Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et l’Imam Aḥmad a dit : « Abou Bakr ibn ʿAyyâch nous a rapporté (hadathanâ), il nous a transmis d’après ʿĀṣim, d’après Zurr, d’après ʿAbd Allâh – c’est-à-dire Ibn Masʿoûd –, qu’il a dit : “Ce que les musulmans considèrent bon est bon auprès d’Allâh, et ce qu’ils considèrent mauvais est mauvais auprès d’Allâh” (1). » Tous les Compagnons convinrent qu’il fallait désigner Abou Bakr (qu’Allâh l’agrée) (2). La chaîne de transmission en est authentique.

J’ai dit : Ce récit (athar) rapporte un consensus (ijmâʿ) des Compagnons concernant la primauté accordée à Aṣ-Ṣiddîq (qu’Allâh l’agrée). La réalité est telle que l’a exprimée Ibn Masʿoûd (qu’Allâh l’agrée), et plusieurs imams l’ont clairement affirmé.

Lorsque l’Imam Aḥmad ibn Ḥanbal passa par Ḥimṣ, emmené à la cour du calife Al-Maʾmûn à l’époque de l’épreuve (al-miḥna), ʿAmr ibn ʿUthmân Al-Ḥimṣî entra auprès de lui et lui demanda : « Que dis-tu au sujet du califat ? » Il répondit : « Abou Bakr, puis ʿOumar, puis ʿOthmân, puis ʿAlî. Celui qui place ʿAlî avant ʿOthmân porte atteinte aux Compagnons de la shûrâ, car ils avaient donné la préséance à ʿOthmân (qu’Allâh l’agrée) » (3).

[Chapitre sur la piété, l’ascèse et la vie austère de l’Imam Aḥmad (qu’Allâh l’agrée)]

Al-Bayhaqî rapporte, par la voie d’Al-Muzanî, qu’Ash-Shâfiʿî dit un jour à Ar-Rachîd : « Le Yémen a besoin d’un juge. » Celui-ci répondit : « Choisis donc celui que nous nommerons. » Ash-Shâfiʿî s’adressa alors à Aḥmad ibn Ḥanbal, qui faisait partie de ceux qui venaient recueillir son enseignement (4). Mais Aḥmad refusa catégoriquement en disant : « Je ne fréquente tes séances que pour la science, et voilà que tu me demandes de devenir juge ? » Ash-Shâfiʿî en éprouva alors de l’embarras (5).

Il est rapporté qu’il (l’Imam Aḥmad) ne priait pas derrière son oncle Isḥâq ibn Ḥanbal, ni derrière les fils de ce dernier, et ne leur adressait pas la parole non plus, parce qu’ils avaient accepté la gratification du sultan.

Un jour, il passa trois jours sans avoir de quoi se nourrir, au point de se tourner vers un de ses compagnons pour lui emprunter de la farine. Conscients de son besoin, ses proches se hâtèrent de pétrir et de lui cuire du pain. Il leur dit : « Pourquoi tant de rapidité ? Comment avez-vous pu cuire si vite ? » Ils répondirent : « Nous avons trouvé le four de la maison de Ṣâliḥ (6) déjà allumé, alors nous y avons fait cuire le pain pour toi. » Il déclara : « Retirez cela », et il n’en mangea pas. Puis il ordonna de faire murer la porte qui donnait vers la maison de Ṣâliḥ.

