Al-Khaṭīb (1) rapporta, d’après Yaḥyā al-Jallāʾ ou Aḥmad ibn al-Muwaffaq, qu’il déclara : « Un homme de la Wāqifiyya (2) me tint tête au sujet de la création du Coran et me causa ce que je détestais. Lorsque le soir tomba, je me rendis auprès de mon épouse : elle me présenta le repas du soir, mais je ne pus en manger quoi que ce soit. Je m’endormis alors et vis le Messager de Dieu (ﷺ) dans la grande mosquée : il y avait là un cercle où se trouvaient Aḥmad ibn Ḥanbal et ses compagnons, et [un autre cercle où se trouvaient Aḥmad ibn Abī Duwād et ses compagnons] (3). Le Messager de Dieu (ﷺ) se mit à réciter ce verset : « فَإِنْ يَكْفُرْ بِهَا هَؤُلَاءِ » (S’ils la renient, ceux-là…) en désignant le cercle d’ibn Abī Duwād, puis « فَقَدْ وَكَّلْنَا بِهَا قَوْمًا لَيْسُوا بِهَا بِكَافِرِينَ » (Nous en avons chargé des gens qui ne la renieront point) [al-Anʿām : 89], en indiquant Aḥmad ibn Ḥanbal et ses compagnons. »
Certains rapportèrent : « La nuit où Aḥmad ibn Abī Duwād mourut (4), je vis en rêve comme si quelqu’un disait : “Cette nuit, Aḥmad ibn Abī Duwād est mort.” Je demandai : “Quelle en est la cause ?” Il répondit : “Il a irrité Dieu, et Dieu s’est alors mis en colère contre lui depuis au-dessus des sept cieux.” » D’autres dirent : « Cette même nuit, je vis en songe que le Feu exhala un souffle gigantesque dont sortaient des flammes ; je demandai : “Qu’est-ce donc ?” On me répondit : “C’est ce qui a été préparé pour ibn Abī Duwād.” »
Sa mort survint un samedi, sept (5) jours avant la fin de Muḥarram de cette année-là. Son fils al-ʿAbbās pria sur lui, puis il fut inhumé dans sa demeure à Bagdad, à l’âge de quatre-vingts ans. Quatre ans avant son décès, il fut frappé de paralysie et resta allongé sur son lit, sans pouvoir mouvoir aucune partie de son corps (6). Un homme entra un jour chez lui et lui déclara : « Par Dieu, je ne suis pas venu ici pour m’enquérir de ta santé, mais plutôt pour louer Dieu (– Exalté soit-Il –) de t’avoir emprisonné dans ton propre corps (7). »
Il avait été frappé, l’année précédente, d’une lourde amende (8), comme nous l’avons déjà mentionné (9). Ibn Khallikān (10) rapporte qu’il naquit en l’an 160 de l’Hégire.