« Sois sincère, reste chaste, agis avec bienveillance, patiente et supporte… Pardonne, donne et concilie. (1)
Montre de la retenue et de la bravoure, fais preuve de gentillesse et de douceur, adopte la réflexion, la patience et la circonspection. (2)
Affermis ta résolution, emploie-toi sérieusement, protège, soutiens et repousse. J’ai été loyal envers toi en te dispensant mon conseil : si tu l’acceptes, on te guidera vers la voie la plus solide et la plus sûre. (3)
Suhnûn al-Mâlikî, auteur de la “Mudawwana” (4), est Abû Sa‘îd ‘Abd al-Salâm ibn Sa‘îd ibn Habîb ibn Hassân ibn Hilâl ibn Bakkâr ibn Rabî‘a al-Tanûkhî. Il est originaire de la ville de Homs. Son père l’emmena avec l’armée de cette ville jusqu’au pays du Maghreb, où ils s’établirent, et la direction de l’école mâlikite y revint ensuite à Suhnûn.
Il étudia le fiqh auprès d’Ibn al-Qâsim. Voici pourquoi : Asad ibn al-Furât al-Mâlikî, venu d’Irak, se rendit en Égypte et interrogea ‘Abd al-Rahmân ibn al-Qâsim, disciple de l’imam Mâlik, sur de nombreuses questions, auxquelles celui-ci répondit. Asad retint ces réponses, puis repartit avec elles au Maghreb. Suhnûn les recopia de lui, avant de se rendre ensuite auprès d’Ibn al-Qâsim, en Égypte, et de lui soumettre à nouveau ces questions. Ibn al-Qâsim y ajouta et en retrancha, se rétractant sur certains points. Suhnûn les organisa et retourna au Maghreb. Ibn al-Qâsim lui confia alors une lettre à l’intention d’Asad ibn al-Furât afin qu’il confronte sa propre copie à celle de Suhnûn et la corrige, mais Asad refusa. Ibn al-Qâsim invoqua alors la malédiction contre lui : Asad ne profita ni de sa personne ni de son livre. Dès lors, on se tourna vers Suhnûn, et la “Mudawwana” se diffusa par son intermédiaire. Il devint l’éminence de son époque et exerça la fonction de juge à Kairouan jusqu’à sa mort, survenue cette année alors qu’il était âgé de quatre-vingts ans – qu’Allah lui fasse miséricorde.
[Puis vint l’année 241 de l’Hégire]
Au cours du mois de Jumâdâ al-Âkhirah de cette même année, les habitants de Homs se dressèrent de nouveau contre leur gouverneur, Muhammad ibn ‘Abduwayh, et voulurent le tuer. Les chrétiens de sa ville se joignirent également à eux contre lui. Il en informa le calife, qui lui ordonna de s’opposer à leur rébellion, et il écrivit au responsable de Damas de lui envoyer des troupes pour l’aider à mater les habitants de Homs. Il l’informa en outre de fouetter à mort trois d’entre eux, connus pour leur malfaisance, puis de les crucifier aux portes de la cité et de faire subir le même châtiment à d’autres, de les frapper de coups de fouet…»