Al-Bayhaqî – qu’Allah lui fasse miséricorde – dit : « Chapitre mentionnant ce qui est parvenu au sujet de l’épreuve d’Abû ‘Abd Allāh Aḥmad ibn Ḥanbal – qu’Allah lui fasse miséricorde – sous le règne d’al-Ma’mûn, puis d’al-Mu‘taṣim, puis d’al-Wāthiq, à propos de la (création du) Coran, ce qu’il endura comme longue détention, coups violents, menaces de mort par un châtiment douloureux et cruel, l’absence de considération qu’il manifestait pour tout cela, sa patience et son maintien ferme dans la religion droite et la voie rectiligne. En outre, – qu’Allah lui fasse miséricorde – il avait connaissance des versets révélés et des traditions transmises (7) correspondant à son cas ; il savait ce qui lui était recommandé, que ce soit en rêve ou à l’état de veille ; il agréa et se soumit par foi et par espoir en la récompense divine. Ainsi, il obtint les bienfaits de ce monde et la félicité de l’au-delà. Que Dieu le félicite pour ce qu’Il lui a accordé, et qu’Il l’élève aux plus hauts degrés des gens éprouvés pour Dieu, parmi Ses bien-aimés. Qu’Il accorde aux personnes qui aiment Aḥmad la même dignité dont il jouit auprès de Dieu – si Dieu le veut – sans qu’ils subissent aucune épreuve. C’est auprès de Dieu que se trouvent l’assistance et la protection. »