Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le juge Aḥmad ibn Abī Duʾād déclara : « Ô Commandeur des croyants, cet homme est un théologien (mutakallim). » Le calife répondit : « Discute avec lui. » Le juge s’adressa alors au shaykh en ces termes : « Que dis-tu, ô shaykh, à propos du Coran ? Est-il créé ? » Le shaykh répliqua : « Tu n’es pas équitable avec moi ; c’est à moi de poser la question. » Le juge dit : « Parle. » Le shaykh reprit : « Ce dont tu parles, le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui), ainsi qu’Abū Bakr, ʿUmar, ʿUthmān et ʿAlī, l’ont-ils su, ou ne l’ont-ils pas su ? » Il répondit : « Ils ne l’ont pas su. » Le shaykh continua : « Aurais-tu donc acquis une connaissance qu’eux-mêmes n’auraient pas eue ? » Le juge en fut embarrassé et garda le silence. Puis il dit : « Excuse-moi, plutôt ils le savaient. » Le shaykh rétorqua : « Pourquoi, alors, n’ont-ils pas appelé les gens à y adhérer comme tu l’as fait ? Ne t’a-t-il pas suffi de suivre leur exemple ? » Ibn Abī Duʾād se tut. Al-Wāthiq ordonna de remettre au shaykh une récompense d’environ quatre cents dinars.

Al-Muhtadī rapporte : « Mon père rentra chez lui, s’allongea sur le dos et se mit à répéter les propos du shaykh, disant : “Ne t’a-t-il pas suffi de suivre leur exemple ?” Il libéra ensuite l’homme, lui donna quatre cents dinars, le renvoya vers son pays, et Aḥmad ibn Abī Duʾād perdit sa faveur ; plus personne ne fut soumis à l’examen après cela. » Al-Khaṭīb al-Baghdādī relata cette histoire dans son “Tārīkh” avec une chaîne de transmission comprenant des personnes que je ne connais pas, la rapportant de manière plus détaillée mais comportant certains éléments problématiques.

Thaʿlab, citant Abū al-Ḥajjāj al-ʿArabī, a récité à propos d’Ibn Abī Duʾād :
« Tu as inversé la religion, ô fils d’Abī Duʾād, et quiconque t’obéit sombre dans l’apostasie.
Tu as prétendu que la Parole de ton Seigneur était un acte de création ; n’as-tu donc aucun retour auprès de Dieu ?
La Parole de Dieu, Il l’a révélée avec Sa science, et la fit descendre sur le meilleur des serviteurs.
Celui qui, le soir, se tient à ta porte comme hôte est semblable à qui se tient dans un désert sans provision.
Tu as vraiment innové, ô fils d’Abī Duʾād, en disant : “Je suis un homme du clan des Iyād.” »

Puis Al-Khaṭīb (5) a dit : « Le juge Abū al-Ṭayyib Ṭāhir ibn ʿAbd Allāh al-Ṭabarī nous a informés qu’al-Muʿafā ibn Zakarīyā al-Jarīrī, rapportant de Muḥammad ibn Yaḥyā al-Ṣūlī, a récité ces vers composés par un poète pour railler Aḥmad ibn Abī Duʾād :
“Si, dans tes opinions, tu avais été réputé pour la droiture, et si ta résolution avait été accompagnée de succès,
Tu aurais trouvé dans la jurisprudence un champ où t’employer, si tu t’en étais contenté, au lieu de dire : ‘Le Livre de Dieu est créé.’
Qu’y perds-tu, alors que le fondement de la religion les unit tous ? Cela ne relèverait que de détails, n’était l’ignorance et la sottise.” »

Ces vers (6) ont déjà été mentionnés précédemment.

