Il ordonna d’envoyer vingt autres d’entre eux, chacun constitué de trois cents hommes, et de les conduire à Sāmarrā enchaînés dans le fer. Il exigea également d’expulser de la ville tout chrétien, de démolir la grande église qui se trouvait à côté de la mosquée principale et de l’annexer à celle-ci. Ensuite, il lui attribua cinquante mille dirhams, et offrit aux émirs qui l’avaient aidé de généreuses gratifications. C’est ainsi qu’il obéit aux ordres que le calife avait donnés à propos des habitants de Ḥimṣ.
Cette même année, à Bagdad, un homme nommé ʿĪsā b. Jaʿfar b. Muḥammad b. ʿĀṣim (1) fut battu de manière excessivement sévère. On raconte qu’il reçut mille coups de fouet, jusqu’à ce qu’il succombe, parce que dix-sept hommes avaient témoigné contre lui auprès du juge de la juridiction orientale, Abū Ḥassān al-Ziyādī, affirmant qu’il injuriait Abū Bakr, ʿUmar, ʿĀʾisha et Ḥafṣa (2), que Dieu soit satisfait d’eux tous. L’affaire fut portée devant le calife. Celui-ci envoya alors une lettre à Muḥammad b. ʿAbd Allāh b. Ṭāhir b. al-Ḥusayn, gouverneur de Bagdad, lui commandant de châtier publiquement cet homme pour injure, de le fouetter jusqu’à ce que mort s’ensuive, puis de jeter son corps dans le Tigre sans célébrer sur lui la prière funéraire, afin d’intimider les tenants de l’hérésie et de la rébellion. Il s’exécuta, que Dieu l’enlaidisse et le maudisse. Pareille personne est considérée comme mécréante si elle a calomnié ʿĀʾisha, la Mère des Croyants, selon l’unanimité des savants. Quant à celui qui diffame une autre Mère des Croyants (3), deux avis existent, mais l’opinion correcte est qu’il est également mécréant, car elles sont les épouses du Messager de Dieu, que la paix et la bénédiction soient sur lui.
Ibn Jarīr (4) rapporte que cette année-là, des astres se détachèrent et se dispersèrent dans le ciel de Bagdad, et c’était la nuit de jeudi, au tout début de Jumādā al-Ākhira. Il relate aussi (5) qu’en cette même année, les gens reçurent une pluie (6) abondante au mois d’août. Il mentionne encore (7) qu’au cours de cette année, un grand nombre d’animaux et de bovins moururent. En outre (8), il note que cette année-là, les Byzantins attaquèrent le fort de ʿAyn Zarbā (9), capturant les personnes de la tribu des Zutt qui s’y trouvaient, ainsi que leurs femmes, leurs enfants et leurs bêtes.