Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Al-Bayhaqî a dit : « C’est parce que Sâlih a accepté la récompense du calife al-Mutawakkil ‘alâ Allah. »

‘Abd Allâh a rapporté : « Mon père resta dans le camp militaire auprès du calife pendant seize jours, au cours desquels il ne mangea rien d’autre que le quart d’un mudd de sawîq, rompant son jeûne tous les trois jours avec une bouchée de cela, jusqu’à ce qu’il rentre chez lui. Son esprit ne lui revint qu’après six mois. J’ai vu que le contour de ses yeux s’était enfoncé dans ses orbites. »

Al-Bayhaqî dit encore : « Le calife envoyait souvent de grands plats de sa table, mais Aḥmad n’en prenait rien. Une fois, le calife al-Ma’mûn envoya de l’or à distribuer aux traditionnistes et personne ne refusa, hormis Aḥmad ibn Ḥanbal, qui s’en abstint. »

Sulaimân al-Shâdhakûnî raconta : « J’étais présent chez Aḥmad alors qu’il avait mis en gage un seau chez un vendeur de farine (fâmî) au Yémen. Quand il voulut le récupérer, le vendeur lui en présenta deux, en lui disant : “Prends ton bien”, et il ne sut plus lequel était le sien. L’homme lui déclara alors : “Tu en es quitte, toi et le rachat”, et il le laissa. »

‘Abd Allâh a également raconté : « Sous le règne d’al-Wâthiq, nous connaissions une grande difficulté. Un homme écrivit à mon père : ‘Je possède quatre mille dirhams que j’ai hérités de mon père, ce n’est ni une aumône ni la zakât. Si tu veux bien les accepter de ma part ?’ Mon père refusa, et l’homme insista, mais il ne céda pas. Plus tard, nous en parlâmes, et il dit : ‘Si nous les avions acceptés, ils seraient déjà partis depuis longtemps.’ »

Un commerçant lui proposa dix mille dirhams qu’il avait gagnés en son nom sur une marchandise, mais il refusa de les prendre, en disant : « Nous avons de quoi vivre. Qu’Allâh te récompense pour ton intention ! » Un autre lui offrit trois mille dinars ; il refusa à nouveau et s’éloigna de lui.

Quand Aḥmad se trouva à court d’argent au Yémen, son maître ‘Abd ar-Razzâq lui proposa une poignée de dinars. Il répondit : « Nous avons ce qu’il faut », et ne les accepta pas. On lui vola ses vêtements au Yémen, si bien qu’il resta enfermé chez lui, la porte close. Ses compagnons, ne le voyant plus, vinrent alors et lui demandèrent ce qui lui était arrivé. Lorsqu’il le leur raconta, ils lui offrirent de l’or, qu’il refusa. Il ne prit d’eux qu’un seul dinar pour pouvoir copier (ou écrire) à leur intention, et il leur écrivit à titre rémunéré.

(1) « Suffa min suwayq » : c'est-à-dire un grain ou une poignée de celui-ci. (2) Dans A : dukhilta, et dans Dh : dakhala. Ce qui est authentifié provient de B, édition de Tarikh Ibn ʿAsākir (tome 7, p. 260). (3) Dans A : limāʼidatihi. (4) « al-Fāmiyy » : vendeur de fūm, déformation de fūmī. C'est le vendeur de pois chiches, terme dialectal levantin. Voir al-Lisān (fūm). (5) Tarikh Ibn ʿAsākir (tome 7, p. 261), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (vol. 11, p. 203). (6) Dans l’édition : dhahabat wa akalnāhā.
قال البيهقي: لأن صالحًا أخذ جائزة المتوكل على اللَّه. وقال عبد اللَّه: مكث أبي بالعسكر عند الخليفة ستة عشر يومًا لم يأكل فيها إلا ربع مدّ سويقًا، يفطر بعد كل ثلاث ليال على سُفة (١) منه حتى رجع إلى بيته، ولم ترجع إليه نفسه إلا بعد ستة أشهر، رأيت موقيه دخلا (٢) في حدقتيه. قال البيهقي: وقد كان الخليفة يبعث من مائدته (٣) شيئًا كثيرًا، وكان أحمد لا يتناول من طعامه شيئًا. وبعث الخليفة المأمون مرة ذهبًا ليقسم على أصحاب الحديث، فما بقي منهم أحدٌ إلا أحمدَ بن حنبل، فإنَّه أبَى. وقال سُلَيمان الشَّاذَكوني: حضرت أحمد وقد رهن سطلًا له عند فامِيٍّ (٤) باليمن، فلمَّا جاءه بفكاكه أخرج إليه سطلين، فقال: خذ متاعك، فاشتبه عليه أيُّهما الذي له، فقال له: أنت في حِلٍّ منه ومن الفِكاك، وتركه (٥) . وحكى عبد اللَّه، قال: كنا في زمن الواثق في ضِيقٍ شديد، فكتب رجل إلى أبي: إنَّ عندي أربعة آلاف درهم ورثتها من أبي، وليست صدقة ولا زكاة، فإن رأيت أن تقبلها مني؟ فامتنع من ذلك، وكرَّر عليه فأبَى، فلمَّا كان بعد حين ذكرنا ذلك فقال: لو كنا قبلناها كانت قد ذهبت (٦) . وعرض عليه بعضُ التجار عشرة آلاف درهم ربحها من بضاعة جعلَها باسمه، فأبَى عن أن يقبلها، وقال: نحن في كفايةٍ، وجزاكَ اللَّهُ عن قَصْدِك خيرًا. وعرض عليه تاجر آخرُ ثلاثة آلاف دينار، فامتنع من قبولها، وقام وتركه. ونفِدَتْ نفقة أحمدَ وهو في اليمن فعرض عليه شيخُه عبدُ الرَّزَّاق ملءَ كفِّه دنانير، فقال: نحن في كفاية، ولم يقبلْها. وسُرقت ثيابه وهو باليمن، فجلس في بيته، ورَدَّ عليه الباب، وفقده أصحابه فجاؤوا إليه فسألوه فأخبرهم، فعرضوا عليه ذهبًا فلم يقبلْه ولم يأخذ منهم إلا دينارًا واحدًا؛ ليكتبَ لهم به، فكَتَبَ لهم بالأجر، (رحمه الله) .
(١) "سُفَّة من سويق": أي حبَّة وقبضة منه. (٢) في أ: دخلتا، وفي ظ: دخل. والمثبت من ب، ط. تاريخ ابن عساكر (الجزء السابع/ ٢٦٠). (٣) في أ: لمائدته. (٤) "الفامِيّ": بائع الفُوم، مغيّر عن فُومي. وهو بائع الحِمّص، لغة شامية. اللسان (فوم). (٥) تاريخ ابن عساكر (الجزء السابع/ ٢٦١)، سير أعلام النبلاء (١١/ ٢٠٣). (٦) في ط: ذهبت وأكلناها.

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