(1) Rapporté par Ahmad dans le Musnad (1/379), n° 3600, et Abū Dāwūd al-Tayālisī à la page 33 ; il a également été rapporté par al-Bazzār, al-Ṭabarānī et Abū Na‘īm dans al-Ḥilya, en hadith mūqūf attribué à Ibn Mas‘ūd (qu'Allah soit satisfait de lui). (2) Ceci est son ijtihād (effort de réflexion juridique), mais ‘Āsim ibn Abī al-Najūd est un narrateur de hadith bon (ḥasan), cependant son hadith ne parvient pas aux rangs du sahīh (Bachār). (3) B, Ẓā: selon eux. (4) Après lui dans l’édition : « Ne pas accepter le jugement du Yémen ? » (5) Tārīkh Ibn ‘Asākir (tome 7, p. 237). (6) Zād Ibn ‘Asākir dans son Tārīkh (tome 7, p. 261) : « son fils ».
وقال الإمام أحمد: حدثنا أبو بكر بن عياش، حدَّثنا عاصم، عن زرّ، عن عبد اللَّه -وهو ابن مسعود- قال: ما رآه المسلمون حسنًا فهو عند اللَّه حسن، وما رأوه سيئًا فهو عند اللَّه سيئ (١) . وقد رأى الصحابة جميعًا أن يستخلفوا أبا بكر، (رضي الله عنه) ، إسناد صحيح (٢) . قلت: وهذا الأثر فيه حكاية إجماعٍ عن الصحابة في تقديم الصِّدِّيق، (رضي الله عنه) . والأمر كما قاله ابنُ مسعود، (رضي الله عنه) ، وقد نصَّ على ذلك غيرُ واحد من الأئمة. قال الإمام أحمد بن حنبل حين اجتاز بحمصَ، وقد حُمل إلى المأمون في زمن المحنة، ودخل عليه عمرو بن عثمان الحمصي، فقال له: ما تقولُ في الخلافة؟ فقال الإمام أحمد: أبو بكر، ثم عمر، ثم عثمان، ثم علي، ومن قدَّم عليًا على عثمان فقد أزرى بأصحاب الشورى، لأنهم قدَّموا عثمان (رضي الله عنه) (٣) . [فصل في ورعه وزهده وتقشفه (رحمه الله) ورضي عنه] روى البيهقي من طريق المُزني، عن الشافعي، أنه قال للرشيد: إن اليمن تحتاج إلى قاضٍ، فقال له: اختَرْ من نولِّه إياه. وأنَّ الشافعي قال لأحمد بن حنبل وهو يتردد إليه في جملة من يأخذ عنه (٤) ، فامتنع من ذلك شديدًا، وقال: إنِّي إنَّما أختلِفُ إليك للعلم، أفتأمرني أن أليَ القضاء؟ فاستحيا الشافعي (٥) . وروى أنه كان لا يصلي خلفَ عمِّه إسحاق بن حنبل، ولا خلف بنيه، ولا يكلِّمهم أيضًا؛ لأنَّهم أخذوا جائزة السلطان. ومكث مرة ثلاثة أيام لم يحصل له ما يأكله، حتى بعث إلى بعض أصحابه فاستقرض منه دقيقًا، فعرف أهله حاجته إلى الطعام، فعجَّلوا وعجنوا وخبزوا له سريعًا، فقال: ما هذه العجلة! كيف خبزتم سريعًا؟ فقالوا: وجدنا تنُّور بيتِ صالح (٦) مسجورًا، فخبزنا لك فيه. فقال: ارفعوا، ولم يأكل، وأمر بسدّ بابه إلى دار صالح.
(١) رواه أحمد في المسند (١/ ٣٧٩)، رقم (٣٦٠٠) وأبو داود الطيالسي صفحة (٣٣) ورواه البزار والطبراني وأبو نعيم في الحلية، موقوفًا على ابن مسعود ﵁ ، (ع). (٢) هذا اجتهاده (رحمه الله) ، لكن عاصم بن أبي النجود حسن الحديث لا يرتقي حديثه إلى مراتب الصحيح (بشار). (٣) ب، ظا: عنهم. (٤) بعده في ط: ألا تقبل قضاء اليمن؟. (٥) تاريخ ابن عساكر (الجزء السابع/ ٢٣٧). (٦) زاد ابن عساكر في تاريخه (الجزء السابع/ ٢٦١): ابنِه.

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