(1) Dans A : « Pourquoi ne me rends-tu pas justice ? » (2) Dans Ṭ : « Son dos », ainsi que ce qui est présenté dans B, Ẓā, et dans l’Histoire d’al-Khaṭīb. (3) Dans B, Ẓā : Puis il ordonna de libérer l’homme et de le lui remettre. (4) Tārīkh Baghdād (4/152). (5) La même source précitée. (6) Déjà mentionné dans les événements de l'année 237, relaté par Ibn Jarīr al-Ṭabarī et attribué à Abū al-ʿAtāhiya.
القاضي أحمد بن أبي دُوَاد: يا أميرَ المؤمنين، الرجلُ متكلِّم. فقال: ناظره. فقال له القاضي: ما تقولُ يا شيخُ في القرآن، أمخلوق هو؟ فقال له الشيخ: لم (١) تنصفني، المسألة لي. فقال: قل. فقال: هذا الذي تقوله علمَه رسولُ اللَّه ﷺ وأبو بكر وعمر وعثمان وعليّ أو ما علموه؟ فقال: لم يعلموه. قال: فأنتَ علمت ما لَمْ يعلَموا؟ فخجل وسكت. ثم قال: أقلني، بل علموه، قال: فلم لا دعوا إليه النَّاسَ كما دعوتهم أنتَ، أمَا وسعَكَ ما وسعهم؟ فسكت ابن أبي دُوَاد. وأمر الواثق له بجائزة نحو من أربعمئة دينار. قال المهتدي: فدخل أبي المنزل واستلقى على قفاه (٢) ، وجعل يكرِّرُ قولَ الشيخ على نفسه، ويقول: أمَا وسِعَكَ ما وسعهم؟ ثم أطلق (٣) الرجلَ وأعطاه أربعمئة دينار، وردَّه إلى بلاده، وسقط من عينه أحمد بنُ أبي دُوَاد، ولم يمتحن بعدَه أحدًا. رواه الخطيب (٤) البغدادي في "تاريخه" بإسنادٍ فيه بعضُ من لا أعرفه، وساقها مطوَّلةً وفيها نكارة. وقد أنشد ثعلبٌ عن أبي الحجَّاج الأعرابي، أنَّه قال في ابن أبي دُوَاد: نَكَسْتَ الدِّينَ يا بْنَ أبي دُوَاد … فأصْبَحَ مَنْ أطَاعَكَ في ارْتِدَادِ زَعَمْتَ كلامَ ربِّكَ كان خَلْقًا … أمَا لَكَ عندَ ربِّكَ مِنْ مَعادِ كلامُ اللَّهِ أنزلَهُ بعلمٍ … وأنزَلَهُ على خَيْرِ العبادِ ومَنْ أمْسَى ببابِكَ مستَضيفًا … كَمَنْ حَلَّ الفَلاةَ بغيرِ زَادِ لقدْ أطرفْتَ يا بْنَ أبي دُوادٍ … بقَوْلِكَ إنَّني رَجُلٌ إيادِي ثم قال الخطيب (٥) : أنبأ القاضي أبو الطيب طاهر بن عبد اللَّه الطبري، قال: أنشدنا المعافَى بن زكريا الجريري، عن محمد بن يحيى الصّولي لبعضهم، يهجو أحمد بن أبي دُوَاد: لو كُنْتَ في الرأي منسُوبًا إلى رَشَدِ … وكَان عَزْمُكَ عَزْمًا فيه توفيقُ لكان في الفقه شغلٌ لو قَنِعْتَ به … عن أن تقولَ: كتابُ اللَّه مخلُوقُ ماذا عَلَيْكَ وأصلُ الدِّين يجمَعُهُمْ … ما كان في الفرع، لولا الجهلُ والمُوقُ وقد تقدمت (٦) هذه الأبيات.
(١) في أ: لِم لا تنصفني. (٢) في ط: "ظهره"، وما هنا من ب، ظا، وتاريخ الخطيب. (٣) في ب، ظا: ثم أمر بإطلاق الرجل وإعطائه. (٤) تاريخ بغداد (٤/ ١٥٢). (٥) المصدر السابق. (٦) تقدمت في حوادث سنة (٢٣٧)، رواها ابن جرير الطبري ونسبها إلى أبي العتاهية.